Revenu cadastral, déductions fiscales, chauffage, primes: ce qui change en 2026 pour votre habitation

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Muriel Lefevre
Muriel Lefevre Journaliste multimédias

Intérêts hypothécaires, chaudières au mazout, accises sur le gaz… : en 2026, plusieurs mesures clés vont impacter directement l’immobilier en Belgique. Des changements qui pèseront à la fois sur le coût du financement et celui de l’énergie, avec des conséquences concrètes pour propriétaires et acheteurs.

Les intérêts hypothécaires

À partir du 1er janvier 2026, fini de déduire de ses revenus imposables les intérêts liés au remboursement d’emprunts immobiliers autres que la résidence principale. Fini d’alléger sa facture fiscale de la sorte pour les logements secondaires et les biens locatifs, y compris pour les crédits en cours.

Si légalement, on ne peut pas parler de rétroactivité, sous l’angle moral et financier, cela en a tous les effets. Entre le précompte immobilier, les charges, les travaux énergétiques obligatoires (PEB) et l’impossibilité de déduire quoi que ce soit, la mesure pèse lourd. Et autant prévenir, cette suppression risque en effet de s’avérer particulièrement brutale dans certains cas.

Chaudière au mazout

Dès le 1er janvier 2026, une interdiction de placement s’appliquera à tous les bâtiments neufs, résidentiels ou non. Un an plus tard, le 1er janvier 2027, ce sera au tour de tous les bâtiments ayant fait l’objet d’une rénovation profonde et pouvant dès lors être assimilés à du neuf.

Dans le même temps, une interdiction d’installation, de modernisation et de remplacement des chaudières au mazout vaudra dans tous les bâtiments, à condition qu’un réseau de gaz naturel soit disponible. Le parc wallon compte près de 700.000 chaudières au mazout selon les estimations du SPW, soit environ la moitié des ménages wallons.

Les chaudières au mazout déjà installées ne sont pas concernées par une obligation de retrait. Elles peuvent continuer à fonctionner sans limite de temps tant qu’elles sont encore en état de marche.

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La hausse des accises sur le gaz

L’accord budgétaire finalisé fin novembre prévoit une hausse progressive des accises sur le gaz dès 2026. Le gouvernement fédéral compte faire entrer 365 millions d’euros dans les caisses de l’État avec l’opération. Les détails ne sont pas encore connus, mais l’objectif est d’arriver en 2029 à des accises qui auraient un “effet similaire à une TVA à 12%”. Dans le même temps, les accises sur l’électricité vont baisser.

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Indexation du revenu cadastral

En 2026, le précompte immobilier augmentera mécaniquement de 2,5% (coefficient passant de 2,24 à 2,3), sous l’effet du nouveau coefficient d’indexation du revenu cadastral. Une hausse à laquelle pourraient s’ajouter des relèvements de taxes communales, encore incertains mais redoutés.

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Fin des primes à la rénovation

À partir d’octobre 2026, la Wallonie mettra fin aux primes à la rénovation au profit de prêts, via les dispositifs Rénopack (taux zéro) et Rénoprêt (taux variable selon les revenus). L’accès à ces aides sera conditionné, notamment, à la réalisation d’un audit et à des travaux combinant salubrité et performance énergétique. Avec la possibilité de profiter d’une réduction du montant à rembourser pour les projets qui permettent “un saut de label” de performance énergétique. Ce nouveau cadre vise un système plus lisible, mieux ciblé et financièrement soutenable pour la Région.

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TVA plus favorable pour les pompes à chaleur 

La nouvelle année marquera une réduction de la TVA applicable aux pompes à chaleur, qui passera de 21 à 6 %. Une mesure qui s’appliquera pendant une période de cinq ans.

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Fournisseurs d’énergie: les services clients doivent être joignables

Dès le 1er janvier, les services clients des fournisseurs de gaz et d’électricité devront être obligatoirement joignables par téléphone de 9h00 à 17h00 durant les jours ouvrables, ainsi que par e-mail. Cela ne s’appliquera qu’aux contrats d’énergie conclus ou renouvelés à partir de 2026.

Les services clientèles des fournisseurs d’énergie pourront être joints par téléphone au moins de 9h00 à 17h00 durant les jours ouvrables, sans frais supplémentaires. Les clients devront également avoir la possibilité de les contacter par e-mail.

Une exception est prévue pour les contrats exclusivement en ligne. Les fournisseurs peuvent en effet proposer des contrats qui excluent la possibilité le contact téléphonique, mais seulement à la condition que cette exclusion est clairement communiquée par écrit au client avant la conclusion du contrat, si le client a consenti par écrit à cette exclusion et si le fournisseur reste toujours joignable par e-mail.

Une clause de rappel obligatoire est tout de même prévue : un client qui a signé un contrat exclusivement en ligne peut ainsi toujours demander à un fournisseur un contact par téléphone. Il est alors prévu que le fournisseur téléphone au client dans un délai de deux jours ouvrables à dater de la réception de la demande.

Ces obligations s’appliquent aux contrats de gaz et d’électricité des clients résidentiels conclus ou renouvelés après le 1er janvier 2026.

Electricité: plus d’heures creuses pour la consommation

Le tarif bihoraire, qui établit une distinction entre les heures “pleines” et “creuses”, suivra une nouvelle plage horaire en Wallonie à partir du 1er janvier. De nouvelles heures creuses seront actives de 11h à 17h tous les jours.

La consommation d’électricité durant les heures pleines est facturée à un tarif plus élevé que celles enregistrées pendant les heures creuses. Celles-ci englobent pour le moment la nuit, de 22h à 7h, et tout le week-end.

A partir du 1er janvier, une nouvelle plage d’heures creuses sera disponible chaque jour entre 11h et 17h, du lundi au dimanche. L’électricité sera alors au même tarif que la nuit. Les heures pleines seront donc aussi d’application le week-end, de 7h à 11h et de 17h à 22h. Au total, les consommateurs profiteront de 12 heures creuses supplémentaires par semaine.

Ce changement s’explique par l’évolution de la consommation d’électricité avec les voitures électriques, les systèmes de chauffage et de climatisation comme les pompes à chaleur. Les périodes de très forte consommation, souvent en début de matinée ou en soirée, sollicitent davantage le réseau. La Région wallonne souhaite donc inciter les consommateurs à déplacer certains usages en dehors de ces moments critiques, afin d’atténuer les pointes et d’assurer la stabilité du réseau.

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