Cette fois sera-t-elle la bonne ? La nouvelle ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), a annoncé sa volonté d'instaurer une taxation kilométrique intelligente sur le territoire de la Région. Certes, Rudi Vervoort, ministre-président, a voulu calmer le jeu après la sortie de sa collègue, indiquant que " toute déclaration sur ce point de membres du gouvernement bruxellois est prématurée ", tant qu'aucune discussion n'aura été menée avec les autres Régions. Mais Elke Van den Brandt n'a pas tort de penser qu'il n'y aura sans doute pas d'accord pour organiser, au niveau natio...

Cette fois sera-t-elle la bonne ? La nouvelle ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), a annoncé sa volonté d'instaurer une taxation kilométrique intelligente sur le territoire de la Région. Certes, Rudi Vervoort, ministre-président, a voulu calmer le jeu après la sortie de sa collègue, indiquant que " toute déclaration sur ce point de membres du gouvernement bruxellois est prématurée ", tant qu'aucune discussion n'aura été menée avec les autres Régions. Mais Elke Van den Brandt n'a pas tort de penser qu'il n'y aura sans doute pas d'accord pour organiser, au niveau national, une formule de péage kilométrique modulée selon l'heure et le lieu, afin de réduire les embouteillages. En effet, les politiques wallons n'en veulent pas, car les problèmes de trafic sont moins sévères au sud du pays, et les trajets moyens plus longs qu'à Bruxelles. Quant à la Flandre, elle ne devrait pas non plus être intéressée. Elle a pourtant été en pointe sur le sujet. Mais le ministre sortant de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), a enterré le projet en avril, pour ne pas donner du carburant électoral au Vlaams Belang qui y était opposé vent debout. Bart De Wever a donc préféré le mettre au frigo, où il devrait rester un certain temps. Si un péage automobile doit être instauré, ce sera donc bien à Bruxelles et pas ailleurs. D'autant qu'il peut être mis en place aisément. Un accord interrégional n'est en effet pas nécessaire " pour les taxes reprises dans la loi de financement de 2002 (taxe de mise en circulation, taxe de circulation, eurovignette) ", explique Michel Martens, directeur research & public policy de la Febiac (Fédération des importateurs de voitures). L'exécutif bruxellois passera-t-il donc à l'action ? Précision technique : la ministre Elke Van den Brandt a parlé d'un péage kilométrique utilisant des caméras. Elle voulait sans doute parler d'un péage urbain, comme à Londres, où des caméras lisent les plaques pour contrôler les véhicules, avec un montant journalier. Un péage kilométrique serait un dispositif plus lourd, imposant des terminaux à bord de tous les véhicules, comme c'est déjà le cas pour les camions en Belgique. Rappelons que cela fait presque 10 ans que l'exécutif de la Région envisage un péage urbain ou kilométrique. Il a même été étudié par le bureau Stratec, qui a calculé que s'il était de 3 euros par jour, la circulation serait effectivement en recul, et qu'il générerait une recette nette annuelle s'élevant à 323 millions d'euros. En 2013, la Febiac a aussi publié une grosse étude sur un péage kilométrique en Belgique, destiné à remplacer les taxes de circulation et une partie des accises sur le carburant. L'initiative, plutôt audacieuse, avait reçu un accueil poli, sans suite. In fine, tout dépendra ici de la volonté de la majorité bruxelloise. Groen estime certes qu'il faudra mettre seul en place un péage en l'absence d'un accord avec les autres Régions. Mais DéFI, autre membre de la majorité, s'est déjà dit opposé à cette idée.