Sur 18.000 à 19.000 oeuvres d'art sous gestion, 2.313 sont " quelque part " sans avoir, pour autant, nécessairement disparu. Elles ont pu être prêtées à un tribunal, un cabinet ministériel, une administration, etc., mais personne ne sait si elles en sont revenues ou n'a pris la peine d'enregistrer leur reto...

Sur 18.000 à 19.000 oeuvres d'art sous gestion, 2.313 sont " quelque part " sans avoir, pour autant, nécessairement disparu. Elles ont pu être prêtées à un tribunal, un cabinet ministériel, une administration, etc., mais personne ne sait si elles en sont revenues ou n'a pris la peine d'enregistrer leur retour. La plupart des oeuvres font certes l'objet d'un inventaire digital, mais les systèmes informatiques sont à ce point archaïques que le KMSKA (Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers) est, par exemple, incapable d'identifier les oeuvres qui n'ont pas quitté le dépôt au cours d'une période donnée. Il faut pour cela adapter la base de données ! Le musée d'art contemporain d'Anvers (MHKA) est tout aussi mal loti : son système d'inventaire n'accepte pas la gestion d'images. Entre les organismes qui prêtent des oeuvres et ceux qui les reçoivent, l'échange d'informations n'est " qu'occasionnel ", relève la Cour des comptes dans un audit ravageur. Cerise sur le gâteau, l'essentiel des collections ne se trouve pas dans les musées, mais relève du département CJM (Culture, Jeunesse, Media) qui ne dispose pas d'espace d'exposition propre, de sorte que ses collections se trouvent disséminées entre 1.668 dépôts. Le CJM n'est pas certain que tous ces dépôts existent encore ou que les oeuvres qui devraient s'y trouver s'y trouvent encore. Le personnel manque en effet pour aller vérifier sur place, de sorte que l'incertitude qui plane sur la localisation de 2.313 oeuvres est vraisemblablement, selon la Cour, " une sous-estimation ".