Ces plans, explique dans Le Monde le directeur de l'Agence internationale de l'énergie Fatih Birol, sont " d'une ampleur qui n'arrive qu'une fois par siècle ". " Cela va structurer l'économie et donner forme au monde dans lequel nous allons vivre ", dit-il. Une occasion décisive, et unique, d'infléchir le cours des choses.
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Ces plans, explique dans Le Monde le directeur de l'Agence internationale de l'énergie Fatih Birol, sont " d'une ampleur qui n'arrive qu'une fois par siècle ". " Cela va structurer l'économie et donner forme au monde dans lequel nous allons vivre ", dit-il. Une occasion décisive, et unique, d'infléchir le cours des choses. C'est pourquoi certains préfèrent parler de redéploiement, qui implique une notion de changement, plutôt que de simple " relance " de l'économie. Nous consacrons un dossier de 10 pages aux mesures qui pourraient être reprises dans ces fameux plans. Plusieurs d'entre elles visent à poser les jalons d'un redéploiement, à travers le soutien aux entreprises belges impliquées dans les grands projets technologiques européens, l'accélération de la digitalisation de notre économie ou, bien entendu, les primes aux constructions durables. D'autres viennent plus directement au secours de secteurs vacillants, comme l'horeca. Alors, relance ou redéploiement ? Le dossier Brussels Airlines contraint le monde politique à trancher dans l'urgence, ou au moins à donner rapidement une indication quant à ses priorités. Il pourrait suivre ceux qui, comme l'économiste Etienne de Callataÿ, estiment que les impacts environnementaux de l'industrie aéronautique sont tels que le secteur ne devrait plus bénéficier d'apports de fonds publics. Nous serions là dans l'option " redéploiement ", avec une attention accrue à la transition écologique. Mais à court terme, sans doute avec de plus lourdes pertes d'emplois. L'option " relance " pousserait, elle, à miser sur le fait que le transport aérien continuera à croître dans le futur et que l'aéroport de Bruxelles a besoin d'une compagnie nationale pour en capter une part significative. Mais dans ce cas, on conviendra qu'il est étrange d'avoir cédé cette compagnie à une entreprise privée allemande... Redéploiement ou relance ? Au-delà du cas de Brussels Airlines, nous sommes à un carrefour décisif pour le futur de notre société. Et, malheureusement, la Belgique s'y engage avec un pilotage hésitant. Dix forces politiques se sont certes réunies autour de la Première ministre Sophie Wilmès pour une gestion collective et responsable de la crise mais cette collaboration n'a pas suffi à façonner un esprit d'équipe, une dynamique positive pour les prochains épisodes. Il n'a pas donné l'élan nécessaire pour que ces partis en viennent, presque spontanément, à rédiger ensemble un véritable programme de gouvernement, donnant des perspectives à la population belge. Or, sans perspectives à moyen terme, les acteurs économiques ne peuvent pas efficacement tracer leurs stratégies. Une poignée de partis peuvent-ils s'entendre autour d'une ambition pour le pays ? On se permettra d'en douter après tout ce que nous avons vécu depuis les élections du 26 mai 2019. Le jeu mérite toutefois d'être tenté une nouvelle fois. En cas d'échec, le retour aux urnes n'aurait rien de scandaleux. Relance ou redéploiement ? Une question aussi cruciale pour notre futur mérite peut-être d'être tranchée par les électeurs. " On ne peut pas répéter que la crise a tout bouleversé, qu'elle a révélé les failles et les impasses du système, qu'elle contraint à revoir drastiquement nos priorités, à repenser l'organisation de l'économie et la place de l'humain, et, malgré cela, installer un nouveau gouvernement sans consulter les électeurs sur les dilemmes que cette équipe devra affronter ", écrit le philosophe et politologue Vincent de Coorebyter dans Le Soir, en misant sur une campagne et un vote de projets. En espérant que, cette fois, ces projets soient ensuite conciliables entre six ou huit partis.