La SNCB et le Tec seront fortement perturbés durant toute cette semaine en raison d’actions de grève menées en front commun. Mais quel en sera l’impact sur les travailleurs? Quels sont leurs droits et devoirs ?
Du 26 au 30 janvier, cinq syndicats du rail se sont rassemblés pour cinq jours de grèves. Les trains seront même à l’arrêt dès dimanche 25 janvier à partir de 22h00, jusqu’au vendredi 30, même heure. Avec cette grève, les représentants des cheminots dénoncent la détérioration du service public et s’opposent à l’avant-projet de loi réformant les chemins de fer.
Le front commun syndical élargi attaque donc en force cette année 2026 avec cinq jours de grève. 2025 n’avait déjà pas été complètement serein sur le rail. La SNCB a dénombré 27 jours de grève au total, dont 21 jours uniquement à l’initiative des syndicats cheminots. La plus longue paralysie était survenue quelques semaines après la constitution du gouvernement Arizona lorsque la grève avait duré neuf jours, du 22 février au 2 mars, avant huit journées supplémentaires fin mars.
Lors de chaque mouvement de ce type, la SNCB met en place un plan de transport alternatif, basé sur les intentions de grève du personnel. Il en sera de même cette fois. Le planning sera établi 48 heures à l’avance.
Et les Tec et Stib
De plus, les transports en commun wallons (Tec) seront également fortement perturbés la semaine prochaine en raison d’actions de grève menées en front commun sur tout son réseau. Le front commun syndical s’oppose aux mesures d’économie demandées par le gouvernement wallon à l’Opérateur de Transport de Wallonie (OTW), qui chapeaute le Tec, dans le cadre de la révision du Contrat de service public. Les syndicats dénoncent des économies réalisées sur le dos des travailleurs.
La Stib devrait aussi connaître son lot de perturbations, mais de façon plus limitée. Aucun appel à la grève n’a été lancé actuellement pour les transports en commun bruxellois. Hier, les responsables de la Stib ne pouvaient encore déterminer l’ampleur des perturbations.
Et pour les travailleurs ?
On parle souvent de “droit de grève”, mais il est bon de rappeler que la grève n’est pas inscrite dans la constitution belge, comme beaucoup le pensent à tort. Alors quels sont les droits des travailleurs qui ne font pas grève et qui veulent/doivent se rendre sur leur lieu de travail ? Le point avec Kathelijne Verboomen, Directrice Centre de connaissance, chez Acerta.
En cas de grève, quels sont les droits des travailleurs pris en « otages » par celle-ci?
Il faut d’abord faire la différence entre une grève sauvage et une grève annoncée. En cas de grève annoncée des transports, comme celle de la semaine prochaine, employeurs et travailleurs doivent prendre les mesures qui s’imposent.
Dans le chef de l’employeur, il devra proposer des alternatives comme le télétravail. Quant aux travailleurs, on attend d’eux qu’ils prennent des initiatives raisonnables, comme partir plus tôt de chez eux, si le télétravail n’est pas possible.
Mais en aucun cas, un employeur ne peut vous obliger à télétravailler ; c’est en principe volontaire. Vous ne pouvez pas non plus l’exiger si aucun cadre n’est prévu ou si votre employeur n’est pas d’accord.
Donc un travailleur peut télétravailler un jour de grève des chemins de fer ?
Oui, si l’employeur l’a proposé. Ou alors le travailleur peut demander l’autorisation de télétravailler à son patron. Autorisation qui lui sera d’autant plus facilement accordée si un cadre structurel de télétravail est déjà mis en place dans la société.
Si le télétravail n’est pas possible, car, par exemple, la fonction exercée ne le permet pas. Alors on attend du travailleur soit qu’il se rende sur son lieu de travail, soit qu’il prenne congé ou autre…
Un employeur peut-il malgré tout demander ou obliger les travailleurs à venir au bureau?
Encore une fois, des efforts raisonnables sont attendus. Puisqu’on sait qu’il y aura des perturbations, on peut raisonnablement attendre du travailleur qu’il vérifie s’il peut venir en train via le service minimum mis en place par la SNCB.
Si ce n’est pas possible, il doit envisager un autre moyen de transport : la voiture, le vélo, le covoiturage… Le taxi n’est pas considéré comme un effort raisonnable. De plus, si cela devait leur coûte plus cher, que le coût d’un trajet habituel, ce « supplément » est à leur charge. Il existe néanmoins quelques nuances pour l’indemnité vélo.
Un travailleur peut-il encore décider le jour même de télétravailler. Par exemple en raison de longs embouteillages sur le trajet domicile-travail ?
Si jamais en se rendant à son travail, il se retrouve « prisonnier » dans des embouteillages, et qu’il fait demi-tour, il doit en avertir directement son supérieur afin que son absence ne soit pas considérée comme non autorisée.
Même s’il fait demi-tour pour télétravailler. On en revient à demander l’autorisation de télétravail, et est-ce que le télétravail est déjà structurellement mis en place.
Que se passe-t-il si le travailleur arrive en retard en raison des perturbations liées à la grève ? Risque-t-il une retenue sur son salaire ?
En principe, en cas de grève annoncée, le travailleur doit anticiper (partir plus tôt, etc.) afin d’arriver à l’heure. En cas de retard, il ne sera pas payé. Et l’employeur a intérêt à informer clairement les travailleurs de la situation, afin que personne ne puisse invoquer l’ignorance.
Mais si en arrivant sur son lieu de travail, le travailleur est empêché d’entrer dans le bâtiment, car il y a un piquet de grève, il pourrait, sous certaines conditions, prétendre à des allocations de chômage auprès de l’ONEM.
Un travailleur peut-il demander des horaires flottants, et combien de temps à l’avance cela doit-il être fait ?
Comme le télétravail, les horaires flottants ne sont possibles que si ce système est déjà mis en place par l’entreprise. Sinon, le travailleur ne peut pas l’imposer.
Tout comme décider le jour même de télétravailler : cela dépend entièrement de la politique de télétravail existante.
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