Quelles sont les conséquences pour notre économie et pour le portefeuille des Belges des attentats de Paris ainsi que l'instauration du niveau 4 de menace terroriste sur le territoire de Bruxelles ? Un certain nombre d'économistes craignent un impact clairement perceptible, certainement si l'angoisse se prolonge dans le temps.
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Quelles sont les conséquences pour notre économie et pour le portefeuille des Belges des attentats de Paris ainsi que l'instauration du niveau 4 de menace terroriste sur le territoire de Bruxelles ? Un certain nombre d'économistes craignent un impact clairement perceptible, certainement si l'angoisse se prolonge dans le temps.L'économiste en chef de la Banque Centrale européenne (BCE), Peter Praet, a rapidement attiré l'attention sur le fait que les attentats terroristes peuvent miner la confiance, ce qui rend les gens peu enclins à dépenser leur argent. La consommation est alors touchée, ce qui n'est bien sûr pas bon pour notre économie.À côté de cela, le gouvernement a répété à plusieurs reprises que ce sont surtout 'les lieux très fréquentés' qui seraient ciblés par les terroristes, ce qui fait que de nombreux magasins et restaurants ont fermé leurs portes à Bruxelles. Jamais les rues commerçantes de la capitale européenne n'ont paru aussi désolées. Cela peut forcément avoir son effet sur notre comportement d'achat, et donc sur l'économie.Le senior economist du Groupe KBC, Koen De Leus, a observé l'effet des attentats de Madrid (2004) et de Londres (2005) sur l'économie. À Madrid, il y a eu 191 morts lors des attentats à la bombe dans quatre trains remplis de navetteurs. À Londres, 52 personnes sont décédées suite à l'explosion de bombes dans trois métros et dans un autobus à impériale. Il est apparu que l'impact sur le produit intérieur brut (PIB), dans les deux cas, a été nul.L'impact des menaces terroristes pourrait donc tout aussi bien être nul pour l'économie belge. De plus, il n'y a que Bruxelles qui tourne au ralenti depuis quelques jours, le reste de la Belgique continue à fonctionner normalement. Et bon nombre de personnes qui travaillent normalement dans la capitale ont travaillé depuis chez eux. Cela devrait tempérer l'impact de la menace terroriste sur l'économie.Mais cela n'empêche pas que certains secteurs soient bel et bien lourdement touchés par la menace terroriste, comme les hôtels et les restaurants. Le secteur touristique dans son ensemble devra essuyer des revers, car la situation actuelle va dissuader beaucoup de touristes et d'hommes d'affaires de venir à Bruxelles pendant les prochains mois.Par ailleurs, il y a aussi des secteurs qui font leur beurre grâce à la situation de crise actuelle, notamment les services de sécurité privés. Ils sont pour l'instant confrontés à un manque de personnel. La question est de savoir si les serveurs et les chefs coq peuvent se recycler en gardes de sécurité...Les personnes ayant une connaissance de la langue arabe pourraient également trouver de l'embauche du côté de la sûreté de l'État, car cette spécialité n'y est certainement pas excédentaire. Mais évidemment tout cela ne sera pas si facile.Au niveau budgétaire, la menace terroriste n'est clairement pas une bonne nouvelle. Le gouvernement Michel vient d'augmenter le budget de 2016 pour la sécurité et la lutte contre le terrorisme de 400 millions. D'où ces 400 millions proviendront, ce n'est pas encore clair.L'ensemble de la crise coûtera encore davantage aux caisses de l'État, car les services de sécurité, la police et l'armée font des heures supplémentaires et celles-ci devront être payées. Par ailleurs, les requêtes pour plus de personnel et un meilleur matériel ne manqueront pas.Tout cela coûte de l'argent et les autorités en manquent pour l'instant. Pour cette raison, le gouvernement devra augmenter les impôts - mais aucun parti gouvernemental n'en a envie - ou il faudra faire de nouvelles économies - il y aura dans ce cas de sérieuses discussions au sein du gouvernement. L'atmosphère de crise menace par conséquent d'augmenter la tension entre les partis du gouvernement.En conclusion, la menace terroriste risque tout de même de nous coûter cher.