Pour la première fois depuis 2021, l’euro a dépassé le seuil de 1,20 dollar. Une évolution qui reflète l’affaiblissement progressif du billet vert et modifie les équilibres économiques de part et d’autre de l’Atlantique.
Le dollar a subi ces dernières semaines une correction plus marquée, perdant son statut de valeur refuge. Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement, à commencer par les anticipations de baisse des taux aux États-Unis et un contexte monétaire et géopolitique plus incertain.
« On a d’abord la perspective de baisse des taux de la part de la Banque centrale américaine, les pressions exercées sur l’indépendance de la Banque centrale par Trump, le contexte géopolitique et surtout la perspective d’une intervention concertée de la Banque du Japon et de la Réserve fédérale pour faire remonter le yen, ce qui impliquerait de vendre du dollar », explique Bernard Keppenne, économiste en chef de CBC Banque.
Un dollar plus faible renchérit les importations aux États-Unis, ce qui pourrait alimenter l’inflation pour les consommateurs américains. À l’inverse, les exportateurs américains bénéficient d’un avantage de compétitivité. Une situation que le président des États-Unis revendique ouvertement.
“Notre dollar se porte très bien”
« Notre dollar se porte très bien. Si vous regardez la Chine et le Japon, je me battais avec eux parce qu’ils voulaient toujours dévaluer leur monnaie. Ce n’était pas juste, car il est difficile de concurrencer quand ils dévaluent », a déclaré Donald Trump.
Face au billet vert, l’euro s’apprécie. Une évolution contrastée pour l’économie européenne : défavorable pour les entreprises exportatrices vers les États-Unis, mais positive pour les importations de matières premières, désormais moins coûteuses. Cette dynamique pourrait également contribuer à contenir l’inflation en zone euro et, à terme, influencer la politique monétaire de la Banque centrale européenne.
La faiblesse du dollar a par ailleurs soutenu les prix des matières premières cotées en devise américaine. Le pétrole progresse, tout comme l’or, qui a franchi pour la première fois le seuil des 5.200 dollars l’once.