"Je pense que nous devons utiliser tous les outils pour (servir) les intérêts nationaux", a affirmé le président Rohani dans un discours retransmis en direct par la TV d'Etat. "Si je sais que je vais à une réunion susceptible de conduire à la prospérité dans mon pays et de régler les problèmes des gens, je n'hésite pas", a-t-il ajouté. "L'essentiel est l'intérêt national", a-t-il insisté sous les applaudissements du public, lors d'un évènement marquant les réalisations du gouvernement dans les zones rurales.

Le gouvernement iranien fait face à des critiques virulentes après la visite surprise de M. Zarif, invité dimanche à Biarritz par le président français Emmanuel Macron, en marge du sommet du G7. M. Zarif a rencontré M. Macron et son homologue français Jean-Yves Le Drian ainsi que des représentants des deux autres pays européens -Allemagne et Grande-Bretagne- signataires de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015. Cet accord a été dénoncé par les Etats-Unis, qui ont réimposé des sanctions économiques étouffant l'Iran.

L'administration du président Donald Trump applique une politique de pression maximale sur Téhéran, qui réplique en se libérant progressivement des limitations de son programme nucléaire prévues par l'accord de Vienne.

Lundi, le journal ultra-conservateur Kayhan a qualifié de "malvenu" le déplacement du ministre des Affaires étrangères en France.

Kayhan a jugé que le fait qu'il s'agisse de la deuxième visite de M. Zarif en France en quelques jours envoie "un message de faiblesse et de désespoir".

"Ces démarches malvenues sont entreprises dans l'optique imaginaire d'une ouverture mais cela ne donnera aucun autre résultat que davantage d'insolence et de pression" de la part des Etats-Unis, a critiqué le journal.

Dans le journal réformiste Etemad, la visite de M. Zarif est en revanche jugé comme le "moment le plus prometteur" pour l'Iran depuis le retrait unilatéral il y a 15 mois de Washington de l'accord nucléaire.

"Vu les efforts déployés par (Emmanuel) Macron ces derniers mois, on peut espérer que les réponses de (Donald) Trump aux idées de Macron ont été la raison principale du déplacement de Zarif (...) à Biarritz", a avancé le journal.