Le président des Etats-Unis doit signer deux décrets visant à désigner les causes et les responsables du déficit américain. Il poursuit ainsi son objectif affiché de vouloir protéger les travailleurs américains contre les méfaits de la mondialisation libérale, une entreprise qui nécessiterait de réviser de fond en comble les règles du commerce mondial, bâties sur un axiome libre-échangiste.

Selon le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, l'objectif est d'aboutir, d'ici 90 jours, à une liste "pays par pays, produit par produit" qui devra identifier les cas de "triche", mais aussi d'accords de libre-échange qui n'ont pas tenu leurs promesses ou encore des règlements non respectés.

Ce travail de recensement "servira de socle pour la prise de décision de l'administration", a-t-il déclaré. Car cette administration a pris depuis le début un virage radical en matière commerciale, envisageant de recourir au protectionnisme et de dénoncer plusieurs accords de libre-échange, aussi bien régionaux comme l'Alena que mondiaux, comme ceux de l'OMC, ce qui a plongé dans l'embarras ses partenaires.

Les pays ciblés sont la Chine, l'Allemagne, le Japon, le Mexique, l'Irlande, le Vietnam, l'Italie, la Corée du Sud, la Malaisie, l'Inde, la Thaïlande, la France, la Suisse, Taiwan, l'Indonésie et le Mexique. Selon le Secrétaire au Commerce, être désigné ne signifie pas nécessairement que des mesures de représailles seront prises.

"Dans certains cas, cela sera simplement qu'ils sont meilleurs que nous pour produire tel ou tel produit ou qu'ils peuvent le produire moins cher", a-t-il expliqué.

Cette mesure s'inscrit dans la continuité de la réunion des ministres des Finances du G20 mi-mars à Baden-Baden (Allemagne), quand les Etats-Unis avaient imposé un virage historique à ce groupe des pays les plus puissants du monde en bloquant toute condamnation du protectionnisme dans le communiqué final.

A Baden-Baden également, le Secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait déclaré que les Etats-Unis n'excluaient pas de vouloir réformer l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la structure multilatérale chargée de libéraliser les échanges commerciaux.

L'acier européen visé

Illustrant cette ligne américaine dure sur le Commerce, M. Ross a affirmé que des groupes sidérurgistes d'Autriche, de Belgique, de France, d'Allemagne, d'Italie, du Japon, de Corée du Sud et de Taiwan pratiquaient du dumping sur leurs exportations de produits sidérurgiques, selon Bloomberg News.

Des déclarations qui ont provoqué l'indignation de l'Allemagne. "Je ne peux que prendre connaissance avec une grande incompréhension de la décision du ministère américain de l'économie d'une procédure anti-dumping contre Salzgitter et Dillinger Hütte", deux sidérurgistes allemands a réagi le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, parlant d'une "étape dangereuse".

L'administration Obama avait entamé une procédure pour instaurer des droits anti-dumping sur certaines importations d'acier en 2016.

Le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni s'est aussi ému vendredi matin, déclarant qu'il fallait "réaffirmer notre confiance dans des économies et des sociétés ouvertes, sur laquelle nous avons bâti des décennies de prospérité", alors que la presse italienne s'indignait que "Trump déclare la guerre à la Vespa", selon les mots du journal Il Messaggero.

Il faudra "prendre une position claire sur un sujet sur lequel il ne peut pas y avoir d'ambiguïté", lors d'une réunion du G7 fin mai en Italie, a déclaré M. Gentiloni.

Un rencontre "très difficile" avec Xi Jinping

La signature de ces décrets visant à désigner les causes et les responsables du déficit américain intervient à une semaine de la rencontre très attendue entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping en Floride.

D'un tweet jeudi soir, M. Trump a prévenu que la rencontre serait "très difficile". M. Xi sera reçu par le milliardaire dans sa résidence de Mar-a-Lago les 6 et 7 avril.

"Nous ne pouvons plus avoir d'énormes déficits commerciaux (...) et des pertes d'emplois. Les entreprises américaines doivent être prêtes à chercher d'autres alternatives", a ajouté le président américain en reprenant l'un de ses grands thèmes de campagne.

En réponse, le gouvernement chinois s'est montré optimiste vendredi quant au déroulement du sommet.

"Les deux parties espèrent que la rencontre soit une réussite, afin de donner le bon cap au développement des relations bilatérales", a déclaré devant la presse le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zheng Zeguang.

Interrogé sur les relations commerciales entre les deux pays, M. Zheng a assuré que son pays ne cherchait pas à dégager un excédent avec les Etats-Unis.

"Il n'est pas dans notre intention de stimuler nos exportations par des dévaluations compétitives", a-t-il déclaré, en réponse aux accusations de Donald Trump qui a par le passé souvent accusé la Chine de laisser filer sa monnaie.

La rencontre en Floride sera la première entre les deux dirigeants, sur fond de crise nucléaire avec la Corée du Nord.

Un tel sommet semblait improbable il y a encore quelques mois, après une campagne électorale durant laquelle le candidat républicain avait accusé la Chine de "voler" des millions d'emplois aux Etats-Unis.

Donald Trump a régulièrement menacé d'imposer des droits de douane punitifs aux importations chinoises.

'Patience à bout'

A peine élu, M. Trump avait provoqué l'ire de Pékin en laissant entendre qu'il pourrait revenir sur une position diplomatique datant de 1979: le "principe de la Chine unique", par lequel le régime communiste interdit tout contact officiel entre Taïwan et des pays étrangers.

Lors d'un entretien par téléphone, mi-février, avec Xi Jinping, le président américain avait cependant joué l'apaisement et assuré qu'il respecterait le principe de la Chine unique, ouvrant la perspective d'une rencontre.

Mais l'avertissement de Donald Trump jeudi sur Twitter et l'impatience grandissante de Washington face aux positions de Pékin sur la Corée du Nord peuvent laisser augurer d'un tête-à-tête tendu.

Pékin a déjà annoncé la fin de ses importations de charbon nord-coréen, conformément aux sanctions de l'ONU visant à convaincre ce pays de renoncer à ses programmes nucléaire et balistique.

Mais la Chine est vent debout contre le bouclier antimissile Thaad que les Etats-Unis ont commencé à déployer en Corée du Sud, y voyant une atteinte à sa force de dissuasion.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a affirmé jeudi que la Chine pouvait et devait faire plus pour forcer la Corée du Nord à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique, et martelé que Washington ne se contenterait pas d'un nouveau débat à l'ONU.

"Je n'ai pas la patience pour ça et ça n'aide personne. Il ne s'agit pas de moi. Cette administration (Trump, ndlr) n'a pas la patience pour ça", a-t-elle déclaré.

Interrogé sur la Corée du Nord, le vice-ministre chinois a rappelé vendredi que Pékin était partisan de la "dénucléarisation de la péninsule".

"La situation dans la péninsule coréenne est complexe et sensible", a-t-il estimé, avant d'appeler les parties en présence à "s'abstenir de toute mesure ou déclarations de nature à compromettre la paix et la stabilité régionales".

Lors d'une visite à Séoul mi-mars, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson avait affirmé que l'option militaire était "sur la table" face aux menaces de Pyongyang.

Le président des Etats-Unis doit signer deux décrets visant à désigner les causes et les responsables du déficit américain. Il poursuit ainsi son objectif affiché de vouloir protéger les travailleurs américains contre les méfaits de la mondialisation libérale, une entreprise qui nécessiterait de réviser de fond en comble les règles du commerce mondial, bâties sur un axiome libre-échangiste.Selon le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, l'objectif est d'aboutir, d'ici 90 jours, à une liste "pays par pays, produit par produit" qui devra identifier les cas de "triche", mais aussi d'accords de libre-échange qui n'ont pas tenu leurs promesses ou encore des règlements non respectés.Ce travail de recensement "servira de socle pour la prise de décision de l'administration", a-t-il déclaré. Car cette administration a pris depuis le début un virage radical en matière commerciale, envisageant de recourir au protectionnisme et de dénoncer plusieurs accords de libre-échange, aussi bien régionaux comme l'Alena que mondiaux, comme ceux de l'OMC, ce qui a plongé dans l'embarras ses partenaires.Les pays ciblés sont la Chine, l'Allemagne, le Japon, le Mexique, l'Irlande, le Vietnam, l'Italie, la Corée du Sud, la Malaisie, l'Inde, la Thaïlande, la France, la Suisse, Taiwan, l'Indonésie et le Mexique. Selon le Secrétaire au Commerce, être désigné ne signifie pas nécessairement que des mesures de représailles seront prises."Dans certains cas, cela sera simplement qu'ils sont meilleurs que nous pour produire tel ou tel produit ou qu'ils peuvent le produire moins cher", a-t-il expliqué.Cette mesure s'inscrit dans la continuité de la réunion des ministres des Finances du G20 mi-mars à Baden-Baden (Allemagne), quand les Etats-Unis avaient imposé un virage historique à ce groupe des pays les plus puissants du monde en bloquant toute condamnation du protectionnisme dans le communiqué final.A Baden-Baden également, le Secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait déclaré que les Etats-Unis n'excluaient pas de vouloir réformer l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la structure multilatérale chargée de libéraliser les échanges commerciaux.Illustrant cette ligne américaine dure sur le Commerce, M. Ross a affirmé que des groupes sidérurgistes d'Autriche, de Belgique, de France, d'Allemagne, d'Italie, du Japon, de Corée du Sud et de Taiwan pratiquaient du dumping sur leurs exportations de produits sidérurgiques, selon Bloomberg News. Des déclarations qui ont provoqué l'indignation de l'Allemagne. "Je ne peux que prendre connaissance avec une grande incompréhension de la décision du ministère américain de l'économie d'une procédure anti-dumping contre Salzgitter et Dillinger Hütte", deux sidérurgistes allemands a réagi le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, parlant d'une "étape dangereuse".L'administration Obama avait entamé une procédure pour instaurer des droits anti-dumping sur certaines importations d'acier en 2016.Le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni s'est aussi ému vendredi matin, déclarant qu'il fallait "réaffirmer notre confiance dans des économies et des sociétés ouvertes, sur laquelle nous avons bâti des décennies de prospérité", alors que la presse italienne s'indignait que "Trump déclare la guerre à la Vespa", selon les mots du journal Il Messaggero.Il faudra "prendre une position claire sur un sujet sur lequel il ne peut pas y avoir d'ambiguïté", lors d'une réunion du G7 fin mai en Italie, a déclaré M. Gentiloni.La signature de ces décrets visant à désigner les causes et les responsables du déficit américain intervient à une semaine de la rencontre très attendue entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping en Floride. D'un tweet jeudi soir, M. Trump a prévenu que la rencontre serait "très difficile". M. Xi sera reçu par le milliardaire dans sa résidence de Mar-a-Lago les 6 et 7 avril."Nous ne pouvons plus avoir d'énormes déficits commerciaux (...) et des pertes d'emplois. Les entreprises américaines doivent être prêtes à chercher d'autres alternatives", a ajouté le président américain en reprenant l'un de ses grands thèmes de campagne. En réponse, le gouvernement chinois s'est montré optimiste vendredi quant au déroulement du sommet."Les deux parties espèrent que la rencontre soit une réussite, afin de donner le bon cap au développement des relations bilatérales", a déclaré devant la presse le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zheng Zeguang.Interrogé sur les relations commerciales entre les deux pays, M. Zheng a assuré que son pays ne cherchait pas à dégager un excédent avec les Etats-Unis."Il n'est pas dans notre intention de stimuler nos exportations par des dévaluations compétitives", a-t-il déclaré, en réponse aux accusations de Donald Trump qui a par le passé souvent accusé la Chine de laisser filer sa monnaie.La rencontre en Floride sera la première entre les deux dirigeants, sur fond de crise nucléaire avec la Corée du Nord. Un tel sommet semblait improbable il y a encore quelques mois, après une campagne électorale durant laquelle le candidat républicain avait accusé la Chine de "voler" des millions d'emplois aux Etats-Unis.Donald Trump a régulièrement menacé d'imposer des droits de douane punitifs aux importations chinoises.A peine élu, M. Trump avait provoqué l'ire de Pékin en laissant entendre qu'il pourrait revenir sur une position diplomatique datant de 1979: le "principe de la Chine unique", par lequel le régime communiste interdit tout contact officiel entre Taïwan et des pays étrangers.Lors d'un entretien par téléphone, mi-février, avec Xi Jinping, le président américain avait cependant joué l'apaisement et assuré qu'il respecterait le principe de la Chine unique, ouvrant la perspective d'une rencontre.Mais l'avertissement de Donald Trump jeudi sur Twitter et l'impatience grandissante de Washington face aux positions de Pékin sur la Corée du Nord peuvent laisser augurer d'un tête-à-tête tendu. Pékin a déjà annoncé la fin de ses importations de charbon nord-coréen, conformément aux sanctions de l'ONU visant à convaincre ce pays de renoncer à ses programmes nucléaire et balistique.Mais la Chine est vent debout contre le bouclier antimissile Thaad que les Etats-Unis ont commencé à déployer en Corée du Sud, y voyant une atteinte à sa force de dissuasion.L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a affirmé jeudi que la Chine pouvait et devait faire plus pour forcer la Corée du Nord à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique, et martelé que Washington ne se contenterait pas d'un nouveau débat à l'ONU. "Je n'ai pas la patience pour ça et ça n'aide personne. Il ne s'agit pas de moi. Cette administration (Trump, ndlr) n'a pas la patience pour ça", a-t-elle déclaré. Interrogé sur la Corée du Nord, le vice-ministre chinois a rappelé vendredi que Pékin était partisan de la "dénucléarisation de la péninsule"."La situation dans la péninsule coréenne est complexe et sensible", a-t-il estimé, avant d'appeler les parties en présence à "s'abstenir de toute mesure ou déclarations de nature à compromettre la paix et la stabilité régionales". Lors d'une visite à Séoul mi-mars, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson avait affirmé que l'option militaire était "sur la table" face aux menaces de Pyongyang.