Aujourd'hui, un réfugié ne peut travailler que lorsqu'il est reconnu comme demandeur d'asile ou qu'il est en Belgique depuis 6 mois. Pour Jan Denys, spécialiste du marché du travail chez Randstad, ces demandeurs d'asile ne pas peuvent pas comme ça, tout simplement, être intégrés sur le marché du travail.
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Aujourd'hui, un réfugié ne peut travailler que lorsqu'il est reconnu comme demandeur d'asile ou qu'il est en Belgique depuis 6 mois. Pour Jan Denys, spécialiste du marché du travail chez Randstad, ces demandeurs d'asile ne pas peuvent pas comme ça, tout simplement, être intégrés sur le marché du travail.Trends-Tendances: Que pensez-vous de l'appel de Karel Van Eetvelt, le patron d'Unizo, d'offrir le plus rapidement possible un emploi aux demandeurs d'asile ?Jan Denys: "Ce n'est pas mauvais en soi que les entrepreneurs donnent le signal qu'ils ne sont pas insensibles à ce qui se passe actuellement en Europe. Vous pouvez difficilement les assimiler à ceux qui prétendent que les réfugiés 'sont tous des profiteurs qui viennent alourdir notre sécurité sociale généreuse'. Karel Van Eetvelt dit à juste titre qu'il y a beaucoup de personnes parmi eux qui désirent volontiers travailler et immédiatement. Mais en même temps, je suis aussi sceptique. Presque personne parmi les demandeurs d'asile ne connaît le néerlandais, par exemple. Et même leur connaissance de l'anglais est souvent très limitée, pour ne pas dire inexistante. Cela peut poser problème dans le milieu professionnel."Les employeurs sortent l'argument du marché du travail saturé.Jan Denys: "Si ces réfugiés étaient arrivés ici en 2008, vous auriez entendu une tout autre histoire. Nous avons la conjoncture de notre côté et le marché du travail redémarre. Les entreprises doivent se démener pour parvenir à remplir leurs emplois vacants. Je comprends que certaines entreprises veuillent faire appel à ces demandeurs d'asile. Mais dans ce débat, la migration humanitaire est confondue avec la migration économique. Il convient de distinguer les deux. Nous avons maintenant affaire à une migration humanitaire. Il est en outre assez facile d'obtenir un profil qualifié venu de l'étranger via les canaux classiques de la migration économique vers la Belgique. Alors que concernant les qualifications des demandeurs d'asile, il y a tout de même des questions à se poser."Parmi les demandeurs d'asile qui sont arrivés ici il y a dix ans, après quelques années, seuls 20% d'entre eux avaient un emploi. Entre-temps, c'est environ la moitié. Un mauvais présage ?Denys: "C'est en tous les cas une vue trop courte de prétendre que ces personnes feront augmenter notre taux d'emploi de manière substantielle. Le marché de l'emploi belge est un marché d'initiés. Il est très difficile pour les non-travailleurs d'obtenir un emploi. C'est pourquoi les réfugiés voudraient presque tous aller en Grande-Bretagne. Leurs chances sur ce marché du travail plus flexible sont beaucoup plus grandes. Un inconvénient supplémentaire pour les demandeurs d'asile, c'est que dans notre économie, le segment des bas salaires subsiste à peine."Les personnes hautement qualifiées, comme les ingénieurs ou les médecins, peuvent-elles plus rapidement trouver un emploi ici ?Denys: "Normalement oui, mais les normes sont plus élevées ici que dans les pays en conflit d'où les demandeurs d'asile sont issus". Une formation supplémentaire est souvent nécessaire. Et je ne parle pas seulement des médecins issus du Moyen-Orient par exemple. Les normes de qualifications en Europe de l'Est ne sont également pas aussi élevées qu'ici."