"Je crois passionnément que le meilleur est à venir et que notre futur est plein de promesses", doit affirmer la dirigeante en clôture du congrès de son Parti conservateur réuni à Birmingham (centre de l'Angleterre) depuis dimanche, selon des extraits de son discours transmis à l'avance par ses services.

Malgré l'impasse des discussions actuelles entre Londres et Bruxelles, la cheffe du gouvernement britannique va présenter le Brexit comme une "période d'opportunité", et assurer que son plan de Chequers demeure "dans l'intérêt national".

Ce plan prévoit de conserver une relation économique étroite entre le Royaume-Uni et l'UE après le divorce, par le maintien de règles communes sur les biens industriels et produits agricoles. Il a été rejeté par les dirigeants européens, qui ont demandé à Theresa May de revoir sa copie d'ici au prochain sommet européen, qui débute le 18 octobre.

Les discussions entre Londres et Bruxelles devraient reprendre de plus belle dès la fin du congrès conservateur avec l'objectif de parvenir à un accord au plus tard d'ici mi-novembre.

A six mois de la concrétisation du divorce, le 29 mars 2019, "le temps presse", a jugé mercredi la ministre française chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau. "Une absence d'accord sera toujours meilleure qu'un mauvais accord", a-t-elle mis en garde, en écho au credo de Mme May.

Tromperie

À Birmingham, les quatre jours du congrès ont exposé au grand jour les divisions des Tories.

Dans le grand auditorium du Centre des congrès, les événements officiels, lors desquels s'exprimaient uniquement les ministres, ont fait entendre un gouvernement bien décidé à défendre la Première ministre et sa proposition.

Mais dans les salles annexes, plusieurs députés influents, au premier rang desquels l'eurosceptique Jacob Rees-Mogg, l'ex-ministre chargé du Brexit, David Davis, et l'ancien chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, ont réclamé d'abandonner Chequers et proposé à la place un accord de libre-échange similaire à celui signé entre l'UE et le Canada.

Le plan de Chequers "est une tromperie", a affirmé mardi Boris Johnson lors d'un discours prononcé devant près de 1.500 militants, au cours duquel il a vanté "les immenses opportunités" offertes par sa contre-proposition.

La bataille pour la direction du parti, latente depuis le recul enregistré aux élections législatives anticipées de juin 2017, est néanmoins restée contenue. Aucun rival de la Première ministre ne s'est positionné frontalement.

"Pour l'heure, le parti tente de maintenir Theresa May au pouvoir aussi longtemps que possible", analyse pour l'AFP Mark Garnett, professeur à l'université de Lancaster. "Aucun candidat potentiel ne souhaite prendre sa place dans une période si difficile".

Mais selon le Telegraph, elle est "sous pression pour fixer un calendrier pour son départ" de son poste, affirmant que certains membres de son cabinet souhaitent qu'elle démissionne aussitôt le Brexit consommé.

'Rouge écarlate'

Theresa May, qui ne dispose que d'une très courte majorité au Parlement, est à la merci d'une rébellion de ses parlementaires, divisés entre tenants d'une rupture nette avec l'UE et défenseurs du maintien de liens étroits.

Elle doit également prendre en compte les exigences de son allié, le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP.

Alors que Theresa May a annoncé qu'elle allait soumettre bientôt une nouvelle proposition sur la question de la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, principale source de blocage des négociations avec l'UE, la cheffe du DUP, Arlene Foster a averti qu'"il ne peut pas y avoir de frontière en mer d'Irlande, il ne peut pas y avoir de différentiel réglementaire entre l'Irlande du nord et le reste du Royaume-Uni".

"C'est une ligne rouge, et elle est rouge écarlate", a-t-elle ajouté sur la BBC.