Le président français "n'abandonnera pas le projet" contesté mais "il est disposé à l'améliorer, par le truchement des discussions avec les syndicats", a expliqué la présidence, en laissant entrevoir "des avancées d'ici la fin de la semaine".

Au lendemain d'une troisième journée de manifestation, les leaders syndicaux et patronaux rencontrent mercredi le Premier ministre Edouard Philippe et le nouveau "M. Retraites" du gouvernement, Laurent Pietraszewski.

Objectif: trouver une sortie à cette crise qui paralyse largement les transports publics, notamment en région parisienne, depuis le 5 décembre.

Selon la présidence, M. Macron s'est notamment fixé pour "objectif d'obtenir une pause" de la mobilisation "pendant les fêtes" de fin d'année qui donnent traditionnellement lieu à de nombreux déplacements familiaux. Les syndicats aux avant-postes de la contestation ont pour l'instant affirmé leur volonté de poursuivre le mouvement, sans marquer de "trêve" pendant les congés de Noël, qui débutent vendredi.

Le compromis envisagé par M. Macron concernerait "une amélioration possible autour de l'âge pivot", pour l'instant prévu à 64 ans à partir de 2027, afin d'équilibrer financièrement le système. Les salariés prenant leur retraite avant cet âge subiraient une décote, ceux partant plus tard percevant au contraire un "bonus".

C'est l'annonce de cette mesure "inacceptable" pour l'ensemble des syndicats qui avait fait basculer la CFDT - premier syndicat français, considéré comme "réformiste" - dans le camp des opposants à un projet dont il soutenait pourtant le principe.

"Pour la CFDT, c'est clair: nous n'en voulons pas", a réitéré son leader Laurent Berger.

Après les partenaires sociaux, Edouard Philippe doit recevoir jeudi les dirigeants de la RATP (transports parisiens) et de la SNCF (trains).

- Lassitude -

Le temps presse. Se déplacer restait un défi mercredi, en particulier en région parisienne. Huit lignes de métro restaient fermées à Paris et seul un train sur trois ou quatre circulait dans l'ensemble du pays.

Si une majorité de Français soutient le mouvement, selon les sondages, de nombreux usagers des transports publics expriment leur lassitude.

"Depuis le premier jour de grève, le 5 décembre, je pars vers 04H00 du matin pour éviter les embouteillages et le soir j'arrive à la maison vers 21H30. Je commence à être fatigué", confie à l'AFP François. Confronté à la suppression de la plupart des trains sur sa ligne, cet enseignant qui vit à Marseille (sud-est) doit prendre sa voiture pour rejoindre son travail à Nîmes, à 120 kilomètres.

La journée de mobilisation de mardi a été "un franc succès", a estimé Philippe Martinez, leader du syndicat CGT, en tête de la contestation. Les manifestants étaient 615.000 à travers le pays selon les autorités, la CGT avançant le chiffre de 1,8 million.

Le Premier ministre a répété mardi sa "détermination totale" à mener à bien la réforme promise par Emmanuel Macron et à créer le "système universel" de retraite par points, censé remplacer les 42 régimes existants, mais les signes d'ouverture se multiplient. Le Premier ministre a déjà prévu de revoir les partenaires sociaux "ensemble" lors d'une réunion jeudi, propice à d'ultimes compromis.

Le système de retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un système par répartition jusqu'à présent réputé comme étant parmi les plus protecteurs au monde.

Les détracteurs du projet comptent sur la relative impopularité du président Macron pour sortir victorieux du conflit et sur un contexte social tendu depuis la mobilisation depuis plus d'un an du mouvement des "gilets jaunes", mais aussi sur les mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les étudiants, les policiers, les agriculteurs.

Le président français "n'abandonnera pas le projet" contesté mais "il est disposé à l'améliorer, par le truchement des discussions avec les syndicats", a expliqué la présidence, en laissant entrevoir "des avancées d'ici la fin de la semaine". Au lendemain d'une troisième journée de manifestation, les leaders syndicaux et patronaux rencontrent mercredi le Premier ministre Edouard Philippe et le nouveau "M. Retraites" du gouvernement, Laurent Pietraszewski.Objectif: trouver une sortie à cette crise qui paralyse largement les transports publics, notamment en région parisienne, depuis le 5 décembre.Selon la présidence, M. Macron s'est notamment fixé pour "objectif d'obtenir une pause" de la mobilisation "pendant les fêtes" de fin d'année qui donnent traditionnellement lieu à de nombreux déplacements familiaux. Les syndicats aux avant-postes de la contestation ont pour l'instant affirmé leur volonté de poursuivre le mouvement, sans marquer de "trêve" pendant les congés de Noël, qui débutent vendredi.Le compromis envisagé par M. Macron concernerait "une amélioration possible autour de l'âge pivot", pour l'instant prévu à 64 ans à partir de 2027, afin d'équilibrer financièrement le système. Les salariés prenant leur retraite avant cet âge subiraient une décote, ceux partant plus tard percevant au contraire un "bonus". C'est l'annonce de cette mesure "inacceptable" pour l'ensemble des syndicats qui avait fait basculer la CFDT - premier syndicat français, considéré comme "réformiste" - dans le camp des opposants à un projet dont il soutenait pourtant le principe."Pour la CFDT, c'est clair: nous n'en voulons pas", a réitéré son leader Laurent Berger.Après les partenaires sociaux, Edouard Philippe doit recevoir jeudi les dirigeants de la RATP (transports parisiens) et de la SNCF (trains).- Lassitude -Le temps presse. Se déplacer restait un défi mercredi, en particulier en région parisienne. Huit lignes de métro restaient fermées à Paris et seul un train sur trois ou quatre circulait dans l'ensemble du pays.Si une majorité de Français soutient le mouvement, selon les sondages, de nombreux usagers des transports publics expriment leur lassitude. "Depuis le premier jour de grève, le 5 décembre, je pars vers 04H00 du matin pour éviter les embouteillages et le soir j'arrive à la maison vers 21H30. Je commence à être fatigué", confie à l'AFP François. Confronté à la suppression de la plupart des trains sur sa ligne, cet enseignant qui vit à Marseille (sud-est) doit prendre sa voiture pour rejoindre son travail à Nîmes, à 120 kilomètres.La journée de mobilisation de mardi a été "un franc succès", a estimé Philippe Martinez, leader du syndicat CGT, en tête de la contestation. Les manifestants étaient 615.000 à travers le pays selon les autorités, la CGT avançant le chiffre de 1,8 million.Le Premier ministre a répété mardi sa "détermination totale" à mener à bien la réforme promise par Emmanuel Macron et à créer le "système universel" de retraite par points, censé remplacer les 42 régimes existants, mais les signes d'ouverture se multiplient. Le Premier ministre a déjà prévu de revoir les partenaires sociaux "ensemble" lors d'une réunion jeudi, propice à d'ultimes compromis.Le système de retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un système par répartition jusqu'à présent réputé comme étant parmi les plus protecteurs au monde. Les détracteurs du projet comptent sur la relative impopularité du président Macron pour sortir victorieux du conflit et sur un contexte social tendu depuis la mobilisation depuis plus d'un an du mouvement des "gilets jaunes", mais aussi sur les mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les étudiants, les policiers, les agriculteurs.