Augmentation de l’eau, véhicules interdits par la LEZ, tarifs postaux en hausse… voici ce qui impactera directement votre portefeuille en 2026

Muriel Lefevre
Muriel Lefevre Journaliste multimédias

Une nouvelle année commence et souvent cela équivaut à de gros changements pour votre argent ; 2026 n’échappe pas à cette tradition. Voici les changements qui entreront en application le 1er janvier 2026 pour votre portefeuille.

Le prix de l’eau grimpe de 12,5% en Région bruxelloise

Vivaqua, fournisseur de l’eau en Région bruxelloise, augmentera ses tarifs de 12,5% dès le 1er janvier 2026, a confirmé Brugel, le régulateur bruxellois en charge du contrôle du prix de l’eau, du gaz et de l’électricité.

Vivaqua a justifié cette augmentation par un important taux de factures non payées. Brugel estime que le taux annoncé par le fournisseur d’eau de 1,5% d’impayés était sous-estimé par rapport à la réalité des pertes enregistrées, plutôt de l’ordre de 4%.

Selon Brugel, cet ajustement des prix implique, pour un ménage moyen consommant 62 mètres cubes par an, une hausse annuelle de 41,5 euros, soit environ 1,7 euro par mois et par personne. Cette croissance demeure toutefois un “rattrapage exceptionnel”, prévient le régulateur, qui affirme que cette mesure “ne se reproduira pas les années suivantes”.

L’interdiction des véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 à Bruxelles

L’interdiction en Région bruxelloise des véhicules diesel de norme Euro 5 et essence de norme Euro 2 sera effectivement contrôlée à partir du 1er janvier 2026, a confirmé l’agence régionale Bruxelles Environnement. Celle-ci enverra aux propriétaires des véhicules concernés un courrier d’avertissement, les informant qu’une amende pourra leur être transmise en cas de nouvelle infraction trois mois plus tard.

Cela signifie que les voitures, camionnettes, bus et camions diesel Euro 5 et essence Euro 2, ainsi que les motos Euro 1 et Euro 2 ne peuvent plus circuler dans la Région bruxelloise. Cela représente environ 7% du parc automobile en circulation dans la capitale, soit environ 225.000 véhicules uniques sur un trimestre, dont 33.000 immatriculés à Bruxelles, estime Bruxelles Environnement.

Une période de transition était toutefois en place depuis septembre “pour permettre aux automobilistes de s’adapter”, précise l’agence régionale. Dès le 1er janvier 2026, les propriétaires d’un véhicule qui n’est pas en conformité recevront un courrier d’avertissement, avant d’être punis d’une amende en cas de nouvelle infraction trois mois plus tard. “Une seule amende est envoyée par trimestre”, ajoute Bruxelles Environnement.

Proximus et bpost augmentent leurs tarifs

La compagnie de télécoms Proximus augmentera les tarifs de la plupart de ses packs à partir du 1er janvier 2026. Les hausses iront d’un à quatre euros, selon les services concernés.

Les packs Flex (à l’exception du “Flex +” lancé en mars 2025) grimperont ainsi de deux à quatre euros, selon les options prévues, de même que les packs Beats. La hausse sera de trois à quatre euros pour les packs Epic Combo. Pour le pack de la marque sœur Scarlet Trio, le tarif augmentera de 3 euros.

Les abonnements mobiles connaîtront pour leur part une croissance d’un euro, contre trois euros pour un abonnement simple à l’internet fixe. Pour le téléphone fixe, l’augmentation sera de minimum 1,75 euros. Cela concerne également le tarif social qui passera à 24,48 euros par mois dès la nouvelle année. Les tarifs par appel et par minute seront plus chers de 10 centimes d’euro.

Les options TV connaîtront aussi l’inflation, avec une augmentation d’un euro pour l’option TV Replay + ou pour la location d’un deuxième décodeur TV. Un prix plus élevé de 50 centimes d’euro est aussi prévu pour le prêt d’un Wi-Fi Booster.

Proximus justifie cette adaptation des prix par “l’augmentation continue des coûts” liés aux salaires et aux matériaux.

bpost augmente également ses tarifs de 6 % au 1er janvier 2026, avec une possible hausse supplémentaire de 3 % en cours d’année si l’inflation dépasse les prévisions.

La déductibilité des dons réduite de 45% à 30%

La déduction fiscale des dons passe de 45% à 30% à partir de l’année d’imposition 2026, avec application à tous les dons faits depuis le 1er janvier 2025. De nombreuses organisations s’inquiètent des conséquences de cette réduction.

La mesure figurait dans l’accord de coalition de l’Arizona et a été votée au Parlement à la mi-décembre. Les conditions d’octroi d’une attestation fiscale ne changent cependant pas. Le montant annuel minimum pour avoir droit à une attestation fiscale reste fixé à 40 euros, mais il entraînera un avantage fiscal de 12 euros, contre 18 auparavant. La déductibilité fiscale s’applique uniquement aux dons directs à une institution ou organisation agréée.

À l’annonce de la réduction de la déductibilité fiscale, plus de 470 organisations belges avaient publié une lettre ouverte pour mettre en garde contre ses conséquences. L’organisation 11.11.11, Amnesty International ou encore la Fondation Roi Baudouin qualifient la mesure d'”attaque contre la générosité”, qui menace des milliers d’initiatives.

Taxation sur les plus-values

Alors que la taxe de 10%  sur les plus-values réalisées sur les actifs financiers bel et bien en vigueur dès le 1ᵉʳ janvier 2026, le cadre légal ne sera probablement voté que plus tard. Une situation inhabituelle qui, sans créer de véritable rétroactivité, complique la mise en place du prélèvement à la source par les banques. Entre période transitoire et choix entre l’opt-in (retenue à la source via la banque qui prélève directement) et l’opt-out (le contribuable déclare lui-même ses plus-values), il faudra bien naviguer car il n’y aura pas de prélèvement rétroactif.

Pour protéger les petits investisseurs, une exonération annuelle est prévue pour les premiers 10.000 euros de plus-value qui peuvent être récupérés via la déclaration fiscale. Seules les plus-values générées à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 seront concernées : les gains antérieurs restent hors du champ d’application.

À noter que la taxe reste toutefois due dès le 1ᵉʳ janvier, sans aucune exemption. “La période transitoire ne modifie pas cette obligation”, insiste François Collon. Tant que la retenue n’est pas en place, ces plus-values devront être déclarées dans la déclaration à l’impôt des personnes physiques en 2027.” 

Opt-out/opt-in

Et donc ? Pour la période allant du 1ᵉʳ janvier au 1ᵉʳ juillet 2026, le régime par défaut sera celui de l’opt-out, mais le contribuable pourra choisir l’opt-in. Dans ce cas, la banque pourra verser un précompte couvrant la période du 1ᵉʳ janvier au 1ᵉʳ juillet, au plus tard le 30 septembre 2026. Ce n’est qu’après que le système retrouvera son fonctionnement normal, avec le choix classique entre opt-in et opt-out.

La grosse nouveauté est que cette taxe concernera désormais aussi les gains en cryptomonnaie.

On notera aussi que le 1ᵉʳ janvier 2026, la directive européenne DAC 8 entrera en vigueur. Elle oblige les plateformes crypto à transmettre aux administrations fiscales des États membres des informations telles que l’identité du détenteur et les données des transactions de son portefeuille. Ces informations seront automatiquement échangées entre les pays de l’UE. L’administration fiscale aura ainsi une vue complète des activités crypto des investisseurs. De quoi encore mieux taxer les plus-values.

Doublement de la taxe sur les comptes-titres

La mesure phare du paquet “épaules larges” du gouvernement concerne le doublement de la taxe sur les comptes-titres. Le taux actuel de 0,15% applicable aux portefeuilles dont la valeur moyenne excède 1 million d’euros passera à 0,30%.

Néanmoins,si le taux double, le champ d’application reste inchangé. Concrètement, les actions nominatives, actuellement exclues de la taxe, le resteront.

La taxe de 2 euros sur les colis

La Belgique devait, ainsi que la France, les Pays-Bas et le Luxembourg, introduire une taxe de 2 € sur les petits colis (moins de 150 €) venant de pays hors UE, dès le 1er janvier 2026, pour financer les contrôles douaniers, cette taxe s’ajoutant aux coûts habituels et devant être payée à la réception par le consommateur. 

Mais le 24 décembre le cabinet Jambon a confirmé l’abandon du projet national. Ainsi, il ne faudra pas créer une loi belge pour quelques mois, pour ensuite basculer vers le système européen en juillet. La taxe à l’importation de 3 euros s’appliquera dès juillet aux colis de moins de 150 euros provenant de l’extérieur de l’Union européenne. Aujourd’hui, les consommateurs ne doivent pas encore payer de droits d’importation sur ces colis bon marché.

Le prix de l’eau grimpe de 12,5% en Région bruxelloise

Augmentation du ticket modérateur sur les médicaments

À partir du 1er janvier 2026, le coût minimum d’un médicament en pharmacie sera d’un euro par boîte pour les personnes bénéficiant d’une intervention majorée (BIM) et de deux euros par conditionnement pour les autres. Cette augmentation fait suite à une proposition de loi de Jan Bertels – un député du parti du ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) – adoptée fin 2025 par la Chambre.

Le ticket modérateur correspond au montant qu’un patient paie de sa proche pour des frais médicaux. À l’avenir, il faudra donc débourser au moins deux euros de ticket modérateur pour les médicaments enregistrés. Les personnes bénéficiant d’une intervention majorée devront, elles, s’acquitter d’un euro minimum. Le ticket modérateur du médicament ne changera pas s’il était déjà supérieur à un ou deux euros.

Seuls les médicaments délivrés dans les officines publiques sont concernés, la mesure ne vaut donc pas pour les médicaments délivrés à l’hôpital.

Baisse du remboursement Inami de certains médicaments hospitaliers

L’intervention de l’assurance soins de santé pour certains médicaments délivrés à l’hôpital diminuera à compter du 1er janvier prochain, passant de 85% à 78%. Les hôpitaux devront désormais financer eux-mêmes 22% du coût de ces médicaments, contre 15% auparavant.

Ce changement de tarification concerne les médicaments pour lesquels il existe une alternative générique ou biosimilaire et auxquels le système du remboursement de référence s’applique, ainsi que les produits de contraste utilisés lors d’examens médicaux.

Le système du remboursement de référence reste d’application, et la modification ne change pas, en principe, le ticket modérateur payé par les patients.

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