Amid Faljaoui

Salon de l’Auto: cap sur les particuliers pour relancer la machine

Vendredi dernier, le Salon de l’Auto de Bruxelles a ouvert ses portes pour une dizaine de jours. Et cette édition arrive à un moment charnière pour le secteur automobile belge.

Parce que l’année 2025, elle s’est terminée en demi-teinte. Les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 7,5%. Et encore, ce sont les chiffres officiels, parce que la vraie baisse, elle est plutôt de 9,5% a avoué Denis Gorteman, le CEO de D’Ieteren Auto à mes confrères de l’Echo. Pourquoi ? Eh bien parce qu’une série de constructeurs ont dû immatriculer en catastrophe des véhicules en fin d’année à cause d’une nouvelle norme européenne, l’Euro 6e-bis, entrée en vigueur le premier janvier.

Alors qu’est-ce qui explique cette dégringolade des immatriculations ? Eh bien dans le secteur, on pointe du doigt les messages contradictoires. Le tout électrique en Europe, les zones de basse émission dans les villes, les taxes régionales de mise en circulation en Belgique… Tout ça a semé le doute chez les acheteurs. Et puis il y a eu les discussions sur l’extension de la déductibilité de l’hybride qui ont aussi freiné le marché.

Et c’est justement là que le Salon de l’Auto prend tout son sens. L’objectif, c’est de rassurer les particuliers. Parce que ce qui tire le marché vers le bas actuellement, ce sont paradoxalement les voitures de société. Les entreprises sont frileuses, et c’est normal : le contexte économique est incertain, il y a beaucoup de questions en suspens. D’ailleurs, les contrats de leasing qui duraient quatre ou cinq ans, on les allonge maintenant à six ans.

Mais du côté des particuliers, c’est une histoire plus positive.  Maintenant, est-ce que les particuliers vont vraiment passer à l’électrique ? Oui, si l’on en croit une étude de BNP Paribas Fortis nous apprend que dix-huit pour cent des ménages belges envisagent de remplacer leur véhicule par un électrique d’ici fin 2027.

Mais attention, le prix reste le premier frein à l’achat des véhicules électriques.  Ce qui explique d’ailleurs que la concurrence devient féroce. Les constructeurs chinois comme BYD arrivent avec des garanties de huit ans ou deux cent cinquante mille kilomètres sur les batteries et de six ans et 150.000 km sur ses voitures. Toyota va même jusqu’à dix ans de garantie. On va s’entretuer sur ce marché hyper concurrentiel, a avoué Denis Gorteman, le patron de D’Ieteren au quotidien l’Echo.

Mais d’autres interlocuteurs gardent Espoir. Pourquoi ? Parce qu’une série de voitures commandées quand le marché dépassait les cinq cent mille immatriculations arrivent dans leur quatrième ou sixième année de contrat. Il va falloir les renouveler et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les voitures de sociétés.

En attendant, le Salon de Bruxelles prend de l’ampleur. Aujourd’hui, tout le secteur européen en parle, ce qui n’était pas du tout le cas il y a dix ans. Avec la disparition du Salon de Genève, Bruxelles tente de s’imposer comme l’événement phare de l’automobile en Europe. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle pour notre pays.

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