Arnaque: de fausses pubs usurpent le nom de L’Echo et de plusieurs banques pour piéger les investisseurs

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Le visuel – un graphique qui présente le cours de l’action – est assez convaincant. © Getty Images
Mailys Chavagne
Mailys Chavagne Journaliste

Le média économique alerte sur son site internet : son identité, ainsi que celle de diverses banques, a été usurpée et utilisée à des fins frauduleuses. Une série de publicités mensongères incitant les consommateurs à investir de l’argent au nom de L’Echo circulent massivement sur les réseaux de Meta.

Ce type de fraudes est assez commun sur les réseaux sociaux : « Cliquez ici pour recevoir des conseils boursiers », « investissez dans ce produit et vous gagnerez beaucoup d’argent rapidement ». Mais en utilisant le nom du média francophone L’Echo ou de banques reconnues, les escrocs renforcent leur message et l’arnaque devient tout de suite plus convaincante.

Quels sont les signes révélateurs ?

Depuis juillet, plusieurs publicités du quotidien L’Echo circulent sur les réseaux sociaux de Meta (Facebook et Instagram). Le message? Rejoindre le nouveau canal WhatsApp officiel du média pour bénéficier de conseils financiers exclusifs… et entièrement gratuits. Mais derrière cette offre se cache une arnaque visant à soutirer de l’argent ou des données personnelles.

La FSMA, avertie de cette fraude, met en garde : « L’objectif de ces canaux est de soutirer de l’argent ou d’amener les utilisateurs à investir dans des actions sans valeur ». Nous avons également été consulter l’une de ces fameuses annonces et voici les quelques éléments qui nous mettent la puce à l’oreille :

  • Le nom et le logo de l’Echo: dans l’exemple que nous avons pris, le logo n’est pas le bon, même si la typographie et les couleurs sont similaires et peuvent tromper le consommateur. Quant au nom, la publicité semble être sponsorisée par l’Echo1. L’ajout du chiffre à la fin est un indice révélateur.
  • La page Facebook: quand on clique sur ce fameux logo, nous sommes renvoyés vers une page Facebook fantôme, qui ne contient pas de réelles publications et à peine deux photos. Quant à l’adresse indiquée, nous nous retrouvons en plein cœur des États-Unis, et plus précisément à Los Angeles. Soit, bien loin des bureaux bruxellois de l’Echo.
  • Le manque d’éléments: si le visuel – un graphique qui présente le cours de l’action – est assez convaincant, il manque un détail important : le nom de l’action. Ni le texte ni le graphique n’indiquent de quelle action il s’agit.
  • Des erreurs de mise en page: l’Echo souligne également une mauvaise utilisation des majuscules et des minuscules dans certaines parties de l’annonce. Dans notre exemple, c’est également le cas.
  • Des URL suspectes: d’un côté, on nous invite à nous abonner via un lien étrange. De l’autre, en observant les ressources supplémentaires de l’annonce via Meta Ad Library – la « Bibliothèque publicitaire » de la maison mère de Facebook et Instagram – un nouvel URL étrange est indiqué « http://gstsygok.shop/ ».
fraude L'Echo Facebook
fraude L'Echo Facebook

Des milliers de vues

D’après une analyse de l’Echo, au moins 5800 fausses publicités ont été diffusées auprès du public belge sur Facebook et Instagram depuis le 1ᵉʳ juillet 2025. Et si la plupart d’entre elles ne restent en ligne que quelques heures – la nôtre a été activée le 28 août 2025 et a été désactivée au bout de 18 heures – elles sont vues par de nombreuses personnes.

La publicité que nous avons analysée a ainsi été vue au moins 9111 fois en Belgique. Le public le plus touché, selon Meta ? Les hommes de plus de 65 ans. Mais la couverture est bien plus large, puisque le public cible s’étend de 18 ans à 65+.

fraude L'Echo Facebook

Modus operandi : une arnaque bien ficelée

L’Echo et la RTBF ont mené également leur enquête : ils ont cliqué sur l’une de ces fameuses publicités. Voici le modus operandi des escrocs :

  • Les arnaqueurs, basés à l’étranger (souvent en Asie), créent ou volent un compte Facebook. Dans notre cas, il s’agit clairement d’un faux compte créé dans l’unique but de piéger les internautes. Les escrocs utilisent alors des marques connues pour renforcer leur légitimité (ici, l’Echo).
  • Les fausses publicités sont alors diffusées en masse via ces faux comptes.
  • Après avoir cliqué, les victimes peuvent être dirigées vers un court questionnaire sur leur expérience en investissement, puis vers WhatsApp.
  • Les groupes WhatsApp sont principalement composés de faux profils et d’un nombre limité de personnes réelles, ce qui permet aux escrocs de contrôler entièrement la conversation.
  • À partir de là, plusieurs méthodes sont possibles : soit les escrocs fournissent des soi-disant conseils boursiers et incitent les internautes à investir à leur tour, soit les escrocs tentent de récolter des informations personnelles pour personnaliser leur arnaque et rassurer les internautes afin de les encourager à investir. Chaque jour, des performances d’actions sont détaillées, et des conseils d’investissement sont partagés.
  • Et quand le poisson a mordu à l’hameçon, il est déjà trop tard. L’argent ne sera jamais investi, et sera le plus souvent versé sur des comptes opaques intraçables.

Distinguer le vrai du faux

L’usurpation du nom de L’Echo prouve à quel point les fraudeurs rivalisent d’ingéniosité pour piéger les internautes. Rappelez-vous: les médias reconnus ne vont jamais encourager les internautes à investir de l’argent réel en bourse par le biais de WhatsApp ou de réseaux sociaux. « Ce n’est pas leur rôle », insiste de son côté l’Echo.

Si vous tombez sur ce genre de publicités, méfiez-vous. Avant d’investir ou de cliquer sur une annonce, prenez toujours le temps de vérifier l’URL et la source officielle: peut-être ont-ils effectivement lancé un concours spécial pour les investisseurs?

C’est notamment le cas de Trends-Tendances, qui a lancé en 2025 un concours boursier pour investisseurs: le Trends Invest Challenge (qui sera relancé fin septembre). Ce jeu a été réalisé à titre exclusivement éducatif: il n’était pas question d’investir de l’argent réel, mais uniquement fictif. L’objectif? Faire fructifier son portefeuille autant que possible et tester son succès boursier de manière très accessible et sans aucun risque.

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