"Cet accord, c'est ce que 7 milliards de personnes voulaient", a déclaré samedi soir, au sortir de l'ultime conférence de presse de la COP21, le ministre indien de l'Environnement, Prakash Javadekar. Une déclaration à la hauteur de l'événement, puisqu'après un long dernier sprint final, les négociateurs des 195 pays que comptent les Nations unies sont arrivés à se mettre d'accord sur un texte qui les engage collectivement sur une limitation du réchauffement climatique "bien en deçà de 2 degrés" par rapport à l'ère préindustrielle. Vu les divergences d'intérêt existant entre les uns et les autres, on peut bel et bien parler d'exploit.

Un document produit au pas de charge par autant de protagonistes présente évidemment des faiblesses, ou à tout le moins des manquements. Parmi ceux-ci, l'absence de sanctions en cas de non-respect des engagements, qui rend l'accord non contraignant sur le plan juridique. Mais ce n'est probablement pas ce manquement qui risque de mettre en péril la tenue du cap fixé ce 12 décembre à Paris...

Sans incitant économique, les chances de voir les capitaux se diriger vers les technologies vertes sont faibles

La plus grosse pierre d'achoppement est de toute évidence le financement de l'effort, et en particulier la tarification du carbone, laissée grosso modo à l'état de "bonne idée" dans les annexes de l'accord. Pourtant, si orienter politiquement les investissements était plus que nécessaire, sans incitant économique, les chances de voir les flux de capitaux se diriger effectivement vers les technologies vertes sont faibles.

Mais il faut reconnaître que jusqu'ici, les différents systèmes de valorisation du carbone n'ont pas atteint leurs objectifs, qu'il s'agisse des marchés de CO2 ou des systèmes de taxes levées sur les émissions. Ainsi, sur le marché européen du carbone initié en 2005 -- le EU-ETS, le plus grand marché de ce type au monde, les prix sont passés en 10 ans de 30 euros à moins de 5 euros la tonne de CO2. Une chute des prix qui a rendu à nouveau rentable toute une série de technologies fortement émettrices, comme les centrales au charbon. La faute au ralentissement économique survenu après 2008, qui a plombé la demande de certificats. La faute, aussi, au manque de consensus politique international sur la nécessité même de pénaliser le carbone. A cet égard, l'accord conclu au terme de la COP21 est un bon signal. C'est un peu comme si 195 pays avaient repris de concert le célèbre "whatever it takes" de Mario Draghi (en 2012, ce dernier promettait de "tout faire" -- sans préciser exactement quoi -- pour sauver la zone euro). Cette fois, on ne fera pas tout pour sauver l'euro, mais on fera tout pour sauver la planète.

En tout état de cause, pour que l'investissement soit orienté durablement vers des technologies dites bas carbone, il faut que le coût du carbone soit maintenu à un niveau élevé, constant dans le temps ou soit en tout cas prévisible et aussi uniforme que possible.

Un des principaux enjeux postérieurs à la COP21 sera donc d'arriver à mettre en place un système transcontinental de tarification du carbone. En premier lieu, le prélèvement d'une taxe, pourquoi pas progressive, sur les émissions, permettrait d'alimenter le fameux "fonds pour le climat", visant à transférer annuellement, d'ici 2020, 100 milliards de dollars des pays développés vers ceux qui ne le sont pas et qui sont particulièrement exposés aux dangers du changement climatique. On pourrait ensuite imaginer de conditionner l'aide à la participation de ces pays à un marché unique du CO2, avec des critères homogènes de mesure des émissions, ce qui devrait empêcher les dérapages. Reste à se mettre d'accord sur le plafond de quotas à allouer... Ce sera, on l'espère, l'objectif ambitieux d'une prochaine COP.

"Cet accord, c'est ce que 7 milliards de personnes voulaient", a déclaré samedi soir, au sortir de l'ultime conférence de presse de la COP21, le ministre indien de l'Environnement, Prakash Javadekar. Une déclaration à la hauteur de l'événement, puisqu'après un long dernier sprint final, les négociateurs des 195 pays que comptent les Nations unies sont arrivés à se mettre d'accord sur un texte qui les engage collectivement sur une limitation du réchauffement climatique "bien en deçà de 2 degrés" par rapport à l'ère préindustrielle. Vu les divergences d'intérêt existant entre les uns et les autres, on peut bel et bien parler d'exploit. Un document produit au pas de charge par autant de protagonistes présente évidemment des faiblesses, ou à tout le moins des manquements. Parmi ceux-ci, l'absence de sanctions en cas de non-respect des engagements, qui rend l'accord non contraignant sur le plan juridique. Mais ce n'est probablement pas ce manquement qui risque de mettre en péril la tenue du cap fixé ce 12 décembre à Paris... La plus grosse pierre d'achoppement est de toute évidence le financement de l'effort, et en particulier la tarification du carbone, laissée grosso modo à l'état de "bonne idée" dans les annexes de l'accord. Pourtant, si orienter politiquement les investissements était plus que nécessaire, sans incitant économique, les chances de voir les flux de capitaux se diriger effectivement vers les technologies vertes sont faibles. Mais il faut reconnaître que jusqu'ici, les différents systèmes de valorisation du carbone n'ont pas atteint leurs objectifs, qu'il s'agisse des marchés de CO2 ou des systèmes de taxes levées sur les émissions. Ainsi, sur le marché européen du carbone initié en 2005 -- le EU-ETS, le plus grand marché de ce type au monde, les prix sont passés en 10 ans de 30 euros à moins de 5 euros la tonne de CO2. Une chute des prix qui a rendu à nouveau rentable toute une série de technologies fortement émettrices, comme les centrales au charbon. La faute au ralentissement économique survenu après 2008, qui a plombé la demande de certificats. La faute, aussi, au manque de consensus politique international sur la nécessité même de pénaliser le carbone. A cet égard, l'accord conclu au terme de la COP21 est un bon signal. C'est un peu comme si 195 pays avaient repris de concert le célèbre "whatever it takes" de Mario Draghi (en 2012, ce dernier promettait de "tout faire" -- sans préciser exactement quoi -- pour sauver la zone euro). Cette fois, on ne fera pas tout pour sauver l'euro, mais on fera tout pour sauver la planète. En tout état de cause, pour que l'investissement soit orienté durablement vers des technologies dites bas carbone, il faut que le coût du carbone soit maintenu à un niveau élevé, constant dans le temps ou soit en tout cas prévisible et aussi uniforme que possible. Un des principaux enjeux postérieurs à la COP21 sera donc d'arriver à mettre en place un système transcontinental de tarification du carbone. En premier lieu, le prélèvement d'une taxe, pourquoi pas progressive, sur les émissions, permettrait d'alimenter le fameux "fonds pour le climat", visant à transférer annuellement, d'ici 2020, 100 milliards de dollars des pays développés vers ceux qui ne le sont pas et qui sont particulièrement exposés aux dangers du changement climatique. On pourrait ensuite imaginer de conditionner l'aide à la participation de ces pays à un marché unique du CO2, avec des critères homogènes de mesure des émissions, ce qui devrait empêcher les dérapages. Reste à se mettre d'accord sur le plafond de quotas à allouer... Ce sera, on l'espère, l'objectif ambitieux d'une prochaine COP.