Les entreprises qui proposent une voiture de société à leurs employés seront bientôt obligées d’également proposer un budget mobilité. Mais la pénétration de cet avantage extra-légal reste aujourd’hui très limitée.
Les avantages extra-légaux, sport national en Belgique. C’est un moyen de gagner plus, en net, avec des frais qui sont couverts par l’employeur, en somme.
Budget mobilité
Parmi ces différents avantages, il y a notamment le plan ou budget mobilité. De plus en plus d’entreprises le proposent, montre une nouvelle étude du fournisseur de services RH Acerta. Ainsi, en 2025, le nombre d’entreprises l’offrant est en hausse de 31%. Ce sont maintenant 4,51% des entreprises proposant des voitures de société qui offrent aussi un budget mobilité – ce qui reste très limité, malgré la hausse.
Chez les PME, le budget mobilité est plus souvent instauré que dans la moyenne de toutes les entreprises belges. Près de 13% des entreprises dotées de voitures de société et de 50 travailleurs ou plus le proposent déjà (+6% en un an). Pour les PME disposant de voitures de société et comptant entre 15 et 50 travailleurs, c’est près de 7% (+29%).
La voiture de société, voilà tout l’enjeu, d’ailleurs. Le budget mobilité est une alternative. “Les travailleurs dont la fonction les rend éligibles à une voiture de société peuvent dépenser le budget ou une partie de celui-ci comme bon leur semble : pour une voiture plus petite et plus écologique, pour d’autres moyens de transport durables comme un vélo, les transports en commun et la mobilité partagée et/ou pour des espèces”, explique Acerta. Ces espèces peuvent par exemple servir à payer une partie du loyer ou de l’emprunt hypothécaire, si le travailleur habite à proximité de son travail.
Mal aimé des travailleurs
Cette dernière option est généralement la plus plébiscitée parmi les travailleurs. Mais l’année dernière, sa cote a un peu baissé : ils étaient 12% en moins à la choisir. Le deuxième pilier, à savoir un autre moyen de transport que la voiture, a gagné en intérêt (+22%).
Mais le budget mobilité ne passionne pas vraiment les foules : seul 4% des travailleurs le préfèrent à la voiture de société. Un chiffre en hausse de 2% en un an.
Obligatoire
La pénétration très limitée du budget mobilité est cependant appelée à fortement augmenter, à l’avenir. Le proposer aux travailleurs deviendra obligatoire pour toutes les entreprises qui offrent une voiture de société à leurs employés. En 2027 pour les entreprises de plus de 50 travailleurs et en 2028 pour les PME de moins de 50 travailleurs.
Cette obligation future explique d’ailleurs la hausse des chiffres, en 2025 : “Ce sont surtout les entreprises qui seront obligées d’introduire un budget mobilité dans les années à venir qui prennent de l’avance”, explique Acerta. Mais il y aussi de nombreuses raisons qui font que les entreprises ne se précipitent pas pour instaurer ce budget mobilité. Dont un manque de clarté concernant les obligations et les exceptions (72%), des contrats de leasing, de location ou autres en cours pour les voitures de société (48%) et un manque de demande de la part des travailleurs (42,7%).
“Non merci”
Si ce n’était pour l’obligation légale, les entreprises belges se passeraient d’ailleurs bien de ce budget mobilité. C’est ce que montre le sondage d’Acerta. À la question “si vous êtes exempté de l’obligation, proposeriez-vous quand même un budget mobilité ?”, 70% des entreprises de moins de 50 employés répondent non. Pour les entreprises de 50 à 249 employés, 55% déclinent. Tout comme la moitié des entreprises plus grandes.
Pour les petites entreprises, c’est d’ailleurs une réelle question de faisabilité. 43,9% parmi elles (1-49 employés) considèrent le budget mobilité comme “(totalement) irréalisable”. Pour les entreprises d’une taille au-dessus, c’est 31,6%, et 26,4% chez les grandes entreprises.
Reste à voir comment elles appliqueront l’obligation, et surtout si cette obligation aura un impact sur l’engouement toujours très limité des travailleurs. Tout ça pour ça ?