Telenet met la main sur Base pour 1,325 milliard d'euros

20/04/15 à 07:35 - Mise à jour à 10:38

Source: Belga

Le groupe Telenet a annoncé lundi avoir conclu un accord définitif avec le groupe néerlandais KPN en vue du rachat de l'opérateur de télécoms Base, pour un montant d'1,325 milliard d'euros.

Telenet met la main sur Base pour 1,325 milliard d'euros

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Base est le troisième opérateur de téléphonie mobile en Belgique, derrière Proximus et Mobistar, et compte près de 3,3 millions d'abonnés. "La combinaison de Telenet et Base Company créera en Belgique un fournisseur de premier plan de services de télécommunications intégrés avec un chiffre d'affaires combiné en 2014 de 2,4 milliards d'euros et un EBITDA ajusté d'1,1 milliard d'euros", souligne Telenet dans un communiqué.

L'acquisition de Base permettra au câblo-opérateur Telenet, filiale du groupe américain Liberty Global, de mettre la main sur un réseau de téléphonie mobile et de profiter des opportunités de croissance dans le secteur de la communication mobile. Telenet annonce d'ores et déjà l'investissement de quelque 240 millions d'euros dans les prochaines années, dont une partie concernera des investissements ciblés dans le réseau de Base.

L'administrateur délégué de Telenet, John Porter, s'est dit "très heureux" d'une transaction qui "améliorera sur le long terme le profil de croissance de l'entreprise".

Telenet s'attend en outre à pouvoir réaliser des synergies d'environ 150 millions d'euros annuels, principalement grâce à la migration de ses quelque 900.000 abonnés actuels de services de téléphonie mobile vers le réseau de Base. Telenet avait conclu avec Mobistar un contrat Full MVNO (mobile virtual network operator ou opérateur mobile virtuel), courant jusqu'en 2017 et qui permettait à Telenet d'offrir, via le réseau de Mobistar, des services en matière de téléphonie et données mobiles.

Le câblo-opérateur basé à Malines financera l'acquisition de Base notamment via l'émission de nouveaux instruments de dette se montant à 1 milliard d'euros.

La vente de Base par KPN était dans l'air depuis un certain temps. Ce faisant, le groupe néerlandais se défait de son dernier actif à l'étranger après la vente de l'opérateur allemand de téléphonie mobile E-Plus à Telefónica Deutschland. KPN entend en effet se recentrer sur le marché néerlandais dans l'espoir d'améliorer ses résultats après quelques années en demi-teinte, selon l'agence de presse néerlandaise ANP.

L'opération est soumise à l'approbation des autorités compétentes en matière de concurrence.

De Croo en appelle à la sauvegarde de la concurrence

Dans une réaction, le ministre de l'Agenda numérique et des Télécommunications Alexander De Croo a dit souhaiter que les autorités belges et européennes de la concurrence élaborent des mesures correctrices pour préserver la concurrence.

Le ministre souligne l'importance des investissements dans les infrastructures de réseau mobiles. "Base a joué un rôle important ces dernières années en proposant des offres innovantes à bas prix et en donnant accès au marché à des acteurs virtuels, ce qui a boosté le fonctionnement du marché. Enfin, Base a commercialisé une offre triple play à un prix inférieur à la concurrence", a rappelé le ministre fédéral.

Selon lui, il revient aux autorités belges et européennes de la concurrence d'identifier "à quelles conditions de sauvegarde de la concurrence une possible vente de Base à Telenet pourra être approuvée".

Pour Alexander De Croo, un accès efficace des "autres acteurs du marché" aux autres réseaux fixes et mobiles est "crucial". Il doit permettre à des "acteurs alternatifs" de rester dans la course avec des prix concurrentiels.

Base dispose aujourd'hui dans son réseau d'un grand nombre d'opérateurs virtuels mobiles, qui s'adressent à des groupes cibles spécifiques avec des abonnements innovants à bas prix. "Ces petits acteurs virtuels doivent pouvoir continuer à jouer leur rôle de stimulant de la concurrence", souligne le ministre libéral flamand.

Après des spéculations relayées dans la presse, le ministre a envoyé le 8 avril 2015 un courrier à l'IBPT, le régulateur belge des télécommunications, en lui demandant de se préparer à tous les scénarios de vente possibles pour pouvoir soutenir les autorités de la concurrence. Le régulateur des télécoms est le mieux placé pour estimer l'impact d'une vente sur la concurrence sur le marché et pour proposer des mesures appropriées pour garantir la concurrence.

Le rachat de Base "renforce le duopole d'acteurs fixes qui régit le marché"

De son côté, Mobistar a estimé que la transaction annoncée lundi "renforce encore le duopole d'acteurs fixes qui régit le marché belge et devrait plus que jamais inciter les régulateurs à améliorer les conditions d'ouverture du marché du câble".

Dans un communiqué, Mobistar constate que la Belgique sera désormais dotée de deux opérateurs convergents d'infrastructures fixes et mobiles (Proximus et Telenet/Base) et indique attendre des autorités de la concurrence que "celles-ci analysent les conséquences du rachat (de Base par Telenet, ndlr) avec rigueur dans l'intérêt des consommateurs belges, à la fois pour les services de téléphonie fixe et mobile".

Mobistar, qui est par ailleurs lié avec Telenet jusqu'en 2017 par un contrat MVNO permettant à Telenet d'utiliser le réseau mobile de Mobistar pour commercialiser ses offres "King" et "Kong", affirme que la transaction annoncée lundi "ne modifie en rien" sa stratégie et "confirme la pertinence de son ambition de devenir un opérateur convergent".

"Cette opération ouvre la voie de la consolidation du marché belge, dans laquelle Mobistar entend jouer un rôle central", conclut le groupe de télécoms.

Garanties sur l'emploi

Enfin, le syndicat chrétien d'employés LBC-NVK s'est dit "vigilant" après l'annonce du rachat de l'opérateur de téléphonie mobile. "Nous voulons des garanties claires en matière d'emploi", déclare le responsable syndical Robert Veekman.

Des conseils d'entreprises sont prévus ce lundi tant chez Base que chez Telenet. Des garanties en matière de maintien de l'emploi figureront en tête des priorités syndicales, souligne-t-on encore.

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