Chez les grossistes, les prix du gaz et de l'électricité ont plus que triplé ces derniers mois. Selon M. Bijnens, "la récente augmentation des prix est sans doute temporaire" et résulte de multiples facteurs. "Tout d'abord, la demande est plus élevée que prévu en raison de la reprise rapide observée après le début de la crise du Covid-19, mais une série de facteurs météorologiques et géopolitiques limitent l'approvisionnement en gaz et en énergie renouvelable. Ensuite, les investissements dans l'énergie verte ont probablement été insuffisants pour compenser la baisse des investissements fossiles classiques", poursuit l'économiste.

Alors que les prix de gros de l'électricité sont récemment passés de quelque 50 euros/MWh à plus de 200 euros/MWh, le marché des contrats à terme anticipe une baisse de ces tarifs à partir de 2022. "Cependant, même pour une livraison au début de 2023, le prix demeure supérieur à 100 euros/MWh, soit environ le double de celui pratiqué en 2018-2019. Pour les clients industriels, un doublement du tarif de gros pourrait entraîner un accroissement du prix final de 30 à 75%." Au final, l'alourdissement de la facture dépendra du profil du consommateur.

Pour les entreprises qui produisent de l'acier et d'autres métaux, mais aussi de celles qui fabriquent des engrais artificiels, du papier et certains produits chimiques, l'énergie représente une large part de leurs coûts de production. "Elles ne peuvent pas toujours répercuter cette hausse auprès des clients, sous peine de voir leurs volumes de ventes chuter. Moins de ventes, cela signifie à terme moins d'emplois, a fortiori si la cause de cette diminution - une électricité plus chère - se révèle finalement permanente", explique M. Bijnens.

Des calculs détaillés pour la Belgique montrent qu'un accroissement durable des tarifs de l'électricité de 30% par rapport à leur niveau historique pourrait coûter jusqu'à 10.000 emplois. En Europe, les plus touchés seraient l'Allemagne (130.000 emplois) et l'Italie (55.000). Chez nous, la Flandre est plus vulnérable à la hausse des prix de l'énergie que la Wallonie.

Ces calculs ne tiennent compte que des répercussions de la hausse du prix de l'énergie sur les entreprises qui en consomment beaucoup, mais ne tiennent pas compte des évolutions dans d'autres pans de l'économie, nuance tout de même l'économiste. "L'expérience du passé nous a appris que les emplois perdus ne font pas nécessairement grimper le chômage mais qu'ils peuvent être compensés dans d'autres entreprises et branches d'activité, éventuellement dans l'économie verte en plein essor. Un marché de l'emploi flexible, sur lequel les travailleurs peuvent facilement changer de poste, est indispensable pour permettre cette transition."

Chez les grossistes, les prix du gaz et de l'électricité ont plus que triplé ces derniers mois. Selon M. Bijnens, "la récente augmentation des prix est sans doute temporaire" et résulte de multiples facteurs. "Tout d'abord, la demande est plus élevée que prévu en raison de la reprise rapide observée après le début de la crise du Covid-19, mais une série de facteurs météorologiques et géopolitiques limitent l'approvisionnement en gaz et en énergie renouvelable. Ensuite, les investissements dans l'énergie verte ont probablement été insuffisants pour compenser la baisse des investissements fossiles classiques", poursuit l'économiste. Alors que les prix de gros de l'électricité sont récemment passés de quelque 50 euros/MWh à plus de 200 euros/MWh, le marché des contrats à terme anticipe une baisse de ces tarifs à partir de 2022. "Cependant, même pour une livraison au début de 2023, le prix demeure supérieur à 100 euros/MWh, soit environ le double de celui pratiqué en 2018-2019. Pour les clients industriels, un doublement du tarif de gros pourrait entraîner un accroissement du prix final de 30 à 75%." Au final, l'alourdissement de la facture dépendra du profil du consommateur. Pour les entreprises qui produisent de l'acier et d'autres métaux, mais aussi de celles qui fabriquent des engrais artificiels, du papier et certains produits chimiques, l'énergie représente une large part de leurs coûts de production. "Elles ne peuvent pas toujours répercuter cette hausse auprès des clients, sous peine de voir leurs volumes de ventes chuter. Moins de ventes, cela signifie à terme moins d'emplois, a fortiori si la cause de cette diminution - une électricité plus chère - se révèle finalement permanente", explique M. Bijnens. Des calculs détaillés pour la Belgique montrent qu'un accroissement durable des tarifs de l'électricité de 30% par rapport à leur niveau historique pourrait coûter jusqu'à 10.000 emplois. En Europe, les plus touchés seraient l'Allemagne (130.000 emplois) et l'Italie (55.000). Chez nous, la Flandre est plus vulnérable à la hausse des prix de l'énergie que la Wallonie. Ces calculs ne tiennent compte que des répercussions de la hausse du prix de l'énergie sur les entreprises qui en consomment beaucoup, mais ne tiennent pas compte des évolutions dans d'autres pans de l'économie, nuance tout de même l'économiste. "L'expérience du passé nous a appris que les emplois perdus ne font pas nécessairement grimper le chômage mais qu'ils peuvent être compensés dans d'autres entreprises et branches d'activité, éventuellement dans l'économie verte en plein essor. Un marché de l'emploi flexible, sur lequel les travailleurs peuvent facilement changer de poste, est indispensable pour permettre cette transition."