"Je crois que nous avons 80%" de chances de parvenir à une entente, "et 20%, peut-être, qu'il soit difficile de parvenir à un accord à ce stade", a déclaré M. Ebrard en conférence de presse à Washington.

"D'après ce que nous avons constaté au cours de ces journées de travail, je vois que oui, il va y avoir une négociation et, dès lors, je peux supposer que nous pouvons éviter l'imposition des tarifs", a-t-il ajouté.

Le Mexique espère trouver "un point de rapprochement" avec les Etats-Unis mais se tient également "prêt" si les négociations échouaient, a affirmé le ministre, sans davantage de précision.

Donald Trump a surpris jeudi soir en annonçant que les Etats-Unis appliqueraient à partir du 10 juin une taxe de 5% sur tous les biens provenant du Mexique, qui pourront augmenter progressivement jusqu'à atteindre 25% le 1er octobre si ce pays ne parvenait pas à réduire drastiquement l'afflux de migrants d'Amérique centrale franchissant clandestinement la frontière des Etats-Unis.

Le chef de la diplomatie mexicaine mène la délégation envoyée vendredi à Washington par le président Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) pour dialoguer avec l'administration Trump afin de trouver une solution de consensus qui permettrait d'éviter ces taxes qui, d'après les économistes, seraient néfastes aux deux pays.

M. Ebrard doit rencontrer mercredi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo pour une réunion qui "sera probablement longue" mais fructueuse, a voulu croire M. Ebrard.

"En partant du principe que le Mexique fait déjà un très gros effort, nous partageons l'inquiétude (des Etats-Unis) et estimons que l'augmentation très forte du flux migratoire que nous constatons peut avoir une solution", a encore déclaré M. Ebrard.

Le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer doit rencontrer mardi un haut responsable de la délégation mexicaine, Jesus Seade, a précisé le ministre.

Ces deux hommes ont négocié ensemble le nouvel accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada (AEUMC), dont la ratification pourrait être affectée par ces tensions entre les deux pays.