Toujours plus de malades de longue durée, mais une embellie pour les absences de courte et moyenne durée

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Jennifer Mertens

L’absentéisme de longue durée – dans le viseur du gouvernement Arizona -, a poursuivi sa progression en 2025, alors même que la situation s’améliore pour les absences de courte et de moyenne durée. Une situation qui met la pression sur les finances des entreprises et qui est vouée à augmenter.

Dans le secteur privé, 3,14 % des travailleurs étaient absents depuis plus d’un an l’an dernier. Un chiffre en nette augmentation, selon les calculs de SD Worx, établis sur la base de plus de 1,2 million de travailleurs auprès de 37 000 employeurs belges. Par rapport à 2020, où cette proportion s’élevait à 2,65 %, la hausse atteint 18 %.

À l’inverse, l’absentéisme de courte et moyenne durée recule. En 2025, 65 % des travailleurs ont été absents au moins un jour pour une maladie de courte durée, tandis que la part des travailleurs absents plus d’un mois, mais moins d’un an, passe sous la barre des 13 %. Près d’un travailleur sur trois (30 %) n’a connu aucune absence de courte ou moyenne durée, une amélioration sensible par rapport à l’année précédente.

Cette évolution positive ne suffit toutefois pas à alléger la facture pour les entreprises. Plus d’une journée de travail sur dix (10,14 %) reste perdue en raison des maladies, maintenant une pression financière élevée. Et cette pression devrait encore s’intensifier en 2026 avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles.

Des coûts appelés à augmenter en 2026

La nouvelle année marque en effet l’application des mesures de responsabilisation prévues par le gouvernement. Désormais, les employeurs comptant au moins 50 travailleurs devront contribuer financièrement à l’indemnité de maladie durant le deuxième et le troisième mois d’incapacité de travail. Concrètement, cette contribution de solidarité s’élèvera à 30 % de l’indemnité versée par la mutuelle.

« Malgré la légère tendance à la baisse de l’absentéisme de courte et moyenne durée, le coût de la maladie sur le lieu de travail continue d’augmenter chaque année. En 2025, le coût direct de l’absentéisme de courte durée atteint en moyenne 160.000 euros pour une organisation de 100 travailleurs », souligne Thomas Lesseigne, Advanced Legal HR Consultant chez SD Worx.

Les absences de longue durée pèsent particulièrement lourd : elles représentent 3,86 % des journées de travail perdues, contre 3,75 % en 2024, confirmant une tendance structurelle à la hausse.

Les PME (presque) épargnées

La taille de l’entreprise demeure un facteur déterminant. Les PME de moins de 20 travailleurs affichent les meilleurs résultats : 45 % de leurs collaborateurs n’ont connu aucune absence de courte durée en 2025. À l’autre extrême, dans les organisations de plus de 500 travailleurs, cette proportion tombe à un travailleur sur trois.

Même constat pour les absences de moyenne durée : moins d’un travailleur sur dix est absent plus d’un mois dans les très petites structures, contre un sur sept dans les entreprises d’environ 500 salariés et un sur six dans celles de plus de 1 000 travailleurs. Pour l’absentéisme de longue durée, l’écart est encore plus marqué, avec un taux plus de deux fois supérieur dans les grandes organisations que dans les plus petites.

« Plus l’organisation est petite, plus les dirigeants sont proches des travailleurs. Néanmoins, nous constatons que les grandes organisations s’efforcent également de réintégrer les travailleurs après une absence pour maladie. Les employeurs ont tout intérêt à affiner leur politique avec des actions ciblées », conclut Thomas Lesseigne.

Avec la politique du gouvernement Arizona pour 2026, la tendance globale devrait s’améliorer, également pour les malades de longue durée. Il est en effet question de serrer fortement la vis, avec des mesures plus strictes : premiers certificats limités à trois semaines, consultation annuelle obligatoire sous peine de perdre ses indemnités. Avec pour objectif premier : remettre 100.000 malades de longue durée au travail d’ici 2029.

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