Delhaize: impact sur l'emploi de 2.500 collaborateurs et 14 magasins non-rentables

11/06/14 à 08:43 - Mise à jour à 08:43

Source: Trends-Tendances

Le "plan de transformation" annoncé mercredi matin par le groupe Delhaize pourrait avoir un impact sur l'emploi de 2.500 collaborateurs et 14 magasins "non-rentables" pourraient ne plus être exploités en gestion propre, a-t-on appris mercredi matin, à l'issue d'un conseil d'entreprise extraordinaire convoqué par la direction.

Delhaize: impact sur l'emploi de 2.500 collaborateurs et 14 magasins non-rentables

© Delhaize

"Afin d'assurer son avenir, Delhaize Belgique projette d'accélérer la mise en oeuvre de sa stratégie commerciale par un investissement supplémentaire de 450 millions d'euros durant la période 2015-2017. Pour financer cet investissement, une série de mesures sont envisagées.

Celles-ci pourraient avoir un impact sur l'emploi de 2.500 collaborateurs de Delhaize Belgique dans les trois années à venir. Elles pourraient entraîner la fin de l'exploitation en gestion propre de 14 magasins non-rentables en Belgique", a précisé le groupe dans un communiqué.

Sont ainsi visés les magasins :
- d'Eupen,
- de Dinant,
- d'Herstal,
- de La Louvière,
- de Tubize,
- de Schaerbeek (Verhaeren),
- d'Aarschot,
- de Diest,
- de Berlaar,
- de Genk (Stadsplein),
- de Courtrai (Ring),
- de Lommel,
- de Termonde,
- de Turnhout.

"Nous sommes pleinement conscients que cette annonce a un impact social et émotionnel sur nos collaborateurs et leur famille. Nous sommes cependant convaincus que les mesures identifiées sont indispensables pour garantir l'avenir de Delhaize Belgique", a commenté Denis Knoops, administrateur délégué de Delhaize Belgique, en pointant "le handicap de coûts structurel croissant lié aux conditions de travail et de rémunération des activités en gestion propre, ainsi que le contexte économique et concurrentiel de plus en plus difficile" qui mettent les résultats sous pression.

La procédure Renault a d'ores et déjà été lancée, a encore affirmé l'entreprise qui assure qu'elle mettra tout en oeuvre pour éviter "autant que possible" les licenciements secs dans les magasins en gestion propre et au sein des services de support. Les magasins affiliés AD Delhaize, Proxy Delhaize et Shop & Go, ainsi que les activités de Delhaize Luxembourg, Red Market, Tom & Co et Caddy Home ne sont quant à eux pas concernés par les mesures annoncées. Il n'y aura pas non plus de licenciement collectif parmi les ouvriers.

"Les mesures proposées par Delhaize Belgique sont indispensables pour continuer à satisfaire ses clients et assurer l'avenir de nos activités belges. Nous mettons tout en oeuvre pour préserver la forte identité belge et la réputation de Delhaize Belgique en matière de produits de qualité et de service aux consommateurs", a de son côté conclu Frans Muller, président et CEO du groupe.

Les syndicats scandalisés Les syndicats se sont dits scandalisés mercredi matin après l'annonce par le groupe de Delhaize de son intention de supprimer 2.500 emplois. Ils ont rappelé que le personnel avait déjà fait d'importants sacrifices ces dernières années. Selon les représentants des travailleurs, les pertes d'emplois ne concerneront pas que les 14 magasins qui ne seront plus exploités en gestion propre.

"Nous sommes scandalisés. Delhaize est une entreprise rentable qui dit ne pas résister à la concurrence mais aucun mot, lors du conseil d'entreprise, n'a été prononcé sur la stratégie commerciale. Le conseil d'entreprise s'est clôturé avant l'ouverture de la Bourse", s'indigne Myriam Delmée, vice-présidente du SETCa. Celle-ci estime que l'abandon des 14 magasins entraînera la suppression de 900 à 1.000 emplois. Elle ajoute que dès lors, tous les magasins du groupe Delhaize en Belgique seront affectés par des pertes d'emplois, soit plus de dix emplois perdus par magasin conservé.

"Les services centraux à Bruxelles seront également touchés", précise Delphine Latawiec, secrétaire permanente CNE. "Je n'ai pas de solution sur le plan commercial. Mais le plan social n'est pas possible, pas tolérable. C'est un bain de sang social. Certains ont travaillé toute leur vie chez Delhaize et ont construit l'entreprise", ajoute Delphine Latawiec.

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