Amid Faljaoui

Ce que les États-Unis pensent (vraiment) de l’Europe? La preuve est tombée, fin des illusions

Le constat est dur, frontal, mais il est désormais incontestable : l’Europe n’est plus perçue par les États-Unis comme un allié stratégique. Elle est vue comme un fardeau. Un client. Un profiteur.

Comment je le sais ? C’est simple, vous n’avez qu’à lire les comptes rendus de la presse sur cette fuite improbable. Une erreur grossière. Mais surtout une claque diplomatique.

Je rappelle les faits : un journaliste a été ajouté par accident dans un groupe Signal, une messagerie sécurisée. Et dans lequel, ce groupe soi-disant confidentiel regroupait les plus hauts responsables de la nouvelle administration Trump : JD Vance (vice-président), Pete Hegseth (ministre de la Défense), Stephen Miller (conseiller stratégique), et d’autres. Résultat des échanges dévoilés par ce journaliste : un aperçu brut, non filtré, de la vision américaine du monde. Et surtout… de l’Europe.

Le constat est dur : l’Europe n’est plus perçue comme un allié stratégique. Elle est vue comme un fardeau. Un client à facturer. Un profiteur.

JD Vance le dit sans détour : “Pourquoi risquer des vies américaines pour défendre les intérêts européens en mer Rouge ? Seulement 3 % du commerce américain y passe.” L’Europe ? 40 % de son commerce avec l’Asie transite par là. Et pourtant, elle s’en remet encore aux États-Unis pour sécuriser ses routes.

Mais cette époque est finie. Stephen Miller, conseiller influent, parle désormais de “rémunération”, de “ce qu’on attend en retour”, et même d’”extraction de gains économiques”. La diplomatie américaine n’est plus relationnelle. Elle est transactionnelle. Brutalement.

Et Pete Hegseth résume l’ambiance : “Je partage pleinement votre détestation du côté profiteur de l’Europe.” Fini la façade. Les mots sont durs, mais ils sont assumés.

Ce n’est plus une gêne passagère. C’est un mépris froid, structurel.
Et paradoxalement, cette brutalité a un mérite : elle nous réveille.

Car cette fois, plus personne ne peut faire semblant. L’Europe ne peut plus dire qu’elle ne savait pas. Que les États-Unis se détournaient, peut-être, mais à contrecœur. Non : ils s’en détournent en pleine conscience, et avec une logique commerciale parfaitement assumée.

La page est tournée. Et au fond, c’est une libération. Fin de l’ambiguïté. Fin des illusions. Début d’une nouvelle ère où l’Europe devra cesser d’être une puissance sous-traitée. Sinon, elle continuera d’être traitée pour ce qu’elle est devenue aux yeux de Washington : un client capricieux, dépendant, et en retard de paiement.

D’un certain point de vue, c’est presque une bonne nouvelle.

La fin des illusions, c’est souvent le début de la lucidité.
Sinon, il faudra s’habituer à ce nouveau statut : client, dépendant, sous contrat.

Quant à l’OTAN ? Nous avons tous compris que c’est un  “abonnement défense” dont le prix vient d’augmenter.

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