Un tiers des PDG seront des femmes... en 2040

08/03/15 à 09:00 - Mise à jour à 06/03/15 à 17:02

50,2%, c'est la proportion de femmes qui participent à la vie économique dans le monde. Les hommes, eux, seraient 70%. Voilà le résultat d'une longue série d'inégalités dans le monde du travail... Bonne journée mesdames.

Un tiers des PDG seront des femmes... en 2040

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Le New York Times, pour 'fêter' la journée de la femme qui aura lieu ce dimanche 8 mars, a mis au point un "indicateur de plafond de verre". À partir de données collectées par le cabinet EY auprès des 1.500 plus grandes entreprises américaines, le journal a ainsi montré une nette sous-représentation de la gent féminine aux postes-clés. À eux seuls, les hommes prénommés "John" seraient plus nombreux que l'ensemble des femmes exerçant des fonctions à responsabilités (5,3% contre 4,1%).

9% des PDG sont des femmes

L'an dernier, le site The Official Board, après avoir passé au crible plus de 50.000 grandes entreprises dans le monde entier, avait lui démontré que seuls 9% des PDG étaient des femmes. Si ce chiffre tend à augmenter, cela se fait très lentement. Selon le rapport annuel du cabinet de conseil Strategy&, un tiers des PDG seront des femmes... en 2040. Ce phénomène ne se limite pas aux fonctions dirigeantes. La totalité du monde de l'entreprise serait concernée.

D'après Jeni Klugman, directrice du secteur 'Genre et développement' au sein du Groupe de la Banque mondiale, ces inégalités auraient pour origine "la persistance de normes sociales qui limitent le choix des femmes en matière de moyens de subsistance" et "les freins juridiques au travail féminin". Le rapport de la Banque mondiale "Gender at Work" montre ainsi qu'il existe encore 15 pays où les femmes ont besoin d'une autorisation de leur mari pour pouvoir travailler.

Des inégalités qui se creusent dès l'école

Les femmes sont aussi victimes de discrimination dès leur plus jeune âge, et notamment dans l'enseignement. Elles sont encore et toujours moins nombreuses que les hommes à terminer l'école primaire, par exemple. Elles sont ensuite souvent cantonnées aux tâches domestiques, auxquelles elles accordent en moyenne deux fois plus de temps que les hommes. D'après une récente étude du groupe Manpower, les employeurs penseraient aussi majoritairement que les femmes ont "d'autres priorités" que leur carrière professionnelle. Un cliché tenace qui pourrait expliquer qu'on ne leur propose que rarement des possibilités d'évolution au sein d'une entreprise. Plus de la moitié des femmes interrogées ont dit regretter cette stagnation.

Le "mythe" de secteurs réservés aux femmes aurait aussi bon dos. Dès leurs études, elles sont conditionnées et redirigées vers des domaines dits "féminins", comme la santé, les services, ou encore les médias. Dans les filiales techniques, elles sont encore largement minoritaires.

Du fait de ces obstacles, la participation des femmes dans la population active ne décolle pas. Pire encore, depuis 1990, elle aurait diminué si l'on en croit les chiffres de la Banque mondiale. De 57%, cette proportion serait passée à 55% en 2012. Et ce n'est pas tout: ces femmes actives toucheraient en moyenne 10 à 30% de moins que les hommes. Elles auraient également deux fois moins de chance d'obtenir un emploi à plein temps.

Les entreprises plus efficaces avec des femmes

Pourtant, les femmes seraient un véritable atout pour les entreprises. Selon Manpower, les entreprises qui comptent dans leur direction le plus de femmes auraient enregistré des résultats jusque 34% supérieurs aux autres firmes.

Certains pays l'ont bien compris, et ont adopté la stricte parité hommes-femmes, dans l'administration et parfois aussi dans le secteur privé. La Colombie, Fidji, la Jamaïque, le Lesotho ou encore les Philippines sont parmi ces "bons élèves". Certains emploient même davantage de femmes que d'hommes...

Un rapport sur les discriminations présenté au Forum Economique Mondial place la Belgique en dixième position, sur un total de 142 pays. Selon Philippe Lacroix, directeur général du groupe Manpower, le pays devrait sa "bonne performance à l'égalité croissante en matière d'enseignement et de santé". "Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir", a-t-il ajouté à Belga.

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