Les "aficionados" du fringant Emmanuel Macron et ceux qui sont curieux de voir pourquoi existe une telle "MacronMania" s'étaient donnés rendez-vous ce lundi au Claridge, à Bruxelles, pour aller écouter le "pas encore quadragénaire" ministre français de l'Économie. La rencontre était organisée par Politico.eu, le site politique américain très "smart" qui fêtait sa première année d'existence en Europe.
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Les "aficionados" du fringant Emmanuel Macron et ceux qui sont curieux de voir pourquoi existe une telle "MacronMania" s'étaient donnés rendez-vous ce lundi au Claridge, à Bruxelles, pour aller écouter le "pas encore quadragénaire" ministre français de l'Économie. La rencontre était organisée par Politico.eu, le site politique américain très "smart" qui fêtait sa première année d'existence en Europe. Ancien banquier d'affaires qui a intégré, sans étiquette, le gouvernement français pour y remplir les fonctions de ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron avait en effet fait de la capitale européenne une étape de son "media tour" de ces derniers jours . Un tour qui l'a emmené aussi au Collège de l'Europe, à Bruges, où on lui a servi un "Monsieur le Président" en introduction, un lapsus qui a dû le combler. Car celui qui vient de fonder un mouvement citoyen, En Marche, ne manque pas d'ambition. Il est considéré par certains comme un Tony Blair à la française.1. La vieille politique est dans l'impasse Refusant de dire s'il était candidat aux élections présidentielles en France en 2017 ou s'il soutenait une éventuelle candidature de François Hollande, Emmanuel Macron a quand même laissé transparaître son "désir d'avenir" et de renouveau. La France a besoin de réformes, mais si elle ne les réalise pas, c'est en raison des rigidités du système. "Pourquoi sommes-nous dans cette situation en France aujourd'hui ? Parce que les deux partis (traditionnels) ont échoué à proposer quelque chose de convainquant"t, souligne Emmanuel Macron. Et face à cet échec, les deux partis traditionnels disent cependant : "ne bougeons surtout à rien. C'est idiot", lance Emmanuel Macron, qui souligne le fait que dès lors, le seul parti qui offre des perspectives de changements en France est le Front national. Un peu comme Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce...La solution consiste donc à réconcilier les aspirations des gens avec la politique. "Il existe d'un côté des experts qui établissent des plans et la population de l'autre, et l'on n'a jamais mis les deux en relation. Pourtant, les gens se posent des questions que les experts ne se posent pas, et les experts peuvent apporter des solutions auxquelles les gens n'avaient pas pensé. 2. Des réformes pour affronter un monde en rupture "On ne créera pas le futur du pays avec les règles des années 50 ou 70", estime le ministre français, qui plaide pour une économie plus agile, avec des gens mieux formés. "Nous sommes face à une société plus ouverte, plus innovante, plus disruptive. Et pour y répondre, il faut une société qui soit davantage protectrice des gens, mais pas des jobs." lance Emmanuel Macron. Cela ressemble à un appel à un modèle danois, où l'État est plus désireux de dépenser pour remettre les gens au travail que pour payer des allocations sociales. Ces réformes doivent répondre à ceux qui se sentent exclus. Les exclus sont de deux types, explique Macron. D'une part les "outsiders" (jeunes chômeurs, etc....), ceux qui ne peuvent pas s'insérer dans le tissu économique et qui ne trouvent pas de travail. Une partie du problème vient du fait que le système protège trop les "insiders", ceux qui ont déjà un emploi. La seconde catégorie à protéger, ce sont les "classes moyennes" qui ont peur que leurs enfants vivent moins bien qu'eux. Or "sans classe moyenne, pas de démocratie" juge Macron.3. Et quelle Europe dans tout cela ? Emmanuel Macron se déclare profondément européen, mais plaide pour une vaste refondation de l'Union parce qu'aujourd'hui, le manque d'engagement des États membres les uns envers les autres et les faiblesses d'une administration trop lourdes sont très handicapantes. Pourquoi, face à la menace de l'acier chinois à prix cassé qui inonde nos pays et ruine nos activités sidérurgiques, faut-il 9 mois pour que l'Europe organise un semblant de réaction alors que les États-Unis ont réagi en deux mois ?La refondation passera par un nouveau traité afin de mieux définir les responsabilités de chacun, et la mise en place d'un mécanisme de transfert, afin de garantir la solidarité. La France aujourd'hui ne veut pas d'un changement de traité. L'Allemagne ne veut pas des transferts. ... "Faisons donc les deux", propose Emmanuel Macron.Lorsque l'on voit les problèmes des réfugiés, du terrorisme. On se rend compte que l'Europe est aux prises avec des risques asymétriques qui peuvent avoir de forts impacts sur les populations. "L'Union est dès lors la solution, pas la cause du problème", conclut-il.