La France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la République islamique discutent depuis quelques jours des moyens de sauver cet accord international conclu à Vienne en 2015 et menacé depuis que les Etats-Unis s'en sont retirés unilatéralement en mai 2018 avant de rétablir puis intensifier une série de sanctions économiques contre l'Iran.

L'accord de Vienne offre à l'Iran la levée d'une partie des sanctions internationales à son endroit en échange d'une limitation drastique de son programme nucléaire destinée à rendre impossible l'acquisition de l'arme atomique par la République islamique.

En réaction au retour des sanctions américaines, l'Iran a commencé à se désengager de certains de ses engagements pris à Vienne et menace de se délier encore un peu plus de l'accord à partir du 7 septembre.

L'Iran "reviendra à l'application complète [de l'accord] seulement s'il est capable de vendre son pétrole et de profiter sans entrave de l'argent de ces ventes", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, cité par l'agence officielle Irna et d'autres médias iraniens.

"La proposition de la France va dans ce sens", a ajouté M. Araghchi en faisant référence à une initiative diplomatique poussée par le président Emmanuel Macron pour éviter la désintégration totale de l'accord de Vienne.

Selon Irna, M. Araghchi, qui était lundi à Paris avec une équipe de négociateurs iraniens, a indiqué que les discussions portaient sur le possible déblocage d'une ligne de crédit "d'environ 15 milliards de dollars sur quatre mois".

Ce montant correspond à environ un tiers des exportations iraniennes d'hydrocarbure en 2017, et les fonds avancés seraient remboursés via des ventes futures de pétrole, selon une source diplomatique française.

M. Araghchi a néanmoins fait état de "désaccords importants" entre les parties et a jugé peu probable une percée diplomatique avant samedi, et dans ce cas, a-t-il dit, "la réduction des engagements [pris par l'Iran] va continuer".

Mardi, le président iranien Hassan Rohani avait indiqué que la "troisième phase" du plan de réduction des engagements iraniens aurait lieu comme prévu "dans les prochains jours" à moins que les autres parties ne prennent une mesure "importante".

Après ces propos, Paris a mis en garde l'Iran, en estimant que cela enverrait "clairement un mauvais signal".