Sacré Donald Trump. Voilà un président qui ne doute de rien, et surtout pas de ses qualités personnelles.

Il vient de déclarer paisiblement à la chaine de télévision conservatrice FOX que s'il était destitué, les marchés financiers s'effondreraient et les américains deviendraient plus pauvres, rien que cela.

Avant de discuter du contenu de cette déclaration, je rappelle que cette idée de destitution de Donald Trump est revenue dans l'actualité américaine depuis que son ancien avocat personnel, Michael Cohen, a déclaré - sous serment - avoir acheté, à la demande de Trump, le silence de deux maîtresses présumées, et cela, dans le but de ne pas compromettre sa campagne présidentielle de 2016.

Techniquement, cette destitution a peu de chance de se produire tant que les Républicains ont une majorité de sièges au Congrès américain.

Mais revenons à la déclaration Trump: est-il vrai que la Bourse va plonger s'il est destitué demain ou après-demain ? Est-ce vrai ou pas ?

Réponse: l'histoire boursière montre que les destitutions présidentielles ont peu d'impact sur la Bourse.

En fait, l'histoire américaine montre qu'il y a eu deux périodes, en 50 ans, où une "destitution" d'un président était possible. Du temps du président Nixon et du temps du président Clinton. Précisons toutefois que Bill Clinton n'a pas été destitué. Il a été condamné après son mandat à une amende et à une incapacité de travailler en tant qu'avocat mais aucune destitution en tant qur Président.

Et comment a réagi la Bourse dans les deux cas de figure ? Du temps de Nixon, la Bourse avait baissé de 23% durant les 12 mois qui ont précédé sa démission (avant que la procédure de destitution ne puisse vraiment démarrer).

En revanche, durant les 12 mois qui ont précédé la tentative d'"impeachment" de Clinton (en 1998), la Bourse avait grimpé de 25%.

Est-ce que cela veut dire que le destin de Nixon avait plus d'importance pour la Bourse que celui de Clinton ? Pas du tout.

Revenons-en à la déclaration Trump: est-il vrai que la Bourse va plonger s'il est destitué demain ou après-demain? Est-ce vrai ou pas?

L'analyse détaillée de ces deux périodes montre que c'est l'environnement économique et non pas la politique qui a fait chuter ou grimper la Bourse.

Autrement dit, si la Bourse a chuté du temps de Nixon, ce n'est pas à cause de ses soucis politiques, mais parce qu'en 1974, le système monétaire international était en plein chaos et que le prix du pétrole avait grimpé en flèche, ce qui a conduit à la stagflation, c'est-à-dire une situation de chômage élevé et de forte inflation. Bref, un cocktail indigeste pour la Bourse.

En revanche, si la Bourse a grimpé malgré les déboires politiques de Clinton, c'est parce que l'économie était en plein boom et que c'était le début de l'euphorie Internet.

Et donc, pour en revenir à Donald Trump, les analystes de la banque JP Morgan ne pensent pas qu'une destitution de l'actuel président pourrait faire dérailler les marchés financiers.

D'abord, parce que la baisse des impôts a été votée et que ses effets vont continuer à se faire sentir en Bourse. Et ensuite, parce que les gérants de fonds ne vont certainement pas quitter le marché des actions américaines.

Mieux encore, quand tout va mal, y compris aux Etats-Unis, les gestionnaires de fonds se réfugient souvent sur le marché boursier américain, car c'est le plus fiable et le plus grand.

Et donc, non, si Donald Trump devait être destitué, la Bourse ne s'effondrerait pas et les américains ne seraient pas plus pauvres. Mais c'est clair que son électorat va croire à cette fable.

Mais n'est-ce pas là le véritable but de cette déclaration surréaliste?

Sacré Donald Trump. Voilà un président qui ne doute de rien, et surtout pas de ses qualités personnelles. Il vient de déclarer paisiblement à la chaine de télévision conservatrice FOX que s'il était destitué, les marchés financiers s'effondreraient et les américains deviendraient plus pauvres, rien que cela. Avant de discuter du contenu de cette déclaration, je rappelle que cette idée de destitution de Donald Trump est revenue dans l'actualité américaine depuis que son ancien avocat personnel, Michael Cohen, a déclaré - sous serment - avoir acheté, à la demande de Trump, le silence de deux maîtresses présumées, et cela, dans le but de ne pas compromettre sa campagne présidentielle de 2016. Techniquement, cette destitution a peu de chance de se produire tant que les Républicains ont une majorité de sièges au Congrès américain. Mais revenons à la déclaration Trump: est-il vrai que la Bourse va plonger s'il est destitué demain ou après-demain ? Est-ce vrai ou pas ? Réponse: l'histoire boursière montre que les destitutions présidentielles ont peu d'impact sur la Bourse. En fait, l'histoire américaine montre qu'il y a eu deux périodes, en 50 ans, où une "destitution" d'un président était possible. Du temps du président Nixon et du temps du président Clinton. Précisons toutefois que Bill Clinton n'a pas été destitué. Il a été condamné après son mandat à une amende et à une incapacité de travailler en tant qu'avocat mais aucune destitution en tant qur Président.Et comment a réagi la Bourse dans les deux cas de figure ? Du temps de Nixon, la Bourse avait baissé de 23% durant les 12 mois qui ont précédé sa démission (avant que la procédure de destitution ne puisse vraiment démarrer). En revanche, durant les 12 mois qui ont précédé la tentative d'"impeachment" de Clinton (en 1998), la Bourse avait grimpé de 25%. Est-ce que cela veut dire que le destin de Nixon avait plus d'importance pour la Bourse que celui de Clinton ? Pas du tout. L'analyse détaillée de ces deux périodes montre que c'est l'environnement économique et non pas la politique qui a fait chuter ou grimper la Bourse. Autrement dit, si la Bourse a chuté du temps de Nixon, ce n'est pas à cause de ses soucis politiques, mais parce qu'en 1974, le système monétaire international était en plein chaos et que le prix du pétrole avait grimpé en flèche, ce qui a conduit à la stagflation, c'est-à-dire une situation de chômage élevé et de forte inflation. Bref, un cocktail indigeste pour la Bourse. En revanche, si la Bourse a grimpé malgré les déboires politiques de Clinton, c'est parce que l'économie était en plein boom et que c'était le début de l'euphorie Internet. Et donc, pour en revenir à Donald Trump, les analystes de la banque JP Morgan ne pensent pas qu'une destitution de l'actuel président pourrait faire dérailler les marchés financiers.D'abord, parce que la baisse des impôts a été votée et que ses effets vont continuer à se faire sentir en Bourse. Et ensuite, parce que les gérants de fonds ne vont certainement pas quitter le marché des actions américaines. Mieux encore, quand tout va mal, y compris aux Etats-Unis, les gestionnaires de fonds se réfugient souvent sur le marché boursier américain, car c'est le plus fiable et le plus grand. Et donc, non, si Donald Trump devait être destitué, la Bourse ne s'effondrerait pas et les américains ne seraient pas plus pauvres. Mais c'est clair que son électorat va croire à cette fable. Mais n'est-ce pas là le véritable but de cette déclaration surréaliste?