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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

21/06/16 à 15:43 - Mise à jour à 15:42

Brexit: 'Les Britanniques vont-ils voter avec leur coeur... ou avec leur tête ?'

Les Bourses européennes ont repris des couleurs depuis lundi. Elles ont toutes grimpé et pour certaines d'entre elles, elles ont même récupéré les pertes enregistrées ces 15 derniers jours. Et tout cela grâce aux sondages sur le Brexit...

Brexit: 'Les Britanniques vont-ils voter avec leur coeur... ou avec leur tête ?'

© Reuters

La raison de ce regain d'optimisme est très simple: les derniers sondages réalisés en Grande-Bretagne semblent enfin donner un avantage au camp de ceux qui veulent rester au sein de l'Union européenne. Ce n'était plus arrivé depuis un petit moment, et ces sondages ont suffi pour redonner des couleurs aux Bourses européennes. Celles-ci redoutent en effet plus que tout une sortie du Royaume-Uni de l'UE synonyme d'une grande période d'incertitude. Or, la Bourse est une grande trouillarde et déteste l'incertitude.

Vendredi matin, nous saurons donc si les Britanniques décident de rester avec nous ou pas. S'ils le font, il faudra bien reconnaître, hélas, que ce sera en grande partie à cause de l'assassinat de la députée pro-européenne Jo Cox. Et cet assassinat en dit long sur ce qui se trame en ce moment en Europe. Cette députée travailliste était jeune et brillante, elle était en effet diplômée de la fameuse London School Of Economics, l'une des meilleures universités du monde. Son assassin présumé, lié à l'extrême droite, était plus âgé, n'avait pas de job fixe et vivait chez sa grand-mère jusqu'à son décès !

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Les politiques au pouvoir, à part demander de se serrer la ceinture depuis 8 ans, ne savent plus parler d'avenir aux citoyens

En clair, comme le fait remarquer Jean-Marc Vittori, l'éditorialiste des Echos, l'une faisait partie de l'élite du pays et l'autre pas. Et ce clivage entre une élite dite éclairée et un peuple en perte de repères n'est pas propre à la Grande-Bretagne. C'est aussi le cas en France, où la population rejette l'élite politique qu'elle soit de droite ou de gauche, ce qui explique une partie du vote populaire pour le FN. C'est aussi le cas pour Donald Trump aux États-Unis, où la classe moyenne en colère a moins voté pour lui que contre l'establishment républicain qui serait coupé des réalités quotidiennes.

Mais cette opposition au système, cette ligne de fracture supposée entre nos élites politiques et la réalité de l'homme ou la femme de la rue ne s'exprime pas qu'à l'extrême droite, le populisme est aussi de gauche. C'est le cas en Italie, avec l'élection de la nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi, ou en Espagne, avec le parti Podemos.

Les électeurs ont en partie raison d'être en colère, car les politiques en place n'offrent souvent pas de véritables réponses aux questions que se posent les citoyens, que ce soit sur leur avenir professionnel ou sur celui de leurs enfants. L'histoire le montre, selon Jean-Marc Vittori, "toute crise abaisse l'horizon des citoyens, dissout l'espoir et plonge des hommes et des femmes dans les tourbillons de l'incertitude, voire dans la misère." Et les politiques au pouvoir, à part demander aux citoyens de se serrer la ceinture depuis 8 ans, ne savent plus leur parler d'avenir. Pire encore, l'avenir leur semble bouché. Il n'est donc pas étonnant de voir qu'une partie de la population se tourne vers ceux qui offrent une réponse à leurs angoisses... même si cette réponse est tout à fait illusoire ou fausse. Rendez-vous donc vendredi pour voir si les Britanniques auront voté avec leur coeur, ou avec leur tête.

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