Steve Jobs a débuté l'aventure Apple dans son garage et il a fait rêver, bien des années plus tard, quatre jeunes Belges, chaque dimanche, dans une chambre d'étudiant. En 2013, Michaël Valette, Charles De Groote, Thibaut Vanderhofstadt et Nicolas Finet s'imposent en effet ce rituel dominical pour réfléchir, disserter et fantasmer sur " le prochain concept qui va faire un carton ". Certes, le décor planté a des airs de cliché, mais c'est pourtant de façon obsessionnelle que l'histoire de Sortlist a doucement commencé. " Nous sommes des digital natives, rappelle l'un des quatre fondateurs de cette société spécialisée dans la mise en relation des entreprises avec des agences de communication. On se disait à l'époque qu'on avait peut-être une carte à jouer dans cet univers-là. On était en train de terminer nos études et on passait nos dimanches à chercher la bonne idée. "
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Steve Jobs a débuté l'aventure Apple dans son garage et il a fait rêver, bien des années plus tard, quatre jeunes Belges, chaque dimanche, dans une chambre d'étudiant. En 2013, Michaël Valette, Charles De Groote, Thibaut Vanderhofstadt et Nicolas Finet s'imposent en effet ce rituel dominical pour réfléchir, disserter et fantasmer sur " le prochain concept qui va faire un carton ". Certes, le décor planté a des airs de cliché, mais c'est pourtant de façon obsessionnelle que l'histoire de Sortlist a doucement commencé. " Nous sommes des digital natives, rappelle l'un des quatre fondateurs de cette société spécialisée dans la mise en relation des entreprises avec des agences de communication. On se disait à l'époque qu'on avait peut-être une carte à jouer dans cet univers-là. On était en train de terminer nos études et on passait nos dimanches à chercher la bonne idée. " De leurs brainstormings à répétition, une piste somme toute banale finit par émerger : " aider les entreprises à mieux communiquer sur les canaux en ligne ". Fraîchement diplômé, le quatuor s'active, repère ses premiers clients potentiels dans le toutes-boîtes Vlan - " on appelait des plombiers et on leur demandait s'ils n'avaient pas besoin d'un site Web ! ", s'amuse Nicolas Finet - et les associés finissent par assurer l'une ou l'autre mission de consultance en connectant des indépendants à des agences de communication. Initialement créée avec un capital de 20.000 euros sous le nom de Team Corner, la jeune société va progressivement évoluer vers un outil en ligne ciblé sur l'utilisateur. " Lorsqu'on a commencé à avoir un peu plus de clients et à être en contact avec de plus grosses entreprises, on a remarqué qu'ils étaient davantage intéressés par notre capacité à dénicher des petites pépites d'agences qui leur correspondaient plutôt que par notre expertise en marketing, poursuit Nicolas Finet. C'est à ce moment-là que nous avons alors développé notre propre moteur de recherche et inventé un nouveau business model. " Rebaptisé Sortlist, le nouveau bébé de ce carré d'amis voit le jour en 2014 et tranche d'emblée dans le paysage de la pub. Pour la première fois sur le marché belge, les entreprises de toutes tailles et les agences de communication disposent en effet d'une plateforme numérique qui les met rapidement en relation. Le principe est simple : il suffit à l'entrepreneur de répondre à quelques questions sur le site www.sortlist.com à propos de ses besoins, de sa cible et de ses objectifs en matière de communication et l'algorithme développé par Sortlist opère ensuite une première sélection, sans aucune obligation de contact. " Un peu à la manière de Meetic (le site de rencontres amoureuses en ligne, Ndlr), on fait en sorte que les gens se mettent en relation, mais on ne gère pas du tout le processus du resto et de l'hôtel ", sourit Nicolas Finet. Traduction : Sortlist facilite le contact entre les entreprises, quelles qu'elles soient, et les professionnels de la communication, mais la société ne s'immerge nullement dans le contrat qui lie ensuite les deux partenaires qui se sont trouvés sur la plateforme. Convivial et ergonomique, l'outil développé par Sortlist séduit rapidement le monde du business et les jeunes fondateurs opèrent, au début de l'année 2015, une première levée de fonds de 550.000 euros auprès d'investisseurs privés - la famille Janssen (UCB, Solvay), Didier Smits (Delhaize), etc. - qui leur permet de peaufiner le moteur de recherche et de partir à la conquête de nouveaux clients.Depuis, le succès ne s'est pas démenti et la start-up belge - devenue entre-temps scale-up - affiche aujourd'hui des statistiques impressionnantes. En un peu plus de deux ans, Sortlist a enregistré plus de 20.000 projets créatifs sur sa plateforme en ligne, générant quelque 60 millions d'euros de budgets confiés par des entreprises à des agences de communication. Chaque jour, plus de 5.000 visiteurs venus du monde entier surfent sur le site belge de " rencontres business " et 140 demandes de conseil sont concrètement déposées sur la plateforme. Automatisé dans une première phase, le processus enclenché par Sortlist est cependant " humanisé " par l'intervention d'un account manager qui prend contact avec le client, rédige le briefing et propose ensuite le projet à quatre agences au maximum qui paient une commission pour entrer dans la compétition. Une fois l'agence élue, le matchmaker se retire de la transaction et s'efface donc complètement du processus créatif. " Les gens pensent qu'on a développé un algorithme magique qui s'occupe de tout, mais le processus garde encore une grand part d'humain, explique Nicolas Finet. Bien sûr, il y a déjà pas mal d'intelligence artificielle sur la plateforme et on continuera à en mettre davantage, mais je dis toujours ceci aux équipes : 'L'intelligence artificielle ne va pas tuer votre job, elle va vous transformer en super-héros ! Grâce à elle, vous n'allez pas aider 10 clients par jour, mais 100 clients par jour. Elle va vous permettre de vous focaliser sur l'essentiel. Elle va s'occuper des tâches à faible valeur ajoutée pour vous permettre d'apporter votre propre valeur ajoutée sur l'aspect stratégique'. Donc, personnellement, je vois plus l'intelligence artificielle comme un allié. L'objectif est d'accélérer encore la mise en relation. Avant, ça mettait quelques jours, maintenant cela prend 48 heures et on souhaite à terme qu'introduire une demande sur Sortlist devienne aussi simple que de réserver un logement sur Airbnb. " Si la scale-up belge compte aujourd'hui une vingtaine d'employés et 53.000 agences venues du monde entier sur sa plate-forme, son core business se situe malgré tout essentiellement en Belgique et, de plus en plus, en France (où Sortlist dispose d'une antenne) et en Espagne, deux pays où la jeune société entend mettre un grand coup d'accélérateur dans les toutes prochaines semaines. Le mois dernier, Sortlist s'est en effet offert le luxe d'absorber son concurrent espagnol, The Briefers, pour l'intégrer dans la modernité de sa propre plateforme numérique, suscitant au passage l'intérêt de nouveaux clients comme la marque de luxe Louis Vuitton, qui a recouru à ses services d'intermédiaire privilégié pour organiser récemment un événement à Barcelone. Déjà en phase avec leur rêve d'étudiants, les quatre fondateurs ne cachent pas leurs ambitions et s'activent aujourd'hui pour lancer une nouvelle levée de fonds. Objectif : décrocher " plusieurs millions d'euros " pour mener à bien leur plan défini sur 2018 et faire de Sortlist un véritable acteur européen sur la scène marketing avant d'afficher, pourquoi pas, d'autres ambitions internationales. Confiants, les investisseurs de la première heure croient dur comme fer à l'avenir de cette entreprise belge désormais rentable, à l'instar d'Alexandre Centner, entrepreneur et consultant en marketing : " Je suis convaincu qu'il s'agit d'un projet avec un très grand potentiel en termes de développement, conclut ce business angel. Non seulement j'ai été séduit par la réponse que Sortlist apporte à une problématique réelle sur le marché, mais aussi par l'équipe qui, dès le départ, a fait preuve d'une grande maturité et qui n'a jamais hésité à se remettre en question. Il y a une énorme complémentarité entre les quatre profils (deux " Solvay boys ", un ingénieur civil et un diplômé en communication et en sciences politiques, Ndlr), beaucoup de curiosité et surtout une pugnacité à tester, à améliorer et à apprendre en permanence. " Un peu comme Steve Jobs jadis dans son garage, les quatre amis qui rêvassaient ensemble, en 2013, dans une chambre d'étudiant, ont peut-être finalement trouvé " le prochain concept qui va faire un carton ".