La marque Certina a été créée en 1888 par les frères Adolf et Alfred Kurth à Grenchen (Suisse). Très tôt leader de montres sportives de milieu de gamme, elle a toujours témoigné un vif intérêt pour le monde de l'expédition en haute montagne et en mer, et pour celui des sport, en particulier les sports motorisés, dès les années 1950, soutenant ainsi, outre les légendes belges de motocross comme Roger De Coster et Joël Smets, de nombreux autres champions - les pilotes de vitesse moto Mike Doohan (Australie), Alex Crivillé (Espagne), Thomas Lüthi (Suisse), les pilotes de rallye Petter Solberg (Norvège), le pilote de GP moto Sete Gibernau (Espagne), les pilotes de Formule 1 Nick Heidfeld et Nico Hüklenberg (Allemagne) et Robert Kubica (Pologne), ou encore, dans un autre registre, le regretté boxeur Mohamed Ali (USA).

Durant plus de dix ans, Certina a aussi été le partenaire officiel du Sauber F1 Team. Aujourd'hui, la marque est le chronométreur officiel du championnat du monde des rallyes de la FIA (WRC) et, depuis l'an dernier, le partenaire officiel de l'Abu Dhabi Total World Rally Team.

Pourquoi un tel engouement pour les sports mécaniques?

Adrian Bosshand : " J'ai rejoint la marque Certina il y a 20 ans. Et j'ai constaté d'emblée qu'elle s'était toujours intéressée au sport. La résistance et la précision ont donc toujours été des notions clés sous-tendant ses produits. Par ailleurs, le Swatch Group réunit 19 marques. Il est important qu'elles soient complémentaires. Sur le plan de la communication aussi. Tissot est très actif dans le sport moteur à deux roues, par exemple. Pour Certina, c'est le monde automobile et plus particulièrement désormais, celui des rallyes. Un univers exigeant tant pour la mécanique que pour l'humain, ce qui fait écho à nos lignes de produits. "

Le sport automobile est exigeant tant pour la mécanique que pour l'humain. Ce qui fait écho à nos produits.

Pourquoi avoir quitté la Formule 1?

" Nous y avons été présents durant 11 ans. Aujourd'hui, nous ajustons notre stratégie en axant davantage notre participation sur le chronométrage et en réduisant le simple sponsoring. Certina, qui avait rejoint le cercle de la F1 en 2005 comme sponsor de Sauber Petronas, a renforcé l'an dernier sa présence dans le monde des rallyes automobiles comme partenaire officiel du réputé Abu Dhabi Total World Rally Team et comme chronométreur officiel des ADAC GT Masters. "

PLUS QUE SPORT

Vous êtes, vous-même, un ancien pilote de motocross.

" Oui. Né en 1967, je suis un peu plus jeune que le Belge Roger de Coster. Il était mon idole lorsque j'étais gamin. Tout comme Harry Everts qui était en fin de carrière lorsque j'ai débuté dans les courses internationales. J'ai arrêté la compétition au moment où son fils Stefan y faisait ses débuts. Je n'ai fait que croiser Roger De Coster, mais je connais bien Harry et Stefan Everts. "

Le sport est un bel outil marketing pour Certina.

" Le caractère sportif n'est pas qu'un outil marketing, il fait réellement partie de l'ADN de la marque et répond à des exigences élevées. Le développement technologique a été notable depuis les années 1960. L'intégration en 1983 dans SMH qui deviendra le Swatch Group en 1998, n'y a rien changé, au contraire. Dans le groupe, Certina figure aujourd'hui dans le secteur du milieu de gamme avec Tissot, Balmain, Mido, Hamilton et Calvin Klein. Nos prix varient entre 300 et 1.000 euros. "

Ce moyen de gamme a-t-il les moyens d'être innovant?

" L'innovation est l'une des caractéristiques primordiales de notre label. Elle procure des valeurs ajoutées pour nos clients - qu'il s'agisse du développement des mouvements chrono quartz Precidrive 1/100e de seconde et phases de lune, et des mouvements automatiques Powermatic 80 et chronographe C01. Pour l'instant, Certina propose une segmentation claire entre ses montres à quartz et automatiques. Des projets révolutionnaires sont dans le pipeline mais il est encore trop tôt pour en parler. En revanche, il n'est pas prévu d'emboîter le pas aux marques qui se lancent dans les montres électroniques connectées. "

Adrian Bosshard, ex-pilote de motocross, aujourd'hui CEO de Certina. © Certina

Pourquoi?

" Parce que Certina considère la montre connectée comme un objet complémentaire qui ne galvanise pas l'horlogerie traditionnelle sportive, laquelle est son core business. "

Il n'y a pas que le sport dans votre offre.

" De fait. Aujourd'hui, les modèles sont répartis en quatre "univers" : Sport, Aqua, Urban et Heritage. Et ce, afin de disposer de plateformes de communication spécifiques et de montrer la diversification de Certina. Cela étant, le segment sportif représente toujours l'essentiel de nos ventes. Mais la gamme Heritage qui comporte des produits vintage liés à notre histoire depuis 1888, rencontre un succès croissant auprès des clients fidèles et des plus jeunes. "

La Belgique représente un très petit marché.

" Oui, mais tous les marchés sont importants pour Certina. La Belgique autant que la Chine. Une fois que nous sommes actifs sur un marché, nous ne nous préoccupons pas de sa taille, l'objectif étant de satisfaire au mieux nos détaillants et notre clientèle. Chaque client est important. Quel que soit le pays où il achète, il mérite un produit impeccable dans un point de vente qualitatif et approprié. "

DANS LE GROUPE

L'appartenance d'une marque à un groupe est-elle réellement un atout?

" L'inclusion dans le Swatch Group a permis des synergies importantes dans tous les domaines de production - dont celui des mouvements, avec les ateliers ETA, notamment. Mais ce sont aussi nos propres ingénieurs et horlogers qui ont soumis des défis à ETA pour développer de nouvelles technologies. Le lancement de la Chrono quartz Precidrive lancée l'an dernier est une exclusivité Certina. Elle est produite par ETA, mais à l'initiative des horlogers Certina. Tous les nouveaux mouvements à module quartz sortent désormais en version Precidrive, ce qui signifie que leur précision ne varie pas de +/- 10 secondes sur une année. Certains modèles portent d'ailleurs le certificat COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres) - un atout non négligeable dans notre segment de prix. "

" La fiabilité, la précision, la résistance et l'innovation se concrétisent par l'utilisation de composants et de matériaux des plus pointus - le titane, l'acier inoxydable 316L, le verre saphir et les mouvements ETA Swiss Made. Certina continue d'honorer aujourd'hui l'exigence de qualité dont témoignaient déjà les frères Kurth. D'ailleurs, son nom vient du latin "certus", qui signifie "certain ". Il est une promesse faite au client. Et les succès de ces dernières années prouvent qu'elle est tenue. Nous voulons proposer les technologies les plus récentes sans augmenter systématiquement les prix. Depuis l'introduction en 1959-60 du concept DS de "double sécurité", l'étanchéité et la résistance aux chocs des montres Certina sont en constante évolution. "

PERSPECTIVES POSITIVES

Quelles nouveautés la marque prévoit-elle de présenter lors du Baselworld 2017?

" Notre offre pour 2017 est pratiquement finalisée mais il faudra attendre le salon 2017 pour la découvrir. Notre clientèle européenne montre de plus en plus d'affinités avec notre offre mécanique inférieure à 1.000 euros, signe que la culture horlogère se renforce. Une montre est un produit très émotionnel qui se porte à même la peau. La relation du porteur à sa montre est bien plus intense qu'on ne l'imagine. "

Au-delà des salons horlogers, de plus en plus de marques se mettent à suivre les saisons, à l'image des présentations de mode...

" Pour Certina, le rendez-vous annuel de Baselworld est l'occasion de montrer toutes ses nouveautés à ses partenaires, à la presse, aux agents, à la clientèle, etc. Mais les lancements s'échelonnent sur l'ensemble de l'année. "

Une montre se porte à même la peau. La relation qui unite le porteur à sa montre est plus émotionelle qu'on ne l'imagine.

Observez-vous une évolution positive dans les ventes?

" Après plusieurs années de croissance, 2015 a été une année de consolidation pour l'horlogerie en général, notamment en raison du déblocage du cours du franc suisse face à l'euro. En 2016, on observe deux situations: les consommateurs asiatiques ont quelque peu changé leurs habitudes en matière de voyages et d'achats, et les ventes sont sous pression, surtout dans les destinations touristiques. Par ailleurs, elles sont positives au niveau de la consommation locale, grâce à nos nouveaux modèles. Le tableau est donc positif. "

www.certina.com

TEKST SERGE VANMAERCKE