Il y a le " on ", le discours officiel. Et le " off ", ce qui se dit en coulisses.

" On ", les 27 pays de l'Union (le Royaume-Uni étant dans la situation que l'on sait), qui s'étaient réunis pour un sommet informel dans la ville de Sibiu, en Roumanie, ont publié une déclaration en 10 points concernant leur " avenir commun ".

Les Européens s'engagent ainsi à rester " unis envers et contre tout " ; à chercher des " solutions communes " ; à protéger leur mode de vie, leurs citoyens, la démocratie et l'état de droit ; à faire de l'Union " un acteur de premier plan responsable sur la scène mondiale "... Une succession de bonnes intentions qui suscite surtout des commentaires vachards dans les milieux diplomatiques.

" Off ", les discussions entre les 27 furent moins lénifiantes. Il s'agissait d'essayer de trouver qui va remplacer le trio qui dirige l'Europe. En effet, en octobre, le président de la Commission Jean-Claude Juncker et le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi tirent leur révérence. Quant au président du Conseil, Donald Tusk, il quitte sa fonction un mois plus tard. Et un consensus à 27 n'est pas facile à trouver.

Traditions récentes

Pour la présidence de la Commission européenne, il existe une tradition récente qui veut que chaque groupe politique du Parlement européen choisisse son candidat, et que ce fauteuil échoie au final au groupe qui remporte les élections européennes. Les deux groupes actuellement les plus importants sont les PPE (les démocrates-chrétiens), qui veulent propulser l'Allemand Manfred Weber, et les socialistes, qui ont désigné le Néerlandais Frans Timmermans. Cela ne fait pas les affaires des chefs d'Etat de tendance " libérale " (Emmanuel Macron, Mark Rutte, etc.) qui désirent que le prochain chef de la Commission soit choisi par les chefs d'Etat et de gouvernement des 27. Cela laisserait davantage de chances à l'actuelle commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, ou au négociateur en chef du Brexit, le Français Michel Barnier.

Du côté de la Banque centrale européenne, qui a déjà vu défiler à sa tête un Néerlandais (Wim Duisenberg), un Français (Jean-Claude Trichet) et un Italien (Mario Draghi), l'Allemagne estime que c'est désormais son tour. Le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, est donc en bonne position. Toutefois, c'est un faucon et sa nomination risque de provoquer un clivage " Nord-Sud " au sein du conseil de gouvernance de l'institution.

Désigner un successeur à Donald Tusk ne sera pas simple non plus : il doit être choisi par les chefs d'Etat et de gouvernement des 27. Parmi les candidats possibles : Mark Rutte ou la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité. Mais comme disait un fin politique de chez nous : " Tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien "...