La perspective d'une suppression des voitures de société - et des cartes d'essence qui y sont liées! - fait l'objet d'un nouveau match au sein de la Vivaldi, depuis cette semaine. Une réforme a déjà été engrangée pour "verdir" le parc automobile, mais les écologistes veulent aller plus loin... que ce qui avait été décidé dans l'accord de gouvernement. Les libéraux calent ou demandent une compensation XXL.
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La perspective d'une suppression des voitures de société - et des cartes d'essence qui y sont liées! - fait l'objet d'un nouveau match au sein de la Vivaldi, depuis cette semaine. Une réforme a déjà été engrangée pour "verdir" le parc automobile, mais les écologistes veulent aller plus loin... que ce qui avait été décidé dans l'accord de gouvernement. Les libéraux calent ou demandent une compensation XXL. Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo à la Chambre, et Georges-Louis Bouchez, président du MR, s'expliquent pour Trends Tendances."Nous avons déjà réformé le système en décidant de verdir le parc des voitures de société, souligne Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo à la Chambre. C'était dans l'accord de gouvernement et cela a été décidé. Au moment des négociations, en 2020, nous avions déjà prôné la suppression complète du système, mais les libéraux s'y étaient opposés. Si nous revenons avec cela maintenant, c'est parce qu'il y a deux éléments nouveaux indiquant que le moment est venu. D'une part, le récent rapport de la Banque national remet en cause le système des voitures-salaires qui concerne 15% des travailleurs, une minorité pour lequel tout le monde paye, et coûte plus de 2 milliards d'euros par an, sans compter la carte carburant qui est un avantage en or avec les coûts de l'essence actuels. D'autre part, les positions des socialistes et des libéraux semblent avoir évolué, si j'en crois les expressions de Thomas Dermine (PS) et Mathieu Michel (MR) à la télévision, dimanche dernier. On sent bien que ce système est devenu indéfendable"Concrètement, Ecolo propose de phaser cette évolution: "Jusqu'en 2026, on doit verdir le parc des voitures de société pour qu'elles soient zéro émission, en vertu de l'accord décidé, souligne Gilles Vanden Burre. A partir de 2026, on pourrait les supprimer progressivement. Je parle bien sûr des voitures-salaires, pas des voitures qui servent comme outils de travail chez Proximus ou bpost, par exemple. A partir de 2026, donc, on laisserait terminer les leasings en cours. Et on pourrait compenser cela par un budget mobilité et une autre partie en euros. Cela, ça fait partie de l'accord de gouvernement: le fait de préférer des valorisations en cash plutôt que vie des avantages ou des chèques. Tout cela pourrait se faire de façon progressive.""Commençons déjà par voir comment on peut concrétiser l'accord qui a été conclu pour transformer le parc des voitures de société, souligne Georges-Louis Bouchez, président du MR. Pour atteindre les zéro émissions, il faut basculer massivement vers l'électricité ou l'hydrogène. C'est cela notre priorité, pas de discuter d'une nouvelle réforme."Le cas échéant, le MR a déjà exprimé très clairement que ce serait exclu tant qu'une compensation se fasse pour les travailleurs concernés, pour un montant de 500 à 1000 euros. "Il ne s'agit pas uniquement de compenser ceux qui sont actuellement dans le système, mais aussi ceux qui pourraient en bénéficier dans le futur, dit le président du MR. Avec un système d'extinction progressive tel que le prône Ecolo, cela signifie que des centaines de milliers de travailleurs perdront du pouvoir d'achat. Je parle bien d'une diminution structurelle des cotisations sociales pour les personnes concernées. Il faut rendre du cash, et à une hauteur important parce que l'on évoque la voiture, mais aussi la carte essence qui est un avantage important en cette période de pleins à 100 euros."Pour le MR, il est "exclu de pénaliser ces travailleurs". "De quoi parle-t-on?, constate Georges-Louis Bouchez. Il y a aujourd'hui bien plus de voitures que de vélos, on parle de 6 millions de véhicules en Belgique. Ecolo semble l'oublier. Nous, libéraux, sommes leurs derniers défenseurs."Le match pourrait être reporté, faute d'un terrain praticable.