Jeudi, l’État luxembourgeois a émis un nouveau type d’obligation : les Defence Bonds, destinées aux dépenses militaires. Moins de 24h plus tard, elles ont toutes trouvé preneur.
Jeudi, sur le coup de 14h, l’État luxembourgeois a lancé sa première émission de Defence Bonds. Ces obligations seront investies dans la défense nationale. “Nous sommes le premier pays européen depuis la Seconde Guerre mondiale à introduire une telle obligation. Cela fait 80 ans qu’aucun État n’a lancé un instrument de ce type”, s’est félicité le ministre luxembourgeois des Finances, Gilles Roth.
La période de souscription à ces obligations, disponibles par tranche de 1.000 euros pour un montant maximum de 150.000 euros par personne et par banque, était théoriquement ouverte jusqu’au 30 janvier. Mais la fenêtre s’est refermée moins de 24h plus tard. Le plafond, fixé à 150 millions d’euros, a été atteint vendredi matin.
“La rapidité avec laquelle l’intégralité de l’émission a été souscrite témoigne de la confiance des citoyens dans les actions du gouvernement et la solidité de nos finances publiques, ainsi que de leur volonté de participer au financement de notre sécurité nationale”, s’est réjoui Roth.
Un rendement annuel de 2,25%
Avec ces Defence Bonds, les investisseurs ont prêté leur argent à l’État luxembourgeois pour une durée de trois ans. Le capital investi sera intégralement remboursé à l’échéance et est surtout assorti du versement d’intérêts annuels de 2,25%.
Pour les résidents luxembourgeois, ces Defence Bonds sont exonérés d’impôt sur le revenu (situé habituellement à 20%). Les 2,25% d’intérêts iront donc directement dans la poche des souscripteurs.
Des Defence Bonds pour atteindre les normes de l’OTAN
À l’heure actuelle, le gouvernement luxembourgeois n’a pas encore précisément déterminé ce à quoi servira l’argent récolté. Une seule chose est sûre : il sera utilisé pour la Défense. Cela pourrait par exemple permettre d’acheter des véhicules militaires ou des équipements de protection pour les soldats.
“Face à la volatilité de l’environnement sécuritaire et à la menace claire à laquelle l’UE et l’OTAN se voient confrontées, nous devons investir davantage afin de renforcer nos capacités militaires et notre posture de dissuasion et de défense collective. Il s’agit d’un effort commun auquel les citoyennes et citoyens du Luxembourg peuvent désormais participer directement”, a indiqué la ministre de la Défense, Yuriko Backes.
L’an dernier, les membres de l’OTAN se sont accordés pour augmenter leurs dépenses de sécurité. Ils devront y consacrer 5% de leur PIB d’ici 2035. Plus petit pays membre de l’Alliance, le Luxembourg en est très loin. En 2024, il en était à 1,29% Seules l’Espagne (1,28%) et la Slovénie (1,29%) faisaient moins. La Belgique était juste au-dessus, avec 1,30%.
En mobilisant l’épargne des citoyens pour des dépenses militaires, le gouvernement espère obtenir un “retour sur investissement“, indique le Luxemburger Wort. À savoir : un retour de capitaux du secteur privé par le biais de recettes fiscales.
Selon les données du ministère des Finances, 33,4 milliards dorment sur les comptes des Luxembourgeois. Le ministre des Finances n’exclut pas de les réveiller à nouveau à l’avenir via de nouvelles obligations, par exemple dédiées à la transition énergétique ou à la construction de logements.
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