Tout sur Dexia

Les coopérateurs et leurs avocats ont pris la parole mercredi, au cinquième et dernier jour du procès Arco devant le tribunal de l'entreprise de Bruxelles. Lorsqu'ils ont souscrit des parts de coopérative dans les sociétés Arco, nombre d'entre eux ont souligné qu'on ne leur avait jamais dit qu'il y avait un risque. Ce mot n'a même jamais été prononcé, ont-ils souligné.

Près de 10 ans après la mise en liquidation d'Arco, débute ce mercredi, dans les anciens bâtiments de l'Otan, le premier procès lié à la chute de l'ancien bras financier du mouvement ouvrier chrétien. Le holding Arco (Arcopar, Arcoplus et Arcofin), important actionnaire de Dexia, a été mis en liquidation en novembre 2011 dans la foulée de la débâcle du groupe bancaire franco-belge. Près de 800.000 coopérateurs d'Arco ont alors vu partir en fumée quelque 1,5 milliard d'euros d'épargne, estime-t-on.

La banque résiduelle Dexia pourra bénéficier de garanties d'Etat de 2022 à 2031. La Belgique et la France se sont accordées pour prolonger les garanties. Le Luxembourg n'y participe plus et le plafond a été abaissé de 85 à 75 milliards d'euros, a confirmé Dexia lundi.

Le dossier concernant 2.400 anciens coopérants d'Arco, qui vise notamment l'ancienne dirigeante Francine Swiggers, l'État belge et Belfius, sera traité en juin par le tribunal de l'entreprise de Bruxelles. Les audiences ont été fixées aux 9, 10, 17, 18 et 30 juin. Elles auront lieu au bâtiment Justitia à Haren, a indiqué lundi le porte-parole du tribunal.

L'enquête judiciaire au sujet des montages que Dexia avait organisés pendant des années à partir du Luxembourg pour ses clients belges n'a finalement rien donné. Le juge d'instruction bruxellois Michel Claise a trouvé porte close côté luxembourgeois, rapporte samedi L'Echo.

La saga Arco a vécu une nouvelle péripétie vendredi dernier. Le tribunal de l'Union européenne a annulé l'interdiction de paiement à titre de garantie prise par la Commission.

La Belgique arrivera-t-elle à sortir de la plus grande crise bancaire de son histoire sans pertes financières ? Tout dépend de Dexia. Et de Wouter Devriendt qui tient les rênes de la banque résiduelle depuis deux ans...

"Je crois pouvoir dire que je sais aujourd'hui comment fonctionne une banque", atteste Koen Van Loo. Ce qui n'était pas vraiment le cas il y a 10 ans, lorsqu'il a été appelé à la rescousse de Fortis et Dexia. " A l'époque, je n'avais pour ainsi dire jamais vu une banque de près. "

Quelques semaines après la chute de Lehman Brothers, à la mi-septembre 2008, après avoir éteint les incendies les plus dangereux, on se mit à réfléchir. Il fallait rebâtir le système financier mondial en évitant si possible de prêter le flanc à une nouvelle crise. A-t-on réussi ? La réponse est souvent négative. La preuve en images.

Il est aujourd'hui ministre des Affaires étrangères, mais à l'époque de la crise, Didier Reynders était le grand argentier du gouvernement d'Yves Leterme. Il est aux premières loges quand, le week-end du 27-28 septembre 2008, la crise frappe la Belgique de plein fouet. Il a alors bien peu d'outils pour faire face aux événements.

Commençons par le bon point : le gouvernement Michel tient ses promesses. Il s'était engagé, dans son accord de coalition, à dédommager les coopérateurs d'Arco (le bras financier du mouvement ouvrier chrétien), victimes de la débâcle de Dexia.

La légende veut que les investisseurs se privent de sommes dont ils disposent et doivent légitimement être rémunérés pour le sacrifice qu'ils consentent. Or, s'il s'agissait pour eux ou elles véritablement d'un sacrifice, gageons qu'ils n'y consentiraient pas et que ces sommes seraient utilisées pour satisfaire par priorité un besoin qui est véritablement le leur.