Impôts, IA et ce “non” qui a tout changé : le Manager de l’Année 2025 raconte les coulisses de son ascension fulgurante. Entre humour et lucidité, Fabrice Brion, le fondateur d’I-Care, livre ses secrets de management et explique pourquoi l’humain reste imprévisible… même quand on maîtrise l’intelligence artificielle
Sur la scène du gala Trends-Tendances, Fabrice Brion, fondateur d’I-Care, a reçu ce mercredi le titre de Manager de l’Année 2025 des mains du Premier ministre. Une consécration qui s’ajoute à une année exceptionnelle : levée de fonds valorisant l’entreprise à 1 milliard d’euros, statut de licorne wallonne, et un objectif d’entrée en bourse en 2026-2027.
“Le bonheur n’est pas encore taxé en Belgique, sinon tu serais à la tranche supérieure”, lance Amid Faljaoui en ouverture de ce Trends Talk à écouter ci-dessous. Fabrice Brion enchaîne avec humour sur la fiscalité belge avant de redevenir sérieux : “Ça ne me gêne pas de payer des impôts, mais pour ces impôts, on devrait également avoir des services qui sont au même niveau.”
Maintenance prédictive… sauf pour l’humain
Comment expliquer qu’une entreprise ultra-technologique, dopée à l’IA, continue d’engager massivement ? “Dans la tech plus qu’ailleurs, le talent humain est primordial”, répond le lauréat. “Ces technologies, ces softwares, nos capteurs… tout ça doit être programmé, tout ça doit être pensé.” Plus de 1.000 personnes travaillent désormais pour I-Care, avec un turnover inférieur à 2%.

Interrogé sur l’application de sa maintenance prédictive au management, Fabrice Brion sourit : “Plus on sait ce qu’on a besoin pour prédire les casses des machines, plus on sait que l’humain est imprévisible.” Son secret ? Donner du sens – “changer la manière dont le monde fonctionne” – et viser le bonheur au travail pour lutter contre les maladies de longue durée.
Le “non” salvateur
Et ce refus qui l’a propulsé ? Celui d’un ancien patron chez Emerson qui avait jugé son mémoire de fin d’études sur la maintenance prédictive “totalement inutile”. “C’est ça qui m’a fait quitter l’entreprise et me lancer dans le défi d’I-Care”, confie-t-il.
Dernier conseil pour les entrepreneurs wallons ? “Notre plus grosse erreur a été de ne pas aller assez vite sur les marchés d’export lointains comme les États-Unis. On a souvent très peur des Américains. Et pourtant, c’est un marché culturellement beaucoup plus proche du nôtre que l’Afrique ou l’Asie.”