Olivier Mouton

Bart, Winston et les CEO modèles

Bart De Wever est un mélange de Winston Churchill, de Margaret Thatcher et de Jean-Luc Dehaene. Au moment d’entamer 2026, le Premier ministre promet 10 années difficiles – “du sang et des larmes” aurait dit Churchill – alors que la Chine et les États-Unis avancent en nous défiant. Comme la néolibérale britannique, qu’il a nommément citée en 2025, Bart De Wever affirme qu’il n’y a pas d’alternative aux réformes et à la contrainte budgétaire. Et à l’instar de feu Jean-Luc Dehaene en son temps, il réforme – mais sans trop concerter au contraire de son modèle démocrate-chrétien. Bart De Wever marche sur l’eau, enorgueilli par l’unanimité qui a entouré sa résistance dans l’affaire Euroclear. Le nationaliste flamand est devenu le sauveur du modèle belge, un paradoxe absolu.

2026 sera l’année de vérité. L’économiste Philippe Ledent (ING) estime que l’impact des mesures ne sera perceptible que ces prochains mois. Et quoi qu’il arrive, avance-t-il au même titre que la Banque nationale, ce qui est déjà sur la table ne permet pas de ramener le déficit budgétaire à un seuil acceptable. “Il faut réformer les dépenses de fonctionnement de l’État”, affirme l’économiste, car “tout cela coûte énormément d’argent” : 300 milliards de dépenses publiques, 100 milliards pour le fonctionnement. Réformer la lasagne institutionnelle est le prochain chantier, qui devrait convenir à un Premier ministre nationaliste. Mot d’ordre, à tous les étages : l’État n’est “plus un Mister Cash”.

Réformer la lasagne institutionnelle est le prochain chantier, qui devrait convenir à un Premier ministre nationaliste.

Fabien Pinckaers, CEO d’Odoo, devenu l’entrepreneur modèle, abonde dans ce sens : “Les entrepreneurs ne sont pas des assistés. Nous sommes des gens autonomes, intelligents, nous pouvons avancer par nous-mêmes.” La croissance de l’économie doit être la priorité absolue des prochains mois, au même titre que l’innovation et l’internationalisation. Soutenir cela est dans l’ADN de Trends-Tendances depuis 50 ans. À l’occasion de cet anniversaire, nous publions le portrait de 50 personnalités qui feront la Belgique de demain, au nord comme au sud du pays.

La lecture de ces 50 profils fait un bien fou et met en évidence la créativité de notre pays et sa capacité à se réinventer. Avec une véritable conscience des enjeux. “Contribuer au développement de la région et du pays est une source de motivation”, clame Nathalie Draux (Quality Assistance). Cela vaut pour les applications de bien-être qui font du bien pour la santé comme pour les technologies au service des entreprises, voire pour ces drones susceptibles de nous défendre contre les agresseurs. Il ne manque qu’un zeste d’audace et un soutien des capitaux privés. “Il faut juste que nous osions dire aux investisseurs : nous sommes là, regardez ce que nous faisons”, insiste Laura Warnier, chief growth officer de Sunrise et membre de Syndicate One, qui se donne pour mission de soutenir l’écosystème tech belge.

Le Manager de l’Année 2025 primé par Trends-Tendances s’inscrit parfaitement dans cette lignée. Fabrice Brion, CEO d’I-care, vient de clôturer une levée de fonds qui fait de sa société une nouvelle licorne, le cercle fermé des entreprises de plus d’un milliard. Le slogan d’I-care ? Des racines et des ailes. “Les racines, c’est la région montoise où nous avons notre siège et où nous produisions nos capteurs, nous dit-il. Les ailes, c’est évidemment l’ambition, et notre ambition a toujours été le monde entier. Notre solution fonctionne partout dans le monde. Mais il faut bosser pour cela. C’est un message très important : il faut travailler très dur pour réussir.” De l’innovation, des capitaux et du courage : que 2026 vous nourrisse de ce trio vital.

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