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Les astuces d'Uber pour éviter les conflits avec les taxis

03/03/15 à 13:12 - Mise à jour à 16:32

Source: Trends-Tendances

Alors que les taxis bruxellois bloquent les rues pour manifester contre le projet de nouveau plan de transport du ministre Pascal Smet, les responsables d'Uber sont satisfaits de ce plan mais prodiguent des conseils étonnants à leurs utilisateurs. Officiellement pour faire face à la "frustration des chauffeurs de taxi"... mais sans doute aussi pour éviter les saisies de véhicules. Car le service reste bien illégal à Bruxelles !

Les astuces d'Uber pour éviter les conflits avec les taxis

© Reuters

Pascal Smet a rangé son bazooka à l'encontre d'Uber, le service de transport avec chauffeur. Alors qu'en décembre il ruait dans les brancards, le ministre propose aujourd'hui un plan de transport bruxellois qui "encadre" le service Uber, comme les autres (Djump, etc...). Le ministre dessine un cadre légal où il est notamment prévu que la Région de Bruxelles devra approuver les fournisseurs de plateforme et leur accorder une agréation. La plateforme devra détenir (et mettre à disposition des autorités) un registre avec les noms des chauffeurs, leur voiture et les courses effectuées. Les chauffeurs (y compris des chauffeurs de taxi professionnels) doivent le faire à titre complémentaire.

Les taxis sont furieux car selon eux, les règles continueront d'être différentes pour une activité tout à fait similaire. Pour eux, ce que prévoit le ministre sont de belles notes d'intention qui ne pourront pas être vraiment contrôlées et en partie dépendant du bon vouloir d'Uber de communiquer ces informations. La suspicion est donc de mise.

Evidemment, chez Uber, on se montre satisfait de ce que certains considèrent comme une "législation sur mesure". La firme a d'ailleurs habillement choisi de réaliser un communiqué de presse en commun avec l'application Djump, du vrai co-voiturage made in Belgium.

"Evitez les interactions avec les taxis"

Et au même moment, Filip Nuytemans, General Manager d'Uber à Bruxelles, (qui ne souhaite pas commenter le plan de Transport au moment même de la manifestation des taxis) a envoyé, la semaine passée, aux chauffeurs Uber, un email se félicitant du plan de transport. Il prédit néanmoins une frustration des chauffeurs de taxis (la grève en témoigne) et communique une série de mesures aux utilisateurs d'Uber ... pour éviter toute altercation.

Il préconise par exemple d'éviter les contacts avec les chauffeurs de taxi. "Lorsque vous recevez une demande près d'un hôtel ou d'une gare, n'hésitez pas à contacter le passager pour lui fixer un rendez-vous légèrement plus loin."

Filip Nuytemans suggère la discrétion : "placez votre téléphone à un endroit moins visible que sur le pare-brise. Il existe des supports de téléphone très pratiques à fixer sur les aérations ou bien mettez-le tout simplement près de vous."

Enfin, il encourage aussi à éviter de renvoyer une image de "chauffeur". En effet, il écrit "n'hésitez pas à proposer aux passagers de s'asseoir à côté de vous. N'insistez cependant pas s'ils refusent car certaines personnes préfèrent se mettre à l'arrière."

Et si la situation devait tourner mal : "restez dans votre voiture et gardez votre téléphone et vos clés de voiture toujours près de vous. Si nécessaire, annulez la course et quittez les lieux. En cas de souci, n'hésitez pas à prendre des photos des chauffeurs de taxis et de leurs numéros de plaque. Vous pouvez toujours nous envoyer ces informations qui pourraient être précieuses dans le futur."

Joint par téléphone, le jeune responsable d'Uber à Bruxelles joue la surprise et ne réagit pas vraiment sur ces mesures préférant "vérifier l'e-mail évoqué" avant d'apporter une réponse.

Si ce n'est pas la guerre entre Uber et les taxis, la situation semble pour le moins tendue. Par ailleurs, ces petites mesures de précaution doivent permettre aux chauffeurs d'éviter toute saisie. Car, comme nous le confirmait hier Marc Debont, le porte-parole du ministre des Transports à Bruxelles, "pour l'instant Uber reste illégal à Bruxelles et les contrôles continuent. Nous avons saisi 16 véhicules depuis la fin du mois de décembre". Et la plainte au pénal contre Uber suit son cours. Jusqu'à l'entrée en vigueur réelle du projet de plan de transport, Uber reste donc en ligne de mire...

C.C

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