"Cela fait des mois que nous plaidons pour cet accord commercial. Nous tendons la main. Je souhaite que les Etats-Unis écoutent cette voix qui est à mon sens la voix de la sagesse", a déclaré le ministre, qualifiant les sanctions "d'erreur économique profonde". "Si l'administration américaine refuse la main tendue par la France et par l'UE, nous nous tenons prêt à réagir, par des sanctions qui seraient dans le cadre de l'OMC", a-t-il cependant menacé, en marge d'une visite d'entreprise à Paris.

Plus tôt dans la matinée, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a indiqué sur BFMTV et RMC que l'exécutif français prévoyait "des mesures de rétorsion" contre les Etats-Unis en concertation avec l'Union européenne, si Washington appliquait les sanctions annoncées.

Mercredi, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient frapper, dès le 18 octobre, 7,5 milliards de dollars de produits européens de tarifs douaniers punitifs, tout en affirmant "espérer entamer des négociations avec l'Union Européenne".

Cette décision vient répercuter une victoire de Washington devant l'Organisation mondiale du commerce, après 15 ans de bataille judiciaire au sujet des subventions accordées à l'avionneur Airbus. L'OMC a en effet autorisé Washington à prendre des sanctions record, jugeant que le constructeur aéronautique européen avait bénéficié de subventions indues.

Les taxes viseront des produits fabriqués par la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni, les quatre partenaires du groupe européen Airbus.

Les avions civils pourront être exportés aux Etats-Unis au prix majoré de 10%, tandis que des vins, des fromages, des olives, des coquillages ou encore des haches et des tournevis seront eux frappés d'une majoration de 25%.

Dans une procédure miroir, l'OMC devrait au printemps autoriser l'UE à imposer elle aussi des droits de douane en réaction à des subventions indues versées cette fois par le gouvernement américain à Boeing.