Brussels Airport: une "publicité mensongère" fâche les riverains

21/12/16 à 16:16 - Mise à jour à 16:15

Source: Belga

Des riverains ont déposé une plainte contre X mardi pour "publicité mensongère, faux et usage de faux et manipulation au détriment de la santé publique", après la publication samedi d'une pleine page de publicité dans laquelle Brussels Airport "rétablit quelques vérités" concernant l'aéroport.

Brussels Airport: une "publicité mensongère" fâche les riverains

© Belga

Une dizaine de riverains a déposé plainte mardi contre X auprès du juge d'instruction Michel Claise pour "publicité mensongère, faux et usage de faux et manipulation au détriment de la santé publique", après la publication samedi dans les journaux L'Echo et La Libre Belgique d'une pleine page de publicité dans laquelle Brussels Airport "rétablit quelques vérités" concernant l'aéroport national, selon une information parue mercredi dans La Libre Belgique et confirmée à Belga par l'avocat des plaignants, Me Vanlangendonck.

Cette plainte vient en fait s'ajouter à un dossier pénal en cours d'instruction pour une série d'infractions potentielles aux lois et règlements régissant le fonctionnement de l'aéroport de Bruxelles, avec notamment pour objet les nuisances sonores, les particules fines ou encore les troubles du sommeil, dossier médical de certains plaignants à l'appui.

Dans sa publicité, l'aéroport de Bruxelles-National aborde cinq points, qui ont été démontés un à un par l'association d'habitants "Bruxelles Air Libre". "Le texte de Brussels Airport est un tissu d'arguments fallacieux visant à manipuler l'opinion en jouant sur la naïveté et la corde sensible", avait-elle réagi dans la foulée de la publication.

Ainsi, Brussels Airport se vante d'être "le plus grand employeur privé de Bruxellois et dans le top 5 en Wallonie", quelque 3.000 Bruxellois et 2.400 Wallons travaillant sur le site de Zaventem. "Encore faudrait-il préciser que les 3.000 emplois de Bruxellois, mal payés, représentent moins de 10% de la masse salariale. Quant à la prédiction de 15.000 emplois supplémentaires d'ici 2020, elle repose sur des hypothèses aléatoires et ne tient par exemple pas compte de l'automatisation de nombreuses tâches", avait dénoncé ce week-end l'association "Bruxelles Air Libre" dans un communiqué.

Brussels Airport indique ensuite que les nuisances sonores pour les riverains ont diminué de 50% depuis l'an 2000. "L'argument est évidemment fallacieux, 2000 étant l'année de trafic maximum. En outre, les études de ce type réalisées par des experts flamands sont souvent biaisées, estimant le nombre de victimes à 15.000 ou 20.000, alors qu'elles sont en réalité plus de 600.000 comme l'indiquent les études de l'ULB, compte tenu de la configuration actuelle des routes", réplique l'association.

Dans sa publication, Brussels Airport dit encore ne pas être le seul aéroport situé près d'une grande ville, puisque ceux de Paris, Madrid et Amsterdam notamment sont situées à moins de 20 km de la métropole. Mais selon l'association, les autres aéroports européens proches de grandes villes sont soit fermés la nuit, soit ont leurs pistes mieux orientées, soit développent une politique durable de routes de survol évitant les zones densément habitées, soit ils construisent de nouvelles pistes évitant la ville. "Zaventem reste sans doute le seul grand aéroport européen cumulant tous les défauts".

L'aéroport de Bruxelles-National affirme en outre que retirer l'activité cargo de son site relève du "suicide économique et social". L'association de riverains appelle dès lors l'aéroport à nouer des partenariats avec les aéroports régionaux pour répartir le trafic de fret.

Enfin, l'association dénonce l'idée, défendue par Brussels Airport, selon laquelle une loi sur les routes aériennes mettra fin à l'incertitude juridique qui entoure les activités de l'aéroport.

Pour l'avocat des riverains, il y a dans cette publicité beaucoup de manipulation de données et de fausses informations pour tenter de rétablir la vérité. "Il s'agit d'éléments délictueux qui nous ont poussé à faire une extension à notre plainte". Le fait d'aller au pénal dans un tel dossier est assez exceptionnel, selon l'avocat, qui dit ne pas avoir connaissance de précédent.

Trends/Tendances Information Services

Nos partenaires