"Le changement de logo pour la Wallonie est une fake news. " Interpellé par nos soins, le porte-parole du ministre-président Paul Magnette n'y va pas par quatre chemins : " Non, la Région wallonne ne va pas changer d'emblème, répète Frédéric Masquelin. D'ailleurs, c'est une méconnaissance totale de notre histoire que d'oublier que le coq hardi est le symbole de la Wallonie depuis de longues années déjà. Nous nous apprêtons simplement à harmoniser son utilisation à travers une nouvelle charte graphique qui sera reprise par les différentes autorités wallonnes, c'est tout. "
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"Le changement de logo pour la Wallonie est une fake news. " Interpellé par nos soins, le porte-parole du ministre-président Paul Magnette n'y va pas par quatre chemins : " Non, la Région wallonne ne va pas changer d'emblème, répète Frédéric Masquelin. D'ailleurs, c'est une méconnaissance totale de notre histoire que d'oublier que le coq hardi est le symbole de la Wallonie depuis de longues années déjà. Nous nous apprêtons simplement à harmoniser son utilisation à travers une nouvelle charte graphique qui sera reprise par les différentes autorités wallonnes, c'est tout. " Il y a quelques jours, la " révélation " de cette harmonisation avait en effet animé les coulisses du Parlement wallon. Entre " nouveau logo " et " coq politiquement trop rouge ", le débat avait dérapé et s'était même invité sur les plateaux télé. Sans doute parce que, quatre ans plus tôt, les autorités wallonnes s'étaient dotées d'une nouvelle signature visuelle pour mieux se vendre à l'étranger : un W formé par cinq points noirs identiques. Et c'est de là que vient, précisément, la confusion. Beaucoup moins pragmatique que la Flandre qui a choisi un seul et même lion - redessiné en 2013 - pour assurer sa communication tant au régional qu'à l'international, la Région wallonne a déployé des trésors d'imagination (et d'argent) pour imposer sa marque au-delà des frontières. Si, sur son propre territoire, le coq hardi dessiné par le peintre Pierre Paulus en 1913 s'est imposé au fil des années, un tout nouveau logo a émergé il y a quatre ans à peine pour donner à la Wallonie une meilleure visibilité à l'international. A l'époque, le bureau de consultance McKinsey avait en effet recommandé aux autorités wallonnes de " doter la Région d'une image de marque puissante capable de transcender les frontières ". L'étude suggérant ce repositionnement avait coûté 472.000 euros à l'Elysette, auxquels s'étaient ajoutés 60.000 autres euros pour une nouvelle identité visuelle imaginée par l'agence de communication VO-Event : un W stylisé dont la pertinence avait été rapidement raillée sur les réseaux sociaux et le monde politique. En 2013, Rudy Demotte était alors ministre-président de la Région wallonne et certains ont vu la semaine dernière, dans cette redynamisation du coq hardi, la volonté de Paul Magnette d'effacer le travail de son prédécesseur et d'imposer à son tour sa vision graphique de la Wallonie. Il n'en est rien, apparemment : " Les deux logos continueront d'exister, conclut le porte-parole Frédéric Masquelin. Les cinq points du W seront toujours utilisés à l'international et le coq de Paulus restera en Région wallonne, mais son utilisation sera toutefois harmonisée dans les différentes institutions ". Une opération qui coûtera au final quelques dizaines de milliers d'euros pour son élaboration et son déploiement sur le terrain... Cerise sur le gâteau : à ces deux logos wallons s'ajoute la propre identité visuelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, depuis 2011, s'est dotée d'une nouvelle version tricolore et peu claire. Après tout, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?