NewB en appelle au peuple

12/06/14 à 13:53 - Mise à jour à 13:53

Source: Trends-Tendances

Les promoteurs de la nouvelle banque coopérative en gestation lancent une pétition. L'objectif: débloquer un dossier embourbé auprès des gendarmes bancaires. Mais le gouverneur de la Banque nationale estime qu'il y a déjà trop de banques dans le pays...

NewB en appelle au peuple

© belga

Le courant ne passe pas entre le gouverneur de la BNB Luc Coene et la nouvelle banque coopérative en gestation NewB. Cette dernière cherche à lever du capital par appel à l'épargne publique. Elle a donc introduit en septembre dernier un prospectus auprès du gendarme des marchés, la FSMA. Mais cette dernière tarde à donner son feu vert. Une des raisons est que Luc Coene a écrit à la FSMA pour lui faire part de ses critiques à l'égard du business plan de NewB qu'il trouve "très optimiste". Voici trois semaines, dans un entretien à Knack, Luc Coene en a remis une couche en disant qu'il y avait déjà trop de banques en Belgique...

La réponse des promoteurs de NewB (le réseau Financite, Fairfin, le CNCD 11.11.11) ne s'est pas fait attendre : ils ont décidé de lancer une pétition sur Internet (www.ilmanqueunebanque.be) et une campagne virale via Thunderclap, cette plateforme permettant de toucher en une seule vague une foule de contacts sur les divers réseaux sociaux. Une mobilisation destinée à sortir NewB de l'impasse. "Depuis l'envoi de la lettre de Luc Coene, on se mord la queue, explique Bernard Bayot, du Réseau de financement alternatif, un des porteurs du projet. D'un côté, la FSMA ne veut pas approuver le prospectus en raison de cette lettre critique. De l'autre, la Banque nationale refuse de parler avec nous tant que nous n'avons pas introduit une demande de licence bancaire officielle, demande qui ne peut intervenir qu'après avoir récolté le capital."

Un secteur sous pression Les propos de Luc Coene, qui juge qu'il n'y a pas de place pour un nouvel acteur, n'ont pas arrangé les choses. "Ce que voulait dire le gouverneur, dit une source proche des autorités, est ceci : les banques se replient sur leur marché domestique. Elles doivent renforcer leurs fonds propres. Les taux d'intérêt sont bas. Leur rentabilité est donc mise sous pression. Ajouter un nouvel acteur dans ce contexte va accentuer cette pression." D'autres sources ajoutent que la qualité du prospectus présenté en septembre par NewB laissait à désirer. Il y avait des erreurs de calculs et le document n'avait pas la forme juridique adéquate.

Du côté de NewB, on réfute ces arguments, notamment ceux concernant la faiblesse du business plan, et on s'étonne de cette sortie de Luc Coene. "Si l'accès d'un nouvel acteur dans le marché bancaire est interdit, on va à l'encontre du traité de Rome et de la liberté d'établissement, s'insurge Bernard Bayot, qui observe que la question devient alors politique. Au Royaume-Uni, ajoute-t-il, trois nouveaux dossiers de banques ont été introduits et 17 autres sont en phase de précandidature. Les promoteurs de NewB, malgré ces obstacles, restent déterminés et n'excluent pas dans un premier temps de faire exclusivement appel aux investisseurs institutionnels pour financer le projet.

PIERRE-HENRI THOMAS

Nos partenaires