"Nous avons besoin d'objectifs objectifs clairs et réalistes et rapidement", déclare Thomas Piketty au site d'analyse TheConversation.com. "Certains parient encore sur un Grexit. Ils se fixent des buts impossibles à atteindre, de telle sorte que la Grèce soit poussée vers la sortie si le pays échoue", déclare l'économiste français dans une interview réalisée suite à la réélection surprise d'Alexis Tsipras. Thomas Pikkety ...

"Nous avons besoin d'objectifs objectifs clairs et réalistes et rapidement", déclare Thomas Piketty au site d'analyse TheConversation.com. "Certains parient encore sur un Grexit. Ils se fixent des buts impossibles à atteindre, de telle sorte que la Grèce soit poussée vers la sortie si le pays échoue", déclare l'économiste français dans une interview réalisée suite à la réélection surprise d'Alexis Tsipras. Thomas Pikkety est pour la création d'un parlement de la zone euro "dans lequel les motifs de chacun doivent être rendus publics". Piketty est aussi d'avis que c'est maintenant que doivent avoir lieu les discussions sur la restructuration de la dette grecque. "En reportant les discussions, nous risquons de nous rendre compte dans un à deux ans que les conditions du plan de sauvetage ne seront pas respectées", prévient-il. "Si l'Europe continue de presser la Grèce pour obtenir des remboursements, on doit s'attendre à de nouvelles crises et le problème ne sera pas résolu ", avertit Pikkety. "Nous voulons que la Grèce pendant 20 à 30 ans se crée un énorme excédent budgétaire, afin d'avoir à disposition un immense budget pour honorer ses remboursements", critique l'économiste. Comment expliquer cela aux jeunes ? Jusqu'à ce que l'économie grecque se soit un peu rétablie, il semble raisonnable qu'un excédent budgétaire réduit au niveau du PIB soit suffisant. Cela semble normal et pas exagérément punitif". Piketty est aussi partisan de la mise sur pied d'un parlement de la zone euro. "Actuellement, la zone euro est gérée comme une technocratie. Les chefs d'Etat se réunissent à huit clos", lance-t-il. "Ils gouvernent sur des propositions impossibles en plein milieu de la nuit, comme la privatisation de 50 milliards des actifs grecs, alors que tout le monde sait qu'il s'agit d'une braderie. Comme si l'économie grecque allait vendre ses actifs dans ces circonstances. Cela se fait sans délibération juridique et sans que les motifs derrière ces décisions soient expliqués. Nous devons mettre fin à cette Europe et instaurer un parlement de la zone euro, où les motifs de chacun seront rendus publics."