En deux ans, le nombre de billets de banque retirés de la circulation par la Banque centrale européenne a augmenté de 53 % ! Soit l’équivalent de 800.000 fausses coupures.
Lorsqu’une monnaie circule beaucoup, il est normal qu’elle soit contrefaite… La preuve par l’euro : Le Journal du Dimanche a révélé qu’en deux ans, le nombre de billets de banque retirés de la circulation par la Banque centrale européenne a augmenté de 53 % ! Soit l’équivalent de 800.000 fausses coupures.
Ce chiffre de 800.000 faux billets serait même en dessous de la réalité. Si l’on y additionne en effet les saisies de faux billets effectuées par les divers services de police européens, on arrive non pas à 800.000 faux billets en euros mais à 2 millions. A comparer aux 13 milliards de billets en circulation en Europe… En bonne arithmétique, cela donne un faux billet en euro sur 6.500.
Attention, cependant : ce rapport, s’il peut impressionner, correspond à ce qui existait avec les anciennes monnaies nationales. Ce qui étonne le plus, dans cette enquête du Journal du Dimanche, c’est le fait que l’euro soit supposé… infalsifiable. Mais voilà, infalsifiable ne signifie pas inimitable. Les faussaires conçoivent bien des faux billets approximatifs, qui ne passeraient pas auprès d’un banquier mais franchissent très facilement l’obstacle de commerçants pressés.
Cela explique pourquoi les coupures les plus souvent imitées sont celles de 20 et 50 euros : on peut plus aisément les donner à un boulanger, un pharmacien ou dans une librairie. Bref, chez des gens pressés, auprès desquels on “fourgue” les mauvais billets et récupère un maximum de (vraie) petite monnaie.
Les trois nations les plus touchées par ce fléau sont la France, l’Espagne et l’Italie. Avec une mention particulière pour cette dernière : alors que, dans les autres pays, on se contente d’imiter les euros avec du matériel de base (scanner, PC et logiciel de retouche d’images), les Italiens sont les seuls à travailler à l’ancienne, en utilisant une imprimerie offset. Ils sont les derniers gardiens de notre bon vieil artisanat européen…