L'ambiance est électrique en terre radiophonique. Lobbying intense, coups bas, petites phrases assassines... Les frères ennemis des ondes, si unis sur le dossier de la future radio numérique, se déchirent à nouveau sur la bande FM. Les résultats de la toute dernière vague d'audiences publiée par le CIM ont jeté, il est vrai, un peu d'huile sur le feu. Avec une part de marché groupée de plus de 38 %, les cinq radios de la RTBF affichent en effet un record historique, plaçant même la populaire VivaCité en tête des stations les plus écoutées en Fédération Wallonie-Bruxelles.
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L'ambiance est électrique en terre radiophonique. Lobbying intense, coups bas, petites phrases assassines... Les frères ennemis des ondes, si unis sur le dossier de la future radio numérique, se déchirent à nouveau sur la bande FM. Les résultats de la toute dernière vague d'audiences publiée par le CIM ont jeté, il est vrai, un peu d'huile sur le feu. Avec une part de marché groupée de plus de 38 %, les cinq radios de la RTBF affichent en effet un record historique, plaçant même la populaire VivaCité en tête des stations les plus écoutées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Chez RTL Belgique, c'est donc la soupe à la grimace. Bel RTL et l'ex-numéro 1 Radio Contact reculent respectivement de 1,2 % et 1,5 %, au grand dam du patron du groupe privé. Pas étonnant, dès lors, que Philippe Delusinne mette tout son poids dans la bataille radiophonique pour récupérer Mint dans le prochain plan de fréquences initialement prévu cet été. Le CEO de RTL Belgique n'a jamais digéré l'éviction par le CSA de sa troisième radio pop-rock en 2008 (pour le plan actuellement en vigueur) et il pratique depuis plusieurs mois un lobbying intense pour que Mint retrouve le chemin de la bande FM. Objectif assumé : récupérer des parts de marché et donc des revenus publicitaires. Concrètement, Philippe Delusinne voulait faire modifier cette fameuse clause du décret sur les Services de médias audiovisuels (SMA) qui stipule qu'un groupe privé peut porter atteinte au pluralisme s'il concentre à lui seul plus de 20 % des parts d'audience. Le grand patron de RTL Belgique y était parvenu il y a quelques mois : pour le prochain plan de fréquences, le projet de décret prévoyait en effet le relèvement de ce seuil à 35 %, soit une marge confortable pour le trio Bel RTL, Contact et Mint réunis. Mais voilà, le CSA a rejeté cette proposition du ministre PS des Médias Jean-Claude Marcourt qui, selon la révélation de nos collègues du Vif la semaine dernière, tente aujourd'hui de trouver une parade pour contourner le problème. Mais comme souvent au cabinet Marcourt, on ne daigne pas faire de commentaires... " Après avoir convaincu Elio Di Rupo d'influencer le conseil d'administration de la RTBF pour qu'il vote contre le fait d'accorder à sa propre régie publicitaire RMB la monétisation de l'audience de TF1 en Belgique, voici que Philippe Delusinne remet le couvert avec le prochain plan de fréquences, histoire de servir à nouveau ses propres intérêts, commente un observateur du service public qui veut rester discret. Mais cette fois-ci, la RTBF ne se laissera pas faire. " Du côté de RTL Belgique, on ne croit toutefois pas trop au " lobbying radio " de la RTBF - qui est davantage concentrée sur son prochain contrat de gestion - et on désigne plutôt " l'ennemi " en la personne de Marc Vossen, directeur de l'autre groupe privé NRJ-Nostalgie qui, lui aussi, revendique une fréquence pour sa troisième station Chérie FM. " Ce dernier mène également un lobbying intense auprès du cdH, visiblement avec succès puisque le parti humaniste s'oppose pour l'instant à la vision de son partenaire socialiste pour le nouveau plan de fréquences ", commente l'observateur. De fait, il n'y a toujours pas d'accord gouvernemental à ce sujet en Fédération Wallonie-Bruxelles et il se confirme de plus en plus que le plan de fréquences actuel sera tout simplement prolongé d'un an, faute de consensus à court terme.