L'oeil d'Amid Faljaoui

Musk a oublié que la politique et les affaires ne font pas bon ménage

Elon Musk aime le chaos. Il en a fait une stratégie. Sauf que cette fois, c’est Tesla qui en paie le prix. 

Trois mois : -36 %. En 90 jours, l’action Tesla s’est effondrée, sa valorisation a fondu de plus de 500 milliards de dollars, et mardi, un plongeon de 8 % a encore englouti 89 milliards en quelques heures.

Mais le plus inquiétant, c’est que Tesla ne séduit plus. En Europe, où l’électrique cartonne (+34 % en janvier), les ventes de Tesla plongent (-45 %). En Belgique, la part de marché du constructeur a dégringolé à 2,49 %, alors qu’elle flirtait avec les 4 % en 2024. Un recul qui symbolise parfaitement la descente aux enfers de la marque.

Tesla n’a plus la hype

Tesla, c’était la voiture de l’avenir, celle qu’on voulait posséder pour être en avance sur son temps. Aujourd’hui ? Elle traîne une image de marque vieillissante.

Pas d’innovation marquante. Le Model Y prend du retard, le Cybertruck est une blague, et les constructeurs chinois comme BYD et MG Motor sortent des modèles plus performants et moins chers.

Un marché de l’occasion en crise. Acheter une Tesla, c’est comme jeter son argent par les fenêtres. En 2024, leurs valeurs d’occasion ont chuté de 28,9 %. Une Tesla achetée neuve se revend aujourd’hui pour une bouchée de pain.

Des prix qui jouent aux montagnes russes. Baisse soudaine, remontée imprévue… Les acheteurs sont fatigués des caprices tarifaires de Musk. Résultat : ils reportent leurs achats.

Musk est devenu le pire ennemi de Tesla

Il fut un temps où Musk était le meilleur commercial de Tesla. Pas besoin de pub, sa seule présence médiatique suffisait à faire exploser les ventes.

Mais aujourd’hui, son image est un poids mort.

Tout a basculé en 2022 avec Twitter. Il rachète le réseau, vire la moitié du personnel, transforme la plateforme en champ de bataille politique… et se met à dos une partie de son public.

Puis il s’est pris pour un stratège politique. Soutien affiché à Trump, financement de l’extrême droite en Europe, prises de position ultra-clivantes… Seul souci : Les électeurs de ces partis roulent rarement en électrique. Pendant ce temps, les acheteurs historiques de Tesla, plutôt progressistes et écolos, décrochent.

L’image du visionnaire s’effondre. Musk n’est plus perçu comme l’ingénieur de génie (Tony Stark) qui veut sauver l’humanité, mais comme un milliardaire mégalo qui alimente les polémiques.

Et c’est là qu’il s’est brûlé les doigts

Pendant des années, il a refusé de faire de la pub. Pourquoi ? Parce qu’il était la pub. Mais maintenant que sa popularité s’effrite, c’est toute la marque Tesla qui vacille.

Et pendant que Musk joue les conseillers de l’ombre pour Trump, Tesla coule en Bourse.

Aujourd’hui, il est encore l’homme le plus riche du monde. Mais il paie déjà le prix fort. Et si Tesla ne redresse pas la barre, ça ne fait que commencer.

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