Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/06/12 à 14:24 - Mise à jour à 14:24

Facebook, une IPO ratée ? Cela dépend pour qui...

Le Nasdaq va créer un fonds d'indemnisation de 40 millions de dollars pour les courtiers qui auraient perdu de l'argent à cause des problèmes techniques rencontrés pendant l'introduction de l'action Facebook en Bourse. Bravo ? Oui, mais...

La nouvelle date d'hier : le Nasdaq, la Bourse américaine sur laquelle sont cotées la plupart des valeurs technologiques, va créer un fonds d'indemnisation de 40 millions de dollars pour les courtiers qui auraient perdu de l'argent à cause des problèmes techniques rencontrés pendant l'introduction de l'action Facebook en Bourse.

Bravo, direz-vous : une entreprise qui reconnaît son erreur, cela n'arrive pas tous les jours. Oui, sauf que ce montant de 40 millions de dollars est trois fois inférieur au niveau des pertes estimées par les principaux courtiers concernés.

Deuxième remarque : on sait que, depuis que Facebook est cotée en Bourse, son action a plongé de 32 % depuis son cours d'introduction à 38 dollars. Aujourd'hui, ce cours végète autour des 26 dollars et la chute n'a pas l'air de se terminer. C'est ce qui fait dire à quasi tous les médias que l'introduction en Bourse de Facebook est un échec, un fiasco. En réalité, c'est faux : c'est un succès... mais tout dépend pour qui.

Pourquoi est-ce que je dis cela ? Parce que, comme l'a fait l'auteur d'un blog spécialisé, il suffit de ne pas se laisser intoxiquer par les médias. Qu'a-t-on reproché à Facebook ? D'avoir été trop gourmand et d'avoir exigé que le premier cours de Facebook, son cours d'introduction, soit de 38 dollars. Comme ce cours était trop élevé, il ne pouvait que descendre et décevoir tous les actionnaires qui rêvaient d'acheter cette action à un bon prix avant de la refourguer à quelqu'un d'autre en prenant au passage une bonne plus-value !

Comme cela n'a pas marché, les médias ont parlé d'un échec. Mais un échec pour qui ? Pour les investisseurs crédules, mais pas pour Facebook. La société a pu ramasser dès le premier jour 16 milliards de dollars d'argent frais. Cet argent lui est acquis quoi qu'il arrive parce que, justement, le cours d'introduction a été fixé à 38 dollars. Imaginons que Facebook ait été moins gourmand et ait fixé un cours d'introduction de 20 dollars au lieu de 38 dollars. C'est simple, les nouveaux actionnaires auraient été contents mais Facebook, au lieu de ramasser 16 milliards de dollars, n'aurait ramassé que 8 milliards de dollars. Autrement dit, qu'est-ce qui vaut mieux, plaire à la presse ou prendre 8 milliards de dollars en plus dans sa poche ?

Facebook a préféré les 8 milliards, évidemment. Avec cet argent, la firme peut se permettre d'encaisser des pertes ou racheter d'autres entreprises. Voici qui est encore mieux que les applaudissements de la presse. Des applaudissements qui coûtent 8 milliards de dollars, Facebook n'en a visiblement pas besoin, pour dire les choses poliment... Pour les actionnaires américains qui ont cru en Facebook, l'adage boursier reste, hélas, le même : mouton un jour, mouton toujours.

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