Quand Donald Trump annonce vouloir “sécuriser” le Groenland, quitte à envoyer l’armée, la première réaction est souvent la moquerie. On se dit : “C’est du spectacle”. On a tort.
Car derrière le folklore, il y a une mécanique froide et implacable en marche. Comme l’a très justement analysé l’ancien commissaire européen Thierry Breton, Donald Trump ne navigue pas à vue. Il est en train de déployer une véritable stratégie d’économie de guerre.
Son objectif ? L’asphyxie de la Chine.
Sa méthode ? La prise de contrôle physique des ressources mondiales.
Regardez la carte, tout s’éclaire :
1. Le Venezuela : Les plus grandes réserves de pétrole du monde ? Sous sanctions, asphyxiées par Washington.
2. L’Iran : Un acteur énergétique majeur ? Mis sous cloche, coupé du marché et va peut-être tomber sous nos yeux.
3. Le Groenland : Le nouveau front.
Il ne faut pas voir ces événements comme des dossiers isolés. C’est un plan d’encerclement. Le Venezuela et l’Iran, c’est le verrouillage du robinet d’hier (le pétrole). Le Groenland, c’est le verrouillage du coffre-fort de demain (les terres rares).
Le pari de Washington est simple : “Vous avez besoin d’énergie pour tourner ? Nous tenons les vannes. Vous avez besoin de métaux pour vos technologies ? Nous allons briser votre monopole.”
Pourquoi le Groenland ?
Parce que sans terres rares, il n’y a pas d’iPhone dans votre poche. Pas de batterie dans votre voiture. Et surtout, pas de système de guidage dans les missiles américains. Aujourd’hui, la Chine raffine 90% de ces métaux. Trump veut le Groenland pour sécuriser l’écosystème américain et ne plus dépendre de son rival.
Mais la machine a deux failles non développées par Thierry Breton.
Sur le papier, le plan est parfait. Mais la réalité est plus complexe :
1. La Chine a muté. Elle a anticipé ce chantage. TGV, nucléaire, solaire… Pékin a électrifié son économie à marche forcée. L’arme du pétrole fait beaucoup moins mal à la Chine de 2026 qu’à celle de 2000.
2. Le facteur russe. C’est l’angle mort de l’US Navy. Même si les Américains bloquent les océans, les pipelines entre la Russie et la Chine sont terrestres. Impossible à couper sans déclencher la Troisième Guerre mondiale.
L’Europe doit se réveiller. Nous sommes entrés dans une phase de découplage brutal. Deux blocs, deux systèmes, deux chaînes d’approvisionnement.
Et nous ? Le Groenland est un territoire lié au Danemark. C’est l’Europe qui est dans le viseur. L’analyse de Thierry Breton doit résonner comme une alarme incendie pour Bruxelles : dans ce grand partage du monde, la neutralité n’est plus une option.
Et comme le disait Malcom X, si vous n’êtes pas à la table des négociations, c’est que vous faites partie du menu !