Grégory Guilmin

Quel est le biais comportemental le plus dangereux pour l’investisseur ?

Grégory Guilmin Educateur financier

Savais-tu que les pertes font beaucoup plus mal à notre cerveau que le plaisir éprouvé par des gains ? Laisse moi t’expliquer ce qu’est le biais d’aversion aux pertes. 

Définition : le biais d’aversion aux pertesest la tendance naturelle de l’être humain à ressentir une perte beaucoup plus intensément qu’un gain équivalent. Concrètement, perdre 1.000 euros fait 2 à 2,5 fois plus mal que le plaisir ressenti en gagnant 1.000 euros. 

Ce n’est pas une faiblesse. Ce n’est pas un manque d’intelligence. C’est simplement le fonctionnement normal de notre cerveau. 

Ce biais a été formalisé par la théorie des perspectives, et il est aujourd’hui l’un des biais les plus documentés en finance comportementale

Pourquoi notre cerveau fonctionne comme cela ? 

Ce biais est hérité de notre instinct de survie

À l’époque préhistorique, une perte (blessure, nourriture perdue, danger …) pouvait être fatale. Notre cerveau a donc appris à sur-pondérer le risque, éviter la douleur à tout prix. Même si cela conduit à de mauvaises décisions rationnelles. 

Ce que disent les expériences 

Pose la question suivante autour de toi : 

Préfères-tu perdre 2.000 euros avec certitude (situation A) ou avoir 80% de chances de perdre 3.000 euros et 20% de chances de ne rien perdre (situation B) ? 

La majorité des gens choisissent la situation B, alors qu’elle est mathématiquement plus risquée. 

Et si on inverse la question ? 

Préfères-tu gagner 2.000 euros avec certitude (situation C) ou avoir 80% de chances de gagner 3.000 euros et 20% de chances de ne rien gagner (situation D) ? 

Ici, la majorité choisit la certitude (la situation C), alors que l’espérance mathématique est plus élevée dans la situation D. 

Ceci signifie que nous ne prenons pas les mêmes décisions face aux gains et aux pertes, alors que les probabilités sont identiques. 

Comment ce biais se manifeste concrètement en Bourse ? 

Par exemple, vendre trop vite ses positions gagnantes: “Je sécurise, on ne sait jamais…” est une mauvaise chose. 

Ou encore refuser de vendre une position perdante (ex: sur une action qui a chuté de 50-60-70%).  J’ai tellement entendu de personnes dire ceci : “Tant que je n’ai pas vendu, je n’ai pas vraiment perdu…” 

C’est l’illusion la plus dangereuse car la perte est déjà là mais notre cerveau refuse de l’accepter. 

Mais je vois aussi beaucoup de personnes ne pas investir (ou sortir au pire moment) en disant: “J’attends que ça se calme” ou “Je rentrerai quand le marché sera plus sûr.” 

Or, personne ne peut prédire quand ça se calmera. Et quand ça se sera calmé, le marché aura déjà repris +20% (ou plus). 

Mes conclusions 

La volatilité n’est pas le risque réel. Le vrai risque, ce sont nos émotions face à la volatilité. 

Par exemple, ton portefeuille d’ETF peut chuter de 30% sans que la stratégie soit mauvaise… mais attention à ton cerveau. Il pourrait interpréter cela comme un danger immédiat. Ce qui mènerait à des décisions impulsives comme des ventes au plus mauvais moment (et donc des sous-performances importantes). 

Le plus important, c’est: 

  • d’avoir un plan écrit (allocations, horizon de placement, règles de vente, fréquence d’investissement …) ; 
  • d’investir tous les mois (pour réduire l’impact émotionnel dans la prise de décisions et pour profiter des intérêts composés) ; 
  • de regarder le moins souvent son portefeuille. Au plus tu regardes, au plus tu ressens de pertes temporaires et au plus ton cerveau veut agir (Moins de bruit = meilleures décisions) ; 
  • d’accepter que la douleur fait partie du jeu. La Bourse ne te fait pas perdre de l’argent. Tes émotions, si. Apprendre à investir, c’est avant tout apprendre à se connaître soi-même

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