Entre Disney et Netflix, la lune de miel aura été de courte durée. Après avoir signé un accord de partenariat au printemps 2016, le géant mondial du divertissement a en effet décidé de retirer ses productions de la célèbre plateforme de streaming à l'horizon 2019, année au cours de laquelle Disney lancera son propre service de vidéos à la demande sur le Net.
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Entre Disney et Netflix, la lune de miel aura été de courte durée. Après avoir signé un accord de partenariat au printemps 2016, le géant mondial du divertissement a en effet décidé de retirer ses productions de la célèbre plateforme de streaming à l'horizon 2019, année au cours de laquelle Disney lancera son propre service de vidéos à la demande sur le Net. Face à la montée en puissance de Netflix (plus de 100 millions d'abonnés à travers le monde) et au bouleversement des habitudes de consommation des contenus audiovisuels, l'entreprise aux oreilles de Mickey revoit donc sa stratégie commerciale. Spectaculaire, son revirement était pourtant prévisible : aux Etats-Unis, les bénéfices des chaînes câblées de Disney ne cessent de chuter. Or, l'entreprise dispose d'un catalogue impressionnant qu'elle peut exploiter elle-même d'une manière davantage en phase avec l'air du temps : la vidéo à la demande sur n'importe quel appareil connecté (ordinateur, tablette, smartphone et télé). Dans un an et demi à peine, Disney aura donc " son Netflix à lui " qu'il pourra proposer tout autour de la planète, avec non seulement ses dessins animés mondialement connus, ses films familiaux et ses séries télévisées, mais aussi d'autres cartouches imparables grâce aux sociétés de production Pixar (Toy Story, Le Monde de Nemo, etc.), Marvel (Iron Man, The Avengers, etc.) et Lucasfilm (la saga Star Wars) qu'il a rachetées ces dernières années. " Je vois dans cette décision un mouvement défensif, analyse l'expert médias Thierry Tacheny. A l'instar des autres acteurs historiques de la télévision linéaire, Disney voit ses revenus dans le câble diminuer sèchement et l'entreprise n'a pas d'autre choix que de réagir. Elle ne peut pas se contenter de rester dans un écosystème qui vieillit et qui séduit de moins en moins les annonceurs. Elle doit repenser son business model et mieux l'ancrer dans le digital ". Misant sur une relation directe et davantage personnalisée avec son public, Disney a rapidement inspiré d'autres partenaires de Netflix puisque, dans la foulée, le puissant groupe de médias américain 21 st Century Fox a annoncé, lui aussi, sa volonté de couper prochainement les ponts avec Netflix pour lancer également son propre service de streaming. Avec des productions phares telles qu'Alien, Titanic ou encore les sagas X-Men et Avatar (en plein développement), le groupe du magnat australien Rupert Murdoch peut en effet, à son tour, oser l'aventure de la vidéo à la demande avec son propre canal de diffusion plutôt que de confier ses pépites à un tiers qui ne cesse de monter en puissance. Nouveau dada des producteurs de contenus, le streaming attise aussi de plus en plus la convoitise des géants du Net qui voient, dans la vidéo à la demande, une source de revenus prometteuse, tant sur le plan des abonnements qu'au niveau publicitaire. Ainsi, après Google qui s'est offert YouTube il y a 10 ans déjà et Amazon qui a lancé sa propre plateforme Video peu de temps après, l'incontournable Facebook vient de présenter Watch, son nouveau service de vidéos, pour l'instant réservé au marché américain. Plus ambitieux que jamais, le réseau social aux deux milliards de fans veut désormais marcher sur les plates-bandes de Netflix et YouTube en proposant une nouvelle offre de contenus audiovisuels originaux que sa communauté pourra regarder via un onglet et surtout " liker ", partager et commenter à loisir. Résolument différente des vidéos amateurs que chaque utilisateur peut déjà poster sur son mur, cette nouvelle fonctionnalité s'inscrit davantage dans une logique professionnelle de diffusion à la carte, avec des contenus de qualité présentés sous la forme de productions léchées (séries, émissions quotidiennes, documentaires, etc.) mais aussi de programmes diffusés en direct comme, par exemple, des matchs de la ligue américaine de baseball dont Facebook a décroché certains droits de retransmission. De quoi inquiéter encore un peu plus les acteurs de " la télévision de papa " qui voient gonfler chaque jour la menace de ces géants de Net sur leur terrain de jeu historique, avec une baisse inexorable de leurs revenus publicitaires en sus...