Alors qu'il n'était pas encore passé devant le notaire pour déposer les statuts de son entreprise, notre serial entrepreneur avait trouvé un business angel pour un montant compris "entre 100.000 et 500.000 euros", nous glissait-il. Une intervention sous forme d'un "prêt convertible". Pour Xavier Corman, un tel prêt "offre l'avantage de pouvoir postposer la discussion compliquée de la valorisation de la boîte. A ce stade, combien valent une idée et une présentation powerpoint ? C'est compliqué et un prêt convertible permet d'éviter une discussion, à ce stade, sur la valorisation et donc la dilution des parts".

Thibaut Claes du W.IN.G., DR
Thibaut Claes du W.IN.G. © DR

Pour Thibaut Claes, investment manager pour le fonds W.IN.G et spécialiste du financement des start-up du numérique, le "prêt convertible constitue bien une solution adéquate pour un projet très jeune comme celui-ci. Cela se fait d'ailleurs de plus en plus pour les start-up. Le prêt convertible offre deux avantages principaux. Le premier, c'est sa rapidité : il n'est pas nécessaire de passer devant chez le notaire ni d'établir un pacte d'actionnaires. Le second, pour l'entrepreneur, c'est qu'il ne donne absolument pas de contrôle, à ce stade, à l'investisseur qui est uniquement prêteur."

S'il est plus rapide et éviter les négociations concernant une valorisation, le prêt convertible nécessite quand même quelques discussions avec l'investisseur. "Plusieurs points doivent, en effet, être négocié, précise Thibaut Claes. Le montant du prêt, bien sûr, le taux du prêt qui se situe généralement entre 1 et 5%, mais également d'éventuelles clauses dans le cadre d'un éventuel remboursement par les fondateurs ou la notion de discount pour l'investisseur au moment de l'entrée dans le capital." L'expert en investissement pointe toutefois du doigt point faible au prêt convertible qui tient à sa nature même. "Si le prêt convertible permet de ne pas évoquer la valorisation de la start-up et d'éviter la mise en place d'un pacte d'actionnaires (puisque l'investisseur ne devient pas actionnaire à ce stade), ce peut aussi être un inconvénient, glisse Thibaut Claes. En effet, le pacte d'actionnaires constitue un document majeur fruit de nombreuses discussions et négociations. Il s'agit d'un document dont la constitution peut faire naître des tensions entre entrepreneurs et investisseurs. Ce qui constitue un bon test pour voir si les parties sont alignées ou pas."

Reste qu'aujourd'hui, le prêt convertible est devenu une pratique assez standard dans l'univers des jeunes pousses du digital qui se lancent. Certains fonds comme Digital Attraxion, le Seeder Fund ou encore le W.IN.G utilisent régulièrement cette technique que certains qualifient de "founder friendly"...

Alors qu'il n'était pas encore passé devant le notaire pour déposer les statuts de son entreprise, notre serial entrepreneur avait trouvé un business angel pour un montant compris "entre 100.000 et 500.000 euros", nous glissait-il. Une intervention sous forme d'un "prêt convertible". Pour Xavier Corman, un tel prêt "offre l'avantage de pouvoir postposer la discussion compliquée de la valorisation de la boîte. A ce stade, combien valent une idée et une présentation powerpoint ? C'est compliqué et un prêt convertible permet d'éviter une discussion, à ce stade, sur la valorisation et donc la dilution des parts". Pour Thibaut Claes, investment manager pour le fonds W.IN.G et spécialiste du financement des start-up du numérique, le "prêt convertible constitue bien une solution adéquate pour un projet très jeune comme celui-ci. Cela se fait d'ailleurs de plus en plus pour les start-up. Le prêt convertible offre deux avantages principaux. Le premier, c'est sa rapidité : il n'est pas nécessaire de passer devant chez le notaire ni d'établir un pacte d'actionnaires. Le second, pour l'entrepreneur, c'est qu'il ne donne absolument pas de contrôle, à ce stade, à l'investisseur qui est uniquement prêteur." S'il est plus rapide et éviter les négociations concernant une valorisation, le prêt convertible nécessite quand même quelques discussions avec l'investisseur. "Plusieurs points doivent, en effet, être négocié, précise Thibaut Claes. Le montant du prêt, bien sûr, le taux du prêt qui se situe généralement entre 1 et 5%, mais également d'éventuelles clauses dans le cadre d'un éventuel remboursement par les fondateurs ou la notion de discount pour l'investisseur au moment de l'entrée dans le capital." L'expert en investissement pointe toutefois du doigt point faible au prêt convertible qui tient à sa nature même. "Si le prêt convertible permet de ne pas évoquer la valorisation de la start-up et d'éviter la mise en place d'un pacte d'actionnaires (puisque l'investisseur ne devient pas actionnaire à ce stade), ce peut aussi être un inconvénient, glisse Thibaut Claes. En effet, le pacte d'actionnaires constitue un document majeur fruit de nombreuses discussions et négociations. Il s'agit d'un document dont la constitution peut faire naître des tensions entre entrepreneurs et investisseurs. Ce qui constitue un bon test pour voir si les parties sont alignées ou pas."Reste qu'aujourd'hui, le prêt convertible est devenu une pratique assez standard dans l'univers des jeunes pousses du digital qui se lancent. Certains fonds comme Digital Attraxion, le Seeder Fund ou encore le W.IN.G utilisent régulièrement cette technique que certains qualifient de "founder friendly"...